‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 133 sur 460 · BLANDIN · texte numérisé non relu

BLANDIN

du chirurgien en chef do la garde, il se montre opposé à l’intervention radicale et quand il s’y adresse, c’est à la période secondaire ou ultérieure comme Faure. Onatrop exalté, pour lui, les avantages des amputations faites sUr le champ de bataille, on a exagéré les inconvénients du transport des fracturés. Les grandes opérations pratiquées sur les champs de bataille sont trop souvent funestes. Dix ans de pratique, dit-il, l’ont confirmé dans cette opinion « qu’il est bien peu de cas où l’amputation doive être faite sur le champ!» Dans les plaies graves, on a tout à espérer, d’après lui, si on a la sagesse d’ajourner l’amputation jusqu’à la cessation des accidents. Si on n’a pas le bonheur de sauver le membre, on a au moins la certitude de sauver la vie du blessé, et il ajoute ne pas se rappeler avoir perdu un seul do ceux qu’il opéra après la période des accidents et avoir vu, au contraire, les blessés les plus faibles guérir avec la plus grande facilité. C’est, si nous nous reportons en arrière, un retour à des idées soutenues devant l’Académie de chirurgie.

Yvan est conservateur comme Boucher ; il lui faut, pour se résigner à l’amputation, une fracture très grave. Et cette pratique lui semble d’autant plus raisonnable que l’amputation faite à la période ultérieure est, pour lui, moins meurtrière, comme le disait déjà Faure. Yvan ne s’est pas contenté d’insister, dans un écrit, sur ces idées ; maintes fois, aux armées même, il les avait soutenues contre Larrey avec lequel il était appelé quelquefois en consultation à propos de la blessure de hauts chefs militaires. Au besoin, la lecture de cette thèse démontrerait que les idées et les pratiques des chirurgiens des armées de l’Empire étaient loin d’être uniformes comme la lecture des Mémoires de Larrey, que la plupart se contentent de consulter en raison de leur importance, tendrait à le faire admettre.

Le chirurgien-major Lambert consacre au même sujet des pages tout aussi iintéressantes qu’on sent écrites par un chirurgien non moins expérimenté, il Rappelons qu’on trouve dans cette thèse la relation de la première résection 'diaphysaire pratiquée par Percy. A ce point de vue, elle aurait déjà une î réelle valeur historique. Mais nous n’insistons pas, nous passons sur tous lies autres travaux relatifs à la même question, car nous avons hâte d’arrriver à un des écrits les plus originaux qu’ait fourni l’étude de l’amputa- :tion, opération qui préoccupait tant nos chirurgiens d’armée à cette époque. 'Nous voulons parler de la thèse de Blandin.

Page 1