Laurent, o. c., p
2. O. c., p. 280. « Si c’est uu grand défaut, disait Sabatier chez un joueur de violon de ne jouer que du bout de l’archer, c’en est un bien plus grand encore chez un opérateur de ne couper que de la pointe du bistouri. Il faut couper avec hardiesse et du tranchant et autant que possible d’un seul coup. »
PE RCV.
L’amputation, ce mode d’intervention le plus important de la chirurgie I nilitaire de l’époque, devait être l’objet de son attention. Dès son arrivée à t armée de la Moselle, dans une instruction à ses collaborateurs, il précise Les cas qui la réclament impérieusement sur-le-champ et ceux qui per- Lnettent de la différer. 11 se montre là digne continuateur des traditions de | Académie de chirurgie, tout en tenant grand compte des circonstances ! extérieures qui peuvent forcer la main du chirurgien et en faisant pour I ertaines fractures, entre autres pour les fractures de la cuisse, une part plus Large à la conservation que ne l’avaient faite ses prédécesseurs. Ces tendances l’engagèrent, dès le commencement de la guerre de la Révolution, j) ans l’amputation de la jambe, à porter, dans certains cas, la section dans |o3S condvles du tibia plutôt que de pratiquer l'amputation de la cuisse l.
Le procédé d'Alençon était celui qu’il utilisait de préférence pour les f. mputations. Pratiquées parfois par des chirurgiens peu habiles et toujours | ans des conditions de célérité qui pouvaient nuire à la perfection du résultat btenu, Percy imagine des rétracteurs métalliques embrassant le membre | n demi-cercle pour protéger la peau pendant la section des muscles et les .luscles lors de la séparation de l'os.
De passage à Chàlons-sur-Marne avec l’armée de Kellermann, en 1792, ’ercy avait vu Moreau à Bar-le-Duc. Il avait- assisté à son opération de ésection du genou qui, comme l’on sait, se termina rapidement par la guéison.ll avait, sans nul doute, été mis au courant des résections de l’épaule ratiquées antérieurement par l’illustre chirurgien de province qui allait ientôt avoir la gloire de faire le premier et avec succès la résection du oude sur un soldat atteint d’un coup de feu de cette région (1795). Percy, nappé de ces succès, eut le mérite de répéter et de patronner à l’armée ces pérations alors toutes nouvelles et que l'Académie de chirurgie, occupée e futiles sujets, avait repoussées avec tant de dédain. Ce fut à l’armée du ord qu’il commença, et en 1795, il pouvait montrer à Sabatier neuf milié ; lires de tous grades qui lui avaient dû la conservation de leur bras. Nous -errons que son exemple fut suivi. Il réséquait non seulement la tête huméîle, mais dans les fractures du col chirurgical méconnues, il fut amené à lire des excisions épiphyso-diaphysaires. Percy ne se contenta pas de ratiquer la résection de l’épaule, il étendit encore ce mode d’intervention u coude qu’il excisa personnellement trois fois.
Percy fut encore un partisan de la résection des diaphyses dont il semble voir vivement recommandé l’emploi aux armées.
«Toutes les fois, dit-il, que dans les fractures comminutives des os longs, vec complication de plaie et surtout de plaies d’armes à feu, j’ai pu, avec i scie et après avoir extrait les esquilles isolées, retrancher les sommets ;pres et inégaux des fragments pour y établir des surfaces planes semlables à celles qu’offrent ces sommets dans l’espèce de fracture qu’on
l.« Il ne faut amputer la cuisse que lorsqu’il est absolument impossible de borner imputation à la jambe; la conservation du genou est une des considérations les plus iportantes. On peut amputer deux doigts au-dessous de la rotule qu’il n’est pas dilficue ï retenir en sciant dans les condyles, ainsi que je l’ai pratiqué plusieurs fois au conmienunent de la guerre de la Révolution. J’observerai à cette occasion que l’un des elnrurens-majors présents à cette opération, alors toute nouvelle pour lui, n’a pas craint plus I rd de s’attribuer l'honneur do ce perfectionnement, que le Dr Malvoui de Turin a ensuite J lopté et préconisé sans en citer le véritable auteur. » O. c., p. 26 J.
appelle en navet, j’ai obtenu une guérison presque aussi prompte qu’elle l’est ordinairement dans ces mômes fractures, sauf le raccourcissement du membre qui est inséparable de la nécessité, en général un peu exagérée par les observateurs, de mettre en contact les extrémités osseuses fracturées1.»
11 a été jusqu’à tenter, après cette résection dans la continuité, la greffe osseuse qu’on a cherché à faire revivre dans ces derniers temps. Avec le médecin-major Laroche, il interposa entre les extrémités osseuses avivées d’une fracture par coup de feu un cylindre d’os d’avant-bras d’un bœufabattu sur-le-champ, cylindre d’os bien recouvert de son périoste et de la forme, des dimensions et du volume de la portion osseuse disparue. Le succès ne couronna pas sa tentative. « Notre tentative a échoué, dit-il, et bien que nos pièces d’os de bœuf, après avoir été en place une fois quinze jours et une autre fois vingt, n’eussent présenté le moindre vestige d’adhérence et de cicatrisation, nous pûmes remarquer, en les retirant, qu’elles avaient manifestement nui au développement vasculaire des surfaces sur lesquelles elles avaient porté et que leur séjour trop prolongé avait fait avorter l’œuvre du cal 2. »
Cette question des greffes osseuses ou autres préoccupa longtemps Percy. Elles lui fournirent l’occasion d’écrire un fort remarquable mémoire sur Vente animale qu’il a inséré dans le tome Ier des Mémoires de médecine de chirurgie et de pharmacie militaires .
C’est à lui que la chirurgie est encore redevable du traitement des pseudarthroses par le séton, moyen applicable après l’insuccès du frottement des fragments par la méthode de Celse et avant a résection des fragments due à White. Percy utilisa le premier ce moyen en 1799 sur un soldat chez lequel une fracture comminutive du fémur par coup de feu ne s’était pas consolidée. Au bout de deux mois, un cal solide réunissait les extrémités fragmentaires 3.
A l’exemple de Larrey, dans les plaies de poitrine, il réunissait les lèvres des solutions de continuité par des bandelettes agglutinatives, et couvrait le thorax de compresses imbibées d’eau froide afin de favoriser la formation d’un caillot solide. Puis si l’épanchement du sang dans la poitrine causait des accidents graves et menaçait le blessé de suffocation, il donnait immédiatement par l’empyème issue au sang épanché. Signalons encore ses idées sur le pronostic des plaies de poitrine, son intervention dans l’emphysème compliquant les fractures par gros projectiles sans plaies extérieures et sa réaction contre la saignée dont on faisait alors tant abus.
Les jeunes chirurgiens qui, sortis de l’École de Desault, arrivaient aux armées avaient à l’égard de la trépanation dans les plaies de tête la même prévention que pour le débridement. Percy, tout en se montrant réservé à l’utiliser, usa de son ascendant pour les faire revenir à un emploi plus judicieux de cette opération. Les succès qu’il en obtenait ne tardèrent pas à prouver à ces jeunes gens qu’il n’y avait rien d’exclusif en chirurgie et que telle opération proscrite par un maître célèbre auquel elle ne réus-