‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 178 sur 460 · J. HOUX · texte numérisé non relu

J. HOUX

De tous les travaux publiés sur les événements de 1830, c’est l’opuscule de Roux chirurgien de la Charité, qui nous a le plus intérpssé, le plus attaché. Après avoir effleuré les questions pour l’étude desquelles les faits personnels lui manquent, il s’arrête à celles des amputations et des hémorrhagies et leur consacre des pages encore très instructives.

Roux est un partisan de l’amputation primitive; il la préfère à l’amputation secondaire qui ne lui a donné que des insuccès. Il apportait ainsi l’appui de son autorité à la doctrine des chirurgiens d’armée. Pour les hémorrhagies primitives, s’il ne rejette pas la ligature directe, il lui substitue volontiers la ligature à distance sur la collatérale principale ou le tronc d’origine suivant que l’un ou l’autre sont intéressés. Mais c’est surtoiit dans les hémorrhagies secondaires qu’il conseille de recourir à la méthode de Ilunter, dominé, comme scs contemporains, par la crainte d'une section prématurée du vaisseau ramolli par l'inflammation. Cette méthode ne lui avait pourtant pas beaucoup réussi : sur cinq cas dans lesquels il avait lié une fois la carotide primitive pour huit hémorrhagies successives fournies par la linguale, deux fois la fémorale pour des écoulements sanguins consécutifs à des blessures de la cuisse, et deux fois i l’axillaire pour des hémorrhagies du bras, il n’avait eu qu’un succès.

La pathogénie des hémorrhagies secondaires dans les fractures par coup de feu l'avait beaucoup préoccupé, et, de ses méditations et de ses observations, il avait su tirer quelques aperçus originaux ou qu’il croyait tels. Gomme nous devons revenir sur ses idées, nous nous contenterons de rappeler ici qu’il attribue une grande importance à la pression des esquilles sur les vaisseaux, dont la résistance est modifiée par l’inflam- : mation.

Les quelques observations qu’il se contente de citer, mériteraient toutes d’être rapportées dans un livre classique. Nous ne rappellerons ici que i l'histoire de ce blessé chez lequel il arrêta par le tamponnement du rectum une hémorrhagie épouvantable consécutive aune perforation de part en part du petit bassin; celle de la réduction des deux testicules qui s’étaient

1. Considérations cliniques sur les blessés qui ont etc reçus à l’hôpital de la Charité pendant et après les journées des 27, 28, 29 juillet, par Ph.-Jos. Roux, professeur de clinique chirurgicale à la Faculté de médecine, chirurgien en second de l’hôpital de la Charité. Paris, 1 830, in-8, 112 pages (Bibliothèque de la Faculté, collection IN, 8217).

Ce mémoire fut lu à l’Académie de médecine, dans les séances des 2 et 9 novembre 1880.

1 II lut ensuite imprimé à part et le produit de la vente de cet opuscule a été consacré au • soulagement des malheureux dont les blessures avaient été à la fois l’occasion et l'objet de ce travail.

Avant la publication de ce mémoire, le Dr Duuouro en avait donné le résumé et les principales observations dans un article intitulé : Quelques considérations sur les plaies par armes à feu à l’occasion des blessés admis à l’hôpital de la Charité dans les mémorables journées de juillet 1830 in .tournai universel et hebdomadaire de médecine et de chirurifie pratiques et des institutions médicales. Paris, 1830, p. 33.

échappés par une perforation médiane du scrotum produite par une balle; celle enfin d un blessé auquel, après l'insuccès de la ligature de l’axillaire et de la sous-clavière utilisée en vue de mettre fin à des hémorrhagies secondaires inquiétantes, Roux pratiqua la transfusion du sang1 2. C’était la première fois, à notre connaissance, qu’on s’adressait à cette pratique pour un blessé par arme de guerre.

Disons enfin que Roux a repris les idées de Dufouart sur le rôle des escarres dans les plaies abdominales par projectiles, qu’il était éloigné de la pratique des résections en chirurgie d’armée, qu’il avait modifié les appareils contentifs de nos fractures en vue d’éviter leur souillure par l’abondante suppuration qu’elles produisaient alors, qu’il était partisan de l’amputation dans les fractures de la cuisse et des grandes articulations, etc., etc. Nous arrêtons là nos citations.

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