‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 112 sur 460 · O. c., p. 196 et p · texte numérisé non relu

O. c., p. 196 et p

2. En principe, l’expectation s’applique pour lui aussi bien aux lésions articulaires par les boulets et autres gros projectiles qu’aux lésions des os dans la continuité, par les mêmes engins. O. c., pp. 107, 108, 106.

3. Si un membre était emporte par un boulet de canon, un éclat de bombe, etc., par exemple, une jambe ou un bras frappés à'ieur partie moyenne ou inférieure, l’amputation peut devenir nécessaire en la pratiquant à la partie supérieure du- membre, ou même audessus de l’articulation ; mais cite ne doit pas être précipitée ni employée avant d'avoir usé des précautions que nous avons indiquées, et fait les pansements convenables pour écarter les accidents et prévenir la rjangrène... (C’est toujours, pour lui comme pour Bilguer, le seul accident à craindre, et qui indique cette opération.) Une pareille blessure est plus souvent susceptible do guérison que lorsque le membre est brisé sans être emporté. O. c., pp. 112 et 113.

DUFOUART.

ouépiphyses), si ce n'est dans les cas de gangrène confirmée ; attendre cet accident pour amputer dans les traumatismes par gros projectiles.

DUFOUART (1801)

L’auteur de Y Analyse des blessures d’armes à feu 1 avait fait, sous Louis XV , les campagnes d’Allemagne, comme aide-major; chirurgien-major, sous les deuN règnes de Louis XV et de Louis XVI, officier de santé supérieur et professeur au Gros-Caillou, pendant la République, Dufouart, appartient à la chirurgie de la seconde moitié du dernier siècle, bien que son ouvrage ait paru en 1801. On pourrait mieux le rapprocher de Desport, de Loubet, de Ravaton, que de Percy, de Larrey, ses contemporains.

Il n’a point d’analogue parmi nos classiques. A des descriptions prises sur le vif, à des préceptes judicieux, à des distinctions originales, à des aperçus et des pratiques hardies et personnelles, il môle dans son traité des théories surannées, de pures spéculations, des idées parfois très singulières, et, pour exprimer le tout, il se sert de la phraséologie redondante, pédantesque, fatigante, si communément constatée chez les écrivains de la ! Révolution.

Il a une façon d’envisager l’étude des plaies d’armes à feu, qui lui est particulière et qui mérite d’être rappelée. Après avoir distingué les blessures des membres et des cavités, passé en revue pour les premières, les plaies de chaque tissu, il distingue dans leur marche, leurs accidents, leur traiternent crois périodes :

Dans la première , qui va du premier au septième jour, sont rangés les accidents primitifs, les hémorrhagies, les corps étrangers (balles, esquilles, ,'Sang extravasé), la commotion, le gonflement des tissus, la gangrène, les Üésions primitives des os, les ablations des membres, etc. Cette période est 'caractérisée, au point de vue des processus, par la suppuration des chairs qui se débarrassent des eschares. La nature ne fait rien encore pour la -séparation ou la modification des parties molles blanches (tendons ou aponévroses), ou les réparations osseuses.

Dans la seconde période, qui s'étend du septième au vingt et unième jour,

■ m observe la séparation des parties molles blanches , et après que ce travail eest terminé, les os se réparent. La suppuration des parties molles (muscles,

I tissu cellulaire) est en pleine activité; elle préoccupe alors le chirurgien qui doit chercher à en prévenir les fâcheuses conséquences. On a également i redouter les effets de la suppuration des parties molles blanches, des issus aponévrotiques, tendineux, nerveux, dont les lésions étaient encore confondues.

Arrive enfin la troisième période qui part du vingt et unième jour pour se prolonger jusqu’à laguérison; l’ostéite, la séparation des séquestres, les tais vicieux, les ulcérations persistantes rattachées à des causes diverses ,

i. Analyse des blessures d’armes à feu et de leur traitement, par Pierre Dufouart, •fficier de santé supérieur et chirurgien en chef de l’hôpital militaire de Paris. Paris, endémiaire an X, 1801, in-8, 425 pages. — P. Dufouart était le frère du chirurgien de la Charité, ancien consultant des armées sous Louis XV, membre de l’Académie de chirur- •ie. Le nôtre était membre correspondant de cette mémorable Assemblée.

les infiltrations chroniques, les ankylosés, etc., doivent attirer l’attention.

Ces divisions, un peu arbitraires quant aux époques de début et de terminaison fixées, n’en ont pas moins le mérite de permettre de dérouler avec plus de suite, d’intérêt, et de mieux fixer dans l’esprit que ne l’avaient tait les devanciers, les processus réguliers ou irréguliers de nos blessures.

Parmi les descriptions de la première partie, nous citerons celles qu’il consacre à la commotion, à l’exposé des lésions osseuses primitives, à l'étude de la marche des fractures par coup de feu; parmi ses indications thérapeutiques ou ses pratiques, nous mentionnerons l’usage restreint qu’il fait des incisions dans les blessures des parties molles (il en réserve l’emploi aux plaies qui présentent du gonflement dès les premières vingt quatre heures). Rappelons ses pansements au sucre et au camphre qu'il utilise de préférence, ses tendances conservatrices dans les plaies articulaires, qu’il accentue au point de ne pas réclamer les incisions multiples dont les contemporains étaient si prodigues; signalons l’intervention intermédiaire qu’il réclame du quatorzième au seizième jour pour les plaies articulaires l’amputation réservée dans les fractures aux cas où l’intégrité des parties molles est des plus compromises \ enfin l’amputation différée à la période intermédiaire2. Nous arrêterons là nos citations.

La deuxième partie de son Analyse des plaies d'armes à feu a la même étendue que la première. Dufouart y étudie les plaies des cavités. On le lit ici moins péniblement

Dans les plaies du bas-ventre, l’auteur s’arrête aux lésions de tous les organes et suppose les divers cas qui peuvent se présenter. A l’exemple de ses contemporains, il est partisan de l’anus artificiel dans les lésions intestinales. L’intestin lésé se présente-t-il à la paroi, il favorise son contact avec cette paroi ; est-il resté dans le ventre, il va l'y chercher. Ici sa pratique est très audacieuse et mérite de nous arrêter. « On incise, dit-il, la paroi pour faciliter la sortie d’une masse plus considérable d’intestins dans laquelle se trouve la trouée qu’on cherche, ou bien on déploie l’intestin en juste mesure et on le parcourt avec deux doigts de chaque main imbibés de vin tiède jusqu’à ce qu’on soit arrivé à l’espace blessé. Cette portion une fois reconnue, on l’assujettit à l’orifice de la plaie3».

Quand la perforation est multiple, le cas est considéré comme étant au-dessus des ressources de l’art, on rentre l’intestin et on suture la paroi. Que penser aujourd’hui de ces hardiesses de bon aloi? Avions-nous tort de dire, au début, que Dufouart savait être hardi et personnel.

Dès le quatorzième jour, moment où il croit la cicatrisation intestinale obtenue, il prescrit au blessé « une nourriture propre à fournir des matières capables de tenir à une juste dilatation le canal des boyaux ». C’était là, paraît-il, une doctrine de l’Académie de chirurgie.

Nous ne devons pas manquer, en terminant nos remarques sur le chapitre des plaies de l’intestin, de signaler ses originales indications

1. « Je le dis à haute voix, que les fractures par elles-mêmes ne doivent jamais décider les chirurgiens à retrancher un membre dans les premiers instants d’une blessure d’armes à feu, car quelque graves que soient les lésions osseuses, elles peuvent se réparer par une substance congénère. » O. c., p. 116.

2. « Je le répète, l'instant où sc forme le pus, exclut tout acte chirurgical dans la plaie; à plus forte raison est-il prudent de différer l’amputation. » O. c., p. 154.

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