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LA CIllR. MIL. PEND. LA RÉ VOL. ET L’EMPIRE.
lande, la campagne de Prusse, mais surtout celle de Russie, donnent lieu à de véritables épidémies de congélation, et fournissent à nos chirurgiens des occasions de déterminer avec précision les règles de leur traitement. La Relation de D. Larrey, dans laquelle il insiste également sur de curieux effets do l’action généralisée du froid, renferme des renseignements si précieux qu’elle a été reproduite par nos classiques.
Disons enfin, pour terminer, que les fatigues, les privations de toutes sortes, l’encombrement, etc., déterminèrent dans les armées des épidémies redoutables dont nos chirurgiens ont précisé la fâcheuse influence sur les plaies.
Plaies de tête. — A l’époque où commencèrent les guerres de la Révolution, Desault à Paris, Lombard à Strasbourg, professaient, relativement aux plaies de tête et aux fractures du crâne, des préceptes opposés à ceux qu’avait posés l’Académie de chirurgie. La pratique de la chirurgie militaire pendant les guerres de la Révolution et de l’Empire affirma la supériorité de l’abstention sur le trépan préventif. « Il n’est aucun chirurgien militaire, nous dit Driot, qui n’ait vu par centaine des cas de plaies avec fracture et qui n’ait constaté que non seulement ces fractures n’exigent pas par elles-mêmes l'application du trépan, comme on l’enseignait il y a vingt-cinq ans, mais même que, le plus communément, elles étaient suivies de moins d’accidents et guérissaient mieux sans ce moyen que lorsqu’on Remployait 1 , » Le trépan était réservé aux cas de fractures avec enfoncement très prononcé. Mais, en général, si on était ménager de son emploi, plusieurs chirurgiens, entre autres D. Larrey, se montrèrent, parfois, plus hardis dans son usage qu’on ne l’était autrefois. Ils ne craignirent pas de l’appliquer sur les sinus frontaux qu’on redoutait d'ouvrir avant eux, et Larrey s’en servait même pour donner issue à des balles logées sous le crâne à une grande distance de leur orifice d’entrée.
Plaies de la face. — Dans les plaies de la face par éclats de gros projectiles, abandonnées avant lui, aux seules ressources de la nature, Larrey vante la suture après avivement des bords des plaies et sa pratique est dorénavant suivie.
Plaies de poitrine. — La thérapeutique des plaies de poitrine s’es.t enrichie d’une pratique heureuse. D. Larrey, après Valentin, généralise l’emploi de la réunion immédiate des plaies de poitrine avec épanchement, traitement à peine entrevu avant lui, et dont un heureux hasard, comme il l’avance lui-même, lui avait fait ressortir les avantages. C’est encore lui qui préconise le premier l’intervention chirurgicale dans l’hémo-péricarde traumatique.
Plaies de l'abdomen. — Si Dufouart, dans le traitement des plaies intestinales dont la mortalité effrayante excusait toutes les hardiesses, avait émis des idées originales, il ne semble pas qu’elles aient beaucoup inspiré la pratique de nos chirurgiens aux armées. Ils s’adressaient d’ordinaire ;i l’expectation ou aux opiacées, et, dans les cas de hernie de l'épiploon ou de l’intestin, ils suivaient les pratiques des devanciers.
Amputations, Résections. — A la fin du siècle précédent, la question des amputations primitives ou retardées était encore en suspens. La plupart