‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 120 sur 460 · PERCY · texte numérisé non relu

PERCY

sissait pas à cause de l’influence des localités, devenait au contraire indispensable et salutaire dans d’autres circonstances et d’autres lieux1.

On attribue généralement à Giraud le procédé qui consiste, dans les fractures du crâne avec épanchement intra-duromérien, à écarter l’hiatus de la fracture avec un coin de bois. Si nous en croyons Laurent, c’est à Percy qu’il faudrait en reporter la paternité.

Percy, qui traitait la pourriture d’hôpital, complication alors la plus commune et la plus terrible de nos traumatismes, avec les moyens rigoureux, presque barbares bien qu’utiles des contagionistes, la considérait comme une affection purement endémique et non transmissible. Il appuyait, disait-il, son opinion sur des faits très variés, des expériences démonstratives faites à l’armée d’Espagne par Willaume et d’autres chirurgiensmajors. Que n’obéissait-il plutôt aux enseignements de la bataille de Wagram qu’il nous transmet lui-même2! La vigueur avec laquelle il soutenait ses idées et les pratiques qui en découlaient, le rendirent injuste à l’égard d’Ollivier.

Son traitement du tétanos mérite d’être signalé, il consistait en injections \i intra-veineuses d’extrait gommeux d’opium dans les veines crurales ou médianes. Il avait essayé ce traitement sept fois publiquement sur des blessés russes à l’hôpital de l’abattoir de Ménilmontant en 1815 et avait [ obtenu trois succès incontestables. Auparavant il lui avait donné cinq l'succès sur huit. Plusieurs fois entre ses mains l’opium fut remplacé par le datura stramonium avec les mêmes résultats heureux3.

Rappelons que Percy s’éleva contre les partisans de la méthode antij/phlogistique poussée jusqu’à l’abus, contre ceux des vomitifs, des purgatifs, .de la saignée. Il allait jusqu’à dire qu’il ne fallait à un blessé que de l’air ► et de la bonne nourriture, idée qui paraissait alors bien moins simple, ii moins rationnelle qu’aujourd’hui. Signalons enfin ses recherches, ses [(expériences sur la phosphorescence des plaies, singulier phénomène qu’il ['Semble impossible de mettre en doute à la lecture de sa description.

Nous ne pouvons nous arrêter ici aux observations si remarquables, malheureusement trop rares, qui dans ses articles ou ses mémoires lui servent à affirmer des principes ou à élucider quelque point obscur de pra- 1 ique.Nous aurons occasion de les citer dans le cours de cet ouvrage. Nous nous contenterons de signaler ici une observation des plus curieuses ['l’infection purulente à laquelle devraient se reporter ceux qui étudient cette question.

Percy avait, au commencement de sa carrière, porté son attention sur a meilleure manière de pratiquer la ligature médiate des gros vaisseaux. Nombre de chirurgiens redoutaient alors la ligature immédiate oarce qu’ils pensaient que la striction complète du fil risquait de couder l’artère : aussi pour obvier à ce danger avaient-ils proposé d’interposer me petite compresse entre le lien et l’artère. Mais ce procédé empêchant l’étrangler suffisamment la lumière du vaisseau, le sang reparaissait bientôt

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