‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 17 sur 460 · LAURENT JOUBERT · texte numérisé non relu

LAURENT JOUBERT

Ses préceptes pour l’extraction des corps étrangers sont ceux de Paré, ses traitements de l’hémorrhagie insuffisants ou barbares (fer rouge, etc.). En médecin habitué il régler les « régimes de vivre », il s’y arrête longuement pour émettre des opinions bien judicieuses sur lesquelles nous reviendrons bientôt. S’il est partisan de la saignée contre les accidents inflammatoires, il rejette les purgatifs, ce qui devait paraître bien singulier pour un médecin et ce qui démontre qu’il savait être parfois personnel.

Nous arrivons à la troisième partie de son Traité. Elle est consacrée à l’étude des Problèmes, c’est-à-dire aux questions les plus importantes qui se rattachent à nos plaies. Il les formule d’abord sous forme d’aphorisme, présente les opinions contradictoires et résout la question litigieuse d’une façon le plus souvent fort judicieuse.

Il critique les idées de ceux qui admettaient que nos plaies étaient recouvertes d’une escarre1, de ceux qui prétendaient que la balle leur avait communiqué des tendances à la putréfaction2; il rattache les collections purulentes liées au séjour des corps étrangers, non à une action chimique nocive, mais à leur simple contact avec les tissus et à leur progression3 4; il discute l’opportunité de l’extraction immédiate des projectiles et conseille de s’arrêter si les recherches ou l’extraction se montrent difficiles v ; enfin il demande qu’on réduise de suite les fractures par coup de feu 5.

Il veut qu’on n’ampute que dans les fractures des os graves accompagnées de lésions des gros vaisseaux, encore cette amputation la réservet-il pour les cas où les blessés doivent être transportés, lorsqu’ils sont cacochymes et dépourvus des choses nécessaires. « Si, au contraire, ils ont la commodité de se faire longuement panser d’un médecin et chirurgien fort experts et diligens qui n’ayent guères d’autres occupations, ce blessé peut encore être traité par la conservation. »

La méthode du débridement préventif comptait déjà ses partisans et ses adversaires. Parmi ces derniers figurait Joubert. « Pour le rejeter il n’y a déjà, disaient les derniers, que trop de mal sans en faire davantage. Et amplifier la plaie n’y sert de rien pour donner plus d’issues aux superfluités suppurées; d’autant que la playe se dilate toujours d’elle-même à mesure que la playe meurtrie vient à suppuration6. »

Joubert partage les idées de Vigo à propos des incisions préventives. 11 discute sur l’opportunité de laisser les plaies saigner, quand de gros vaisseaux ne sont pas ouverts. Nous ne pouvons nous arrêter sur toutes les questions qu’il soulève, mais ce qui précède suffira, nous pensons, à démontrer combien d’idées prétendues neuves se trouvent dans nos anciens auteurs. Joubert ne fait déjà plus que les consigner dans son Traité.

Des Aphorismes sur les plaies d’armes à feu terminent cette troisième partie de son Traité d'arebusades.

Nous arrivons aux opuscules joints à la troisième édition: 1 0 Prie f discours en forme d’épislre touchant la curation des arebusades .

Page 1