‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 136 sur 460 · SA BAT IER · texte numérisé non relu

SA BAT IER

Membre de l’Académie de chirurgie et de l’Académie des sciences, Sabatier, Tune des plus belles illustrations de notre corps, avait, dès 1773, succédé il Morand, son beau-père, dans sa place de chirurgien-major des Invalides où il resta sans interruption jusqu’à la Révolution. Il lut alors chargé de l’inspection du service de santé des armées, et fut désigné pour prendre la direction chirurgicale de l’armée du Nord, mais son âge déjà avancé (il avait plus de soixante ans) ne lui permit pas de suivre les opérations de guerre, qui réclamaient de ceux qui y prenaient part la verdeur de la jeunesse et son inépuisable activité. Il fut remplacé par Percy, revint aux Invalides, et continua à y instruire les jeunes élèves pour le service de santé de l’armée1. Larrey aimait à lui rappeler respectueusement qu’il avait été son élève. S’il n’a pas recherché ses succès dans la chirurgie des champs de bataille, son nom reste lié à la chirurgie opératoire. Professeur de médecine opératoire à la création des Écoles de santé et membre de l’Institut à sa fondation, Sabatier fut un des chirurgiens consultants de l’Empereur.

Boizot, Bénézeck étaient chirurgiens en chef de l’armée des Alpes et des Pyrénées. Lagresje, chirurgien en chef de l’armée de Catalogne, puis professeur au Val-de-Grâce, Yillars, Goffrein, Ruffin, Daigne, Chevallier étaient membres du comité de santé, sous la Convention nationale; mais soit que leurs infirmités, soit que leur âge ne leur permissent plus de remplir leurs fonctions, ils quittèrent bientôt le service actif.

Saucerotte, qui avait fait les campagnes d’Allemagne sous Louis XV, comptait trente-quatre ans de service, lorsqu’en 1794, il fut nommé chirurgien en chef de l’armée du Nord, puis de Sambre-et-Meuse. Le Conseil de santé, réorganisé par la loi du 12 pluviôse an III, l’admit l’année suivante parmi ses membres. Il y représentait l’élément chirurgical en compagnie de Yillars, Heurteloup, Groffein, et Ruffm. Peu après il prit sa retraite. Saucerotte était un praticien excellent qui fait le plus grand honneur à notre corps. Il était membre de l’Académie de chirurgie, de l’Institut, et les Sociétés de médecine de Bruxelles, de Paris, de Strasbourg lui ouvrirent leurs portes. Ses Mélanges de chirurgie renferment de nombreuses observations de blessures par armes blanches ou par armes à feu 2.

1. A cette époque, les Invalides de Paris étaient au nombre de plus de 2 000.

2. Saucerotte naquit à Lunéville, le 10 juin 1741. Ses études achevées, il embrassa la carrière de la chirurgie et s’y livra avec une telle ardeur qu’à dix-neuf ans, il était employé à l’armée d’Allemagne. A son retour en 1764, il obtint le titre de maître en chirurgie à la Faculté de Pont-à-Mousson. La même année le roi de Pologne en fit son chirurgien ordinaire. En 1770, il devint greffier du premier chirurgien du roi. En 1779, il fut nommé, au concours, chirurgien-major de la Gendarmerie et peu après il était lithotomiste en chef des duchés de Lorraine et de Bar, dans un grand hôpital qui réunissait un nombre considérable de calculeux. Il obtint de si nombreux et si remarquables succès qu’il attira à Lunéville nationaux et étrangers. Au moment où il rendait compte doses opérations, seize cent vingt-neuf calculeux y avaient été taillés et six cent quatre-vingt-trois extractions de calculs avaient été faites par lui ou sous sa direction. C’était plus que n’en

Dezoteux. Cet habile praticien avait servi dans la guerre que la France avait soutenue en Westphalie et en Flandre et s'y était distingué. Après Fontenoy, il avait été désigné pour remplacer Garengeot comme chirurgien-major du régiment du Roi-Infanterie. C’est alors qu’il proposa au co-

Louis XVI l’autorisation de constituer cette école, justement célèbre qu’il dirigea. Elle compta régulièrement soixante élèves, fournit à la fois aux armées des chirurgiens distingués et même des professeurs à nos Facultés de médecine. En 1778, il fut récompensé de ses brillants services par le titre fort recherché de chirurgien consultant des armées. En 1789, il était attaché auprès du ministre de la guerre en qualité d’inspecteur des hôpitaux ; militaires; mais en 1793, ses infirmités l'obligèrent à demander sa retraite. Pendant les troubles de la révolution, privé de sa pension, et ne possédant aucun bien, il vécut dans un état voisin de la misère et ne subsista que par | les secours de ses amis. A la formation de la succursale des Invalides de Versailles, les membres du Conseil de santé pénétrés de la triste situation de leur digne collègue l’attachèrent à cette maison comme médecin. Cette •succursale ayant’ été supprimée peu après, Dezoteux revint à Paris jouir : de sa modeste pension. Il mourut en 1803 âgé de soixante-dix-neuf ans.

C'était un caractère noble, désintéressé; ses élèves, dont il fut toujours le î protecteur aux jours de sa brillante fortune et dont il resta l’ami, l’honoraient d'une profonde vénération '.

Robillard, chirurgien-major des armées avant la Révolution, avait suivi Lafayette et Rochambeau en Amérique. A son retour, il avait été lommé chirurgien en chef de l’hôpital d’instruction de Metz, puis chirurgien des Invalides où il resta pendant les guerres de la Révolution. Il était nembre de l’Académie de chirurgie, de plusieurs sociétés savantes, entre mtres de la Société philomathique, de la Société d’émulation, etc. Il n’a aissé aucun écrit.

Làumonier, comme Robillard, était chirurgien-major, démonstrateur à Metz. Plus tard, il devint chirurgien en chef de l’hôpital de Rouen.

Noël n’avait que quarante ans quand la Révolution l’attacha comme :hef de service de l’armée des Alpes et du Jura. Deux ans plus tard, il •emplit les mêmes fonctions à l’armée du Nord. Mais Noël, qui pendant six ans avait servi dans la marine, fut forcé en raison des atteintes qu’avait ubies sa santé dans les pays chauds, de quitter ce poste pour le service des îôpitaux. Nommé successivement chirurgien-major de l’hôpital de Duncerque en 1796, puis professeur à l’Ecole du Val-de-Grâce, enfin directeur

■ouïraient compter aujourd’hui nos lithotomistes les plus habiles. Sur cent quatre-vingt quaofze tailles opérées par la méthode qu’il préférait, il n’avait eu que dix morts, soit environ un ingtième. Malgaigne, dans sa Médecine opératoire, a tenu compte des beaux succès de uiucerotte.il avait débuté dans la carrière chirurgicale par la composition de Mémoires acaémiques qui, presque tous, lui valurent des distinctions. Son mémoire sur la théorie des lésions V la tête par contre-coup et les conséquences pratiques qu’on en peut tirer, couronné par Académie de chirurgie en 1769, est aussi remarquable par l’exposé, l’exactitude des re-

iborieux, un esprit exact autant que profond. Ses Mélanges de chirurgie, Paris 1801, nt réuni ses travaux principaux. Il mourut à Lunéville en 1811.

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