Briot, o. c., p
la compression seulement sur le trajet de l’artère ouverte : outre que les circonstances favorables à ce mode de compression sont Tort rares, ils craignaient que, par le transport, par les voyages souvent forcés, par les mouvements volontaires et involontaires du malade, la compression ne vint à se déranger; et ils ne voulaient pas abandonner sa vie à un moyen aussi fragile et aussi précaire. Une hémorrhagie môme grave ne les déconcertait jamais : la suspendre par l’application du doigt sur l’ouverture du vaisseau, mettre celui-ci h découvert et le lier était pour eux chose facile et habituelle. L’artère ouverte était-elle située profondément, devenait-il difficile ou même impossible de l’entourer d’une ligature, la cautérisation en était faite promptement. Jamais, ni sur le champ de bataille, ni dans les hôpitaux de première ligne, je n’ai employé ni vu employer le garrot ou le tourniquet pour suspendre le cours du sang pendant une amputation. Les élèves très exercés à l’arrêter par la compression, s’en acquittaient toujours au gré de l’opérateur1. »
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Quoi qu’en dise Briot, la compression directe était un moyen trop expéditif, il était trop bien à la portée d’aides plus ou moins expérimentés auxquels les circonstances ne forçaient que trop souvent de s’adresser, pour qu’on n’y ait pas également recours. Nous pourrions appuyer cette assertion de preuves tirées des écrits des auteurs de cette époque. Quoi qu’il en soit, à un moment ou les ligatures des gros vaisseaux n’avaient pas encore été communément pratiquées, nos chirurgiens n’avaient pas hésité à porter des fils sur les plus grosses artères du corps et Percy avait imaginé pour oblitérer leur calibre une ligature médiate.
Nous avons déjà parlé de ses pinces hémostatiques qu’il laissait en place quelques jours sur les gros vaisseaux.
Nous avons vu avec quelle précision Massot avait parlé de la ligature des deux bouts des vaisseaux divisés. Nous pensons qu’après la lecture des lignes qu’il consacre à sa description et que nous avons transcrites, on ne pourra plus mettre en doute un instant que ce ne soit à un chirurgien militaire français et non à Guthrie que revient l’honneur d’avoir posé cette règle. Et qu’on ne dise pas que si elle était conseillée, elle n’était guère pratiquée. On n’a qu’à lire les thèses de nos chirurgiens-majors pour se convaincre du contraire.
Ils avaient remarqué que les ligatures immédiates favorisaient la chute rapide du fil pendant les transports, que les tiraillements exercés sur lui sous le pansement sommaire qui recouvrait la surface cruentée du moignon n’exposaient que trop souvent les blessés aux hémorrhagies consécutives. Aussi en étaient-ils venus à réserver l’emploi de cette ligature immédiate pour les cas où ces blessés devaient être soignés sur place et à lui préférer la ligature médiate à chute retardée, disaient-ils, et plus solide quand le blessé devait être transporté à longue distance 2.
Le hasard démontra encore à Percy les avantages des ligatures perdues dans les moignons d’amputés, mais il ne généralisa pas cette pratique et en laissa le mérite de son application aux chirurgiens anglais.
Tétanos . — La pathogénie du tétanos alors très fréquemment observé doit aux chirurgiens de cette époque de réels éclaircissements. L’influence des variations de température, de l’irritation des plaies par les esquilles, des émotions morales est confirmée par de nombreux faits. La valeur de