‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 122 sur 460 · PE 11C Y · texte numérisé non relu

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Percy, témoin de leur dénuement, ne cessait-il de s’élever contre les commissaires des guerres qui s’y montraient insensibles. Mais que pouvait-il contre l’égoïsme et la cupidité? Le but de ses réclamations était incompris, leur forme vive et pressante comme les besoins qu’elles accusaient, servait d’armes contre lui et elles ne lui attiraient qu'humiliations et outrages sans lui laisser la consolation d’avoir acquis, à leur prix, la moindre amélioration du sort de ses blessés! On l’a accusé d’avoir parfois dépassé dans ses revendications la juste mesure, mais devant une opposition continue, systématique et puissante qui aboutissait à l’oubli complet des blessés qu’il chérissait, il ne restait que la lutte acharnée ou une inaction que ne comportait pas l’étendue de sa responsabilité. Percy, sensible -et ardent, prit parti pour la lutte. Elle fut malheureusement inégale, comme nous l’avons dit déjà. Si Percy s’acquit la reconnaissance des soldats et si, dans toutes les circonstances, il fut soutenu par les généraux qui, l’ayant vu à l’œuvre, savaient apprécier ses rares qualités, ses améliorations vinrent échouer devant le mauvais vouloir de l’administration. Ses institutions les plus utiles n’eurent qu’un succès du moment, leur existence resta liée à celle des généraux d’armée qui en elle ne voyaient que des améliorations profitables à leurs troupes et elles tombèrent avec leur appui. Aussi, contrecarré dans tout le bien qu’il voulait faire, abreuvé de dégoûts de toutes sortes, à l’époque de l’apparition du Règlement qui replaçait le corps de santé sous une tutelle paralysante et blessante, adressat-il au ministre Lacuée la demande de sa retraite le 27 vendémiaire an IX. iElle lui fut refusée par une lettre pleine d’égards et conçue dans les termes les plus flatteurs1. C’est que, malgré ses prétendus défauts, Percy était un indispensable !

Percy avait un très noble caractère. Il sut toujours faire taire ses intérêts personnels devant les devoirs du chirurgien d’armée, et, ces devoirs, il les comprenait étendus. Modèle de chef, il soutenait les droits le ses subordonnés dans toutes les circonstances jusque devant l’autorité la plus élevée, et cela avec une énergie bien faite pour s’attirer de eur part une reconnaissance inaltérable et un dévouement sans limites, domme les âmes réellement très grandes, l’ingratitude qu’il ne pouvait nanquer de rencontrer parfois ne le touchait pas et souvent il répétait: Heureux qui peut faire des ingrats ! Aussi, malgré les privations, les ennuis tles dégoûts, restaient-ils groupés, ces subordonnés, autour de ce chefbienlimé qui représentait aussi leur maître en même temps que leur appui.

La plupart des thèses qu’ils soutiendront plus tard devant les Facultés, i une époque où Percy avait quitté l’armée, sont remplies de ces louanges [u'on n’adresse qu’à des hommes qui ont su les mériter et qui constituent dors un de leurs plus beaux titres.

Son dévouement, son courage personnel étaient àla hauteur de ses autres aérites. Il comptait quatre blessures reçues sur le champ de bataille en iansant des blessés. A Augsbourg, pendant les guerres de la Révolution, et Reifelden, il avait sauvé, au prix des plus grands dangers immédiats, 30 émigrés dans lesquels il ne voulait voir que des Français et avait été rrêté comme suspect. A Mannheim, il n’échappe que par miracle à la mort,

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