J. Rochard, o. c., p
DELORME
LA CHIRURGIE MIL. FRANC
PEND. LA RlllVOL. ET L’EMPIRE.
en transportant sur son dos l’officier du génie Lacroix dangereusement blessé et en traversant avec lui le pont du Rhin battu par douze pièces de canon. Les soldats français, saisis d’admiration, suivaient de l’autre rive cette belle action et soutenaient par leurs acclamations les efforts du chirurgien en chef, sous les pas duquel les pontons brisés menaçaient de s’écrouler1. Dans les circonstances difficiles, il ne trouvait au-dessous de lui aucune fonction, du moment qu’elle ne pouvait être exécutée par d’autres et qu’elle devait servir à assurer le sort de ses blessés.
Percy reçut la récompense matérielle de ses services, et il eût pu s’en montrer satisfait si un homme distingué par l’intelligence et le savoir peut l’être quand ses conceptions sont méconnues!
Nommé inspecteur général en même temps que Heurteloup et Larrey par l’arrêté du 9 brumaire an XII, Percy, à la réorganisation des Facultés, j fut nommé professeur à la Faculté de Médecine de Paris. En 1807, la mort de Lassus ayant laissé une place vacante dans la première classe de l’Institut, il fut appelé à la remplir et l’emporta sur Gorvisart et Deschamps ses compétiteurs. Après la paix de Tilsitt, il fut comblé d’honneurs et de distinctions, fait commandeur de la Légion d’honneur après Eylau et, après Wagram, en 1809, baron de l’Empire en même temps quTIeurteloup et Larrey.
Percy prit part à presque toutes les campagnes de la République et de . l’Empire. Une ophthalmie grave l’empêcha de suivre nos armées en Russie et en Saxe. Il se livra alors, à nouveau, pendant cette période de repos forcé, à ses goûts littéraires et commença tantôt seul, tantôt avec Laurent, à publier dans le Dictionnaire des Sciences médicales les articles dont nous avons déjà cité les titres.
En 1814, les combats livrés sous Paris avaient fourni 12 000 blessés étrangers qui se trouvaient sans asile, sans pain, sans secours. Percy, aidé du préfet de la Seine, les réunit dans les abattoirs. En trente-six heures le service de santé est organisé et marche avec la plus grande régularité. Ce fut dans un moment aussi difficile et aussi critique un véritable tour de force que les il souverains étrangers reconnurent en accordant à Percy leurs plus hautes i distinctions2.
Après Waterloo, où Percy avait suivi nos armées, il fut mis à la retraite j]| comme inspecteur général du service de santé des armées et rentra dans ii le calme de la vie privée3. Il n’en jouit pas longtemps. Une affection ||, organique du cœur dont il avait ressenti les premières atteintes en 1808, U pendant la campagne d’Espagne, l’enleva le 18 février 1825. Il avait 71 ans. JL
Il était d’une force athlétique que ni les excès de fatigue de la guerre ». ni le poids d’un service écrasant n’avaient pu abattre. La statue qui orne J|, le péristyle de l’Académie de Médecine nous le représente d’une taille i