Béoin, o. c., p
•i. Percy et Laurent, article Infirmier du Dictionnaire des sciences médicales, 1818. Il XXIV, p. 511.
LA CHIlt. MIL. PEND. LA IIÉ VOL. ET L’EMPIRE.
^ages, lesquels représentaient un personnel insuffisant ou corrompu.
Au camp de Boulogne, en 1805, il avait fait ressortir au chef de l’État le déplorable état qu offraient sous ce rapport nos ambulances et nos hôpitaux et 1 Empereur avait donné l’ordre de former à Bergues un grand dépôt d’infirmiers. Mais la campagne d’Autriche, dit-on, ne lui permit pas de donner suite à ce projet.
A l’armée d’Espagne, fatigué des désordres des quelques infirmiers qu’il possédait, rebuté par l’inutilité de ses itératives réclamations, alarmé de la nullité de ses ressources et se trouvant d’un autre côté à la tête du service le plus difficile et le plus délaissé, il reprit son projet de créer un corps régulier de soldats infirmiers. Aidé par le commissaire des guerres Mathieu-Favier et le major général de l’armée, le prince de Neuchâtel, Percy réunit plusieurs centaines de soldats qui, à raison de la mutilation de quelques doigts des mains ou pour toute autre cause, étaient reconnus inhabiles au maniement des armes. Il les enrégimenta, les fit commander par des caporaux, des sergents, des adjudants et le service des malades et des blessés, auparavant si négligé, si abandonné, changea de face et d’aspect1. Les bureaux lui firent infliger un blâme sévère; son corps d’infirmiers n’étant plus ni payé ni entretenu se dispersa. L’expérience avait pourtant porté ses fruits. Les commissaires des guerres firent former 6 bataillons d’infirmiers semblables avec celui qu’avait organisé Percy et les firent commander par des officiers. Mais distraits le plus souvent de leur service hospitalier et constitués en grande partie par des jeunes gens qui avaient cherché à se soustraire à la conscription, ces infirmiers ne rendirent plus les services qu’on était en droit d’attendre d'eux 2.
Percy avait encore eu l’idée de constituer des infirmiers régimentaires porte-sacs, lesquels devaient remplacer le cheval de bât sur le dos duquel les médecins de chaque bataillon faisaient porter leur matériel à pansement. 11 aurait voulu que ce matériel fût réparti dans des « balles ou sacs à compartiments remplis d’objets de premier pansement, et qui, pesant au plus 30 livres, ne représentaient pas la charge d'un soldat armé. Quatre de ces hommes auraient ainsi suffi pour porter entre eux, sans frais, sans embarras, en tous lieux et en tous temps, le chargement total du cheval de bât lequel exige des soins, des conducteurs, des dépenses considérables et ne pourra pas toujours arriver 3 ». Son projet n’eut encore qu’un commencement d’exécution.
2° Une autre idée tout aussi heureuse, qui lui appartient encore en propre et qu’il eut cette fois la satisfaction de faire accepter, fut celle de Y organisation des brancardiers.
Jusque-là les blessés avaient dû être transportés à l’ambulance par des camarades qui sans habitude et sans matériel de transport aggravaient maintes fois le traumatisme primitif; ceux-ci quittaient les rangs pour n’y plus rentrer. Cet abus ne pouvait manquer de conduire les chefs à l’oubli de blessés susceptibles à tout instant d’être écrasés sous les pieds des chevaux, les roues de l’artillerie ou de recevoir de nouvelles atteintes du feu