Larrey, Clinique chirurgicale, etc., t. Ier, p. üi
D. LARREY
l’aponévrose d’enveloppe dans une hauteur suffisante, il coupait les muscles superficiels, puis au niveau de leur rétraction, les muscles profonds.
Dans les fractures compliquées, il se montre conservateur. Pour celles de l’extrémité supérieure de l’humérus en particulier, malgré ses préférences pour la désarticulation scapulo-humérale, il se borne le plus souvent à la simple extraction des esquilles et se garde de faire les résections diaphyso-épiphysaires que d’autres pratiquent à côté de lui, appuyant de ses succès les avantages de l’intervention la plus simple, de la conservation armée.
A l’exemple de devanciers, il manifeste des préférences marquées pour la désarticulation sur l’amputation dans maintes fractures de la continuité et dans les fracas par gros projectiles.
Son appareil pour les fractures était des plus simples : c’était l'appareil à fanons. Soit par ignorance, soit par enthousiasme, certains lui en ont, à tort, accordé la paternité sans rechercher que Paré (pour ne pas remonter plus haut) l’avait déjà utilisé sur lui-même.
J. Rochard a apprécié avec tant de justesse et d’impartialité le caractère des travaux de Larrey que nous ne pouvons que lui céder la parole. «Tous ses écrits, dit-il, n’ont assurément pas la même valeur, on y chercherait vainementla précision dans les faits, l’abondancedanslesdétailsqu’on esten droit d’exiger des travaux de notre époque; on demanderait en vain à ces productions improvisées sous la tente à la lueur du bivouac, la richesse d’érudition et l’élégance du style de Percy ; il ne serait pas difficile d’y signaler •des erreurs et des lacunes; mais, si l’on pense à la promptitude avec laquelle elles ont été rédigées, à l’importance, à la multiplicité des préoccupations auxquelles il fallait imposer silence pour prendre la plume ; si [U’on songe surtout que tout cela a été écrit de verve, sans ressources bibliographiques, avec les souvenirs d’une éducation médicale si brusquement i nterrompue, on oubliera ces imperfections légères pour ne plus y apercevoir qu’un talent d’observation, qu’une sûreté de coup d’œil remarquables; r m y verra surtout l’absence de toute prétention littéraire ; on y découvrira f-mfin la pensée dominante de l’auteur, celle qui a ôté le mobile unique de - a noble existence : Être utile et faire le bien1. »
Le bagage scientifique de D. Larrey serait déjà suffisant pour lui assurer pme des premières places parmi les chirurgiens de ce siècle, mais ce serait îe le juger que d’une façon très incomplète que de se borner à l’apprécier iniquement par ses écrits. Entraîné pendant plus de vingt ans d’une extrénité de l’Europe à l’autre à la suite des armées républicaines ou impériales, la tète de jeunes chirurgiens plus actifs et dévoués qu’instruits, entouré ans cesse de blessés, Larrey se dépensa surtout en activité chirurgicale t organisatrice. C’est par elle surtout que s’établit sa renommée. On conoit môme à peine, comme le fait justement remarquer J. Rochard, que ans le cours d’une vie si active il ait pu trouver le temps et la présence ’esprit nécessaires pour rédiger encore des travaux aussi nombreux et ussi variés. Pendant vingt ans d'une guerre sans exemple dans les annales u monde, il enseigna aux jeunes la chirurgie militaire qu’il peupla de -raticiens hardis et habiles. A l’armée du Rhin, en Egypte, en Espagne, à