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Attaché à la maison de convalescence de Saint-Cloud, Arnal nous a transmis les remarques que lui a suggérées l’observation des quatre cent quatre blessés qui s’y trouvaient réunis3. Les Relations de Jobert, de Roux, de Dupuytren ont aujourd’hui amoindri la portée du mémoire d’Arnal comme elles ont amoindri celle du travail de Ménière. On y trouve cependant des compléments d’informations sur les cas rapportés par ces auteurs, des indications ou des remarques qu’ils n’avaient pu ou cru devoir fournir et des aperçus souvent judicieux et parfois personnels. Il est regrettable que cette relation écrite avec sincérité, dans un style rapide et attachant, soit parfois émaillée de critiques exprimées d’une façon trop brutale et d’un goût douteux.
Nous signalerons les remarques d’Arnal sur les avantages de la conservation dans les fractures du fémur, de l’humérus, du genou, et du coude, sur les processus de guérison des fractures diaphysaires et épiphysaires, sur les indications de l’amputation dans les fractures par coups de feu et les résultats définitifs de la désarticulation de l’épaule, Arnal précise l’influence qu’ont sur les désirs vénériens les traumatismes des régions avoisinant celle des organes génitaux, et il signale les causes d’erreur qu’apportent parfois au diagnostic des corps étrangers les nodosités constatées sur le trajet des plaies profondes. Arnal nous fournit sur la genèse de la pourriture d’hôpital une théorie qui, pour être hasardée, ne mérite pas moins d’être citée. Pour lui, c’est au niveau des extrémités des nerfs mis à nu que l’altération commence; c’est au centre des bourgeons charnus où les nerfs sont le plus richement distribués que l’affection débute en donnant naissance à de petits points blanchâtres arrondis semblables à des grains
1. Ce fut Andral qui fournit généreusement son sang. Il en donna une livre environ en une seule fois.
2. Mémoire sur quelques particularités des plaies d’armes à feu in Journal universel et hebdomadaire, t. I, 1830, p. 384; t. II, 1831, p. 497; t. III, 1831, pp. 3 et 33.
3. Dans ce chiffre ne sontcompris que leshommes atteintsde blessures reçues pendant les trois journées de juillet. L’ignorance ou une coupable complaisance leur avaitfait adjoindre, avec des certificats en bonne forme, cinquante autres blessés qui n’étaient atteints que d’affections communes : fistules à l’anus, calculs, etc. O. c., t. I, p. 388.
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Il de millet. Cette origine nerveuse admise, l’ébranlement du coït, de la L masturbation, les violentes secousses morales, l’abattement qui succède L> aux grands mouvements des passions, les effets de la crainte, etc., toutes h ces causes déprimantes du système nerveux sont les causes déterminantes Sf de la pourriture d’hôpital. Arnal a proposé d’utiliser un tire-fond de di- | mensions exiguës pour reconnaître les corps étrangers. Nous en reparlerons.
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Bien que les Leçons de clinique chirurgicale que Dupuytren a consa- » crées aux blessures par armes de guerre aient paru après 1830, nous leur assignons néanmoins cette place parce que ce furent les troubles de 1830 qui, en livrant à l’observation de l’éminent chirurgien un certain nombre de blessés par armes de guerre, lui inspirèrent l’idée de ces Leçons cliniques et lui fournirent ses remarques et scs faits principaux.
Ces Leçons cliniques ne constituent pas, à proprement parler, un Traité de blessures de guerre comme elles en prirent plus tard le titre. Dupuytren y étudie en effet plus longuement les plaies par armes blanches que par armes à feu, et encore, dans la description qu’il consacre aux premières, il donne plus de développement aux blessures produites par les instruments piquants et tranchants qu’à celles faites par les armes de guerre proprement dites.
Elles ne justifiaient pas non plus complètement leur titre de Leçons cliniques. Si Dupuytren mêle à ses descriptions quelques observations personnelles,ou quelques observations empruntéesaux auteurs, il conserve le cadre rigide des traités classiques, et son exposé complet, mais méthodique et froid, ne ressemble en rien à celui qui est utilisé dans les conférences cliniques. Sans doute on sentirait, s'il n’avait pris soin de le dire lui-même dans sa préface, que des leçons cliniques ont servi de base à son travail, mais des recherches nombreuses entreprises par ses collaborateurs, les DrsAIarx et Paillard, ont ajouté au texte primitif une telle abondance de matériaux qu’ils en ont masqué ou plutôt fait disparaître le caractère primitif.
Ces remarques faites, nous reconnaissons que les Leçons cliniques de Dupuytren méritaient la faveur dont elles ont joui à l’époque où elles ■ ont paru et nous devons leur conserver une bonne place parmi les écrits de nos meilleurs classiques.
Mainlsde nos auteurs qui, avantde publier leurs ouvrages, avaient vécu longtemps dans les armées, avaient été à tel point familiarisés avec ces détails qui constituent le fond commun et banal de tradition et de transmission, qu'ils avaient, ultérieurement, jugé inutile d’y revenir. Dupuytren, mêlé à un autre milieu et plus directement frappé de toutes les singularités de nos traumatismes, mieux au courant, peut-être aussi, des exigences de l’instruction d’élèves, remarque et souligne tout ce qu’il a vu. Parlant à un public inexpérimenté, il consacre à la description des armes que nos classiques, à tort, avaient volontairement oubliée, un assez grand nombre de pages; il s’étend sur les effets physiques des projectiles sur les corps ina-
1. Leçons orales fie clinique chirurr/icale faites à l’Hôtel-Dieu de Paris par le baron Dupuytren, chirurgien en chef, recueillies et publiées par MM. les docteurs A. Paillard et Marx. 2° édition, t. V et VI, Paris, 1839.
nimés avec line richesse de détails que nos auteurs auraient cru inutile de rappeler et il poursuit l’étude didactique de nos blessures avec une précision etun soin que peu avaient mis avant lui. Ceux qui l’avaient choisi comme premier guide ne pouvaient manquer d’être bien renseignés sur les particularités des blessures de guerre et ceux qui étaient déjà familiarisés avec f elles, les revoyaient à nouveau retracées avec intérêt, par une plume magistrale. Telle était la raison majeure du succès de ces Cliniques.
A l’encontre de Jobert, dont l’érudition est nulle ou de mauvais aloi et ont la rédaction est mal pondérée ou incorrecte, Dupuytren fait preuve ; d’une érudition qui, pour être impersonnelle et empruntée à des collaborateurs dévoués1, n’est pas sujette à critique. C’est dans les meilleurs auteurs qu’il puise scs faits les plus curieux et sa rédaction bien qu’uniforme ? et sèche, comme nous l’avons dit déjà, est toujours correcte.
Quand on le lit, sans s’être, au préalable, arrêté à nos classiques plus , anciens, on est tenté de lui attribuer, aux dépens des devanciers (la chose * nous est arrivée), plus d’influence qu'il ne convient sur les progrès de j notre art. La forme toute personnelle et magistrale de l’exposé, alors I même qu’il porte sur les faits les plus anciennement connus,, favorise l’illusion. Une autre façon de faire, nous le reconnaissons volontiers, eût comporté plus de recherches que n’en pouvait faire Dupuytren, un carac- i 1ère et une ambition autres que les siens. Mais nous ne devons pas moins I signaler ce qu’un pareil procédé, entre les mains d’un homme qui concentrait toute l’attention chirurgicale de son époque, avait de pernicieux et d’injuste pour ses aînés 2. Malgré des prétentions différentes, Dupuytren n’est, pour l’historien, qu’un vulgarisateur. L’expérience des trois jours d’ailleurs, comme Bégin le rappelait sans cesse avec une ironie aiguisée par des prétentions, qu’à bon droit, il jugeait blessantes pour la chirurgie militaire, ne lui laissait pas d’autre rôle, et maints auteurs qu’il dédaigna do citer, ont eu sur les progrès de la chirurgie d’armée, avec un bagage bien plus modeste, une toute autre influence.
Ces remarques faites, nous nous arrêterions assez longuement aux j diverses parties de son livre, si, en agissant de la sorte, nous n’avions pas à craindre de nous exposer à des redites. Notons-le une fois pour toutes, la thérapeutique des chirurgiens qui ont donné des soins aux blessés de 1830, n’a pas différé sensiblement de celle utilisée par ceux du premier Empire. \ Nous n’avons qu’une seule remarque importante à faire, c’est qu’après avoir primitivement restreint les indications de l’amputation dans les fractures par coups de feu des diaphyses et des articulations, ils se sont vus forcés d'y ; recourir davantage en raison des nombreux insuccès que leur fournissait la méthode conservatrice 3.