Voir Préface, t. Y, p. xj
2. Aujourd’hui, la plupart des classiques, avec raison, accordent une plus large place aux recherches antérieures quelque peu originales et aux noms des auteurs auxquels elles sont dues. C’est de toute justice. Dupuytren, au contraire, va jusqu’à citer souvent des expériences personnelles sans tenir compte d’experiences similaires faites par les auteurs qui l’ont précédé; ce procédé donne naissance de la part de ceux qui ne remontent pas aux sources, et ils sont nombreux, à des assertions contraires à la vérité sur la priorité des opinions ou des recherches rapportées.
3. Voyez ce que dit Dupuytren, pp. 502, 513. — Il est vrai que dans sa préface il mainfeste des regrets de n’avoir pu assez conserver.
DUPUYTREN
Après un court aperçu historique, Dupuytren fait une description étendue des armes anciennes et modernes : armes piquantes, tranchantes, armes à. feu. Puis il étudie dans de longs chapitres, qui prennent la première moitié de son premier volume , les plaies par instruments et par armes piquantes ou tranchantes. Il indique l’action de ces armes sur chacun de nos tissus, précise les processus habituels de guérison de ces plaies d’armes blanches et leurs complications. Son chapitre sur les effets physiques des projectiles sur les corps inanimés est un des plus intéressants. Tous les auteurs qui Pont suivi, ont cité ses observations. Il en fait ressortir que les lois de pénétration et de déviation des projectiles dans les milieux inorganiques rendent fort bien compte de ces mômes phénomènes dans nos tissus. Ses remarques et ses expériences ont certainement donné l’idée d’expériences similaires plus récentes; nous aurons occasion d’y revenir dans le cours de cet ouvrage.
La thérapeutique que Dupuytren suivait et qu’il consigne dans son chapitre sur le « traitement des blessures par armes à feu » ne diffère pas notablement de celle de ses contemporains. Gomme eux il débride, panse à jlat, laisse saigner les plaies pour prévenir l’inflammation, puis lie direcement les vaisseaux s’ils ont quelque importance; enfin, comme eux, il impute primitivement dans la plupart des traumatismes des os et des irticulations. Il ne fait de réserves, pour cette intervention radicale, que )0ur les cas de blessures isolées des gros vaisseaux ou des gros nerfs.
Dans les hémorrhagies secondaires, Dupuytren a plus que d’autres chiurgiens de son temps, insisté sur l’utilité d’appliquer, suivant la méthode l’Anel, une ligature sur le vaisseau principal de la région blessée à une istance plus ou moins considérable de la plaie. Il basait sa pratique sur es considérations dont Nélaton, depuis, a fait justice.
Les pages qu’il a consacrées à l’acfion des projectiles sur chacun des >.ssus du corps en particulier, qui terminent son premier volume, sont ncore lues avec intérêt et profit. C’est là qu’il nous donne la division,
' ‘stée classique, des esquilles en primitives, secondaires et tertiaires, distinc- ' on qui a plus qu’une valeur théorique et à laquelle il a rattaché des >ansidérations thérapeutiques dont la justesse n’a pas été infirmée. L’étude •es blessures des os lui a fourni encore d’autres remarques et des faits i je nous rappellerons en temps voulu.
Dans son second volume, l’anatomie pathologique des cicatrices l’arrête i j instant, puis il passe aux blessures de toutes les régions, de la tête, de
face, du cou, de la poitrine, de l’abdomen, en conservant la division des j essures par armes piquantes, tranchantes, contondantes et par armes à ‘ u,eten consacrant toujours plus d’espace aux premières qu’aux dernières. f)n intervention dans les plaies de tète n’a rien de personnel et ne doit l is nous arrêter '. Il rattache les troubles qu’on constate à la suite des plaies J 58 parties molles de l’orbite plutôt à des lésions cérébrales concomitantes l à des lésions du nerf frontal, contrairement à ce qu’on lui a fait dire.
I propos des blessures de l’oreille, il nous fournit quelques observations res de balles perdues dans le rocher, sans qu’elles aient déterminé d’ac-
[ 1. Nousciterons,en passant, l’observation bien remarquable d’une portion de cuir chevelu I nie de ses cheveux engagée entre la dure-mère et le crâne. Elle avait été détachée par R coup de sabre et on dut la dégager par la trépanation.
cidents, cl dos exemples de fractures de l’apophyse mastoïde par balle. A propos des fractures des mâchoires, il insiste sur la gravité bien différente de : celles des deux maxillaires. Il a tenté une restauration du plancher buccal.!
Dans les plaies de la trachée, il préconise la suture des téguments et non celle de ce canal, procédé en somme peu recommandable. 11 étudie! longuement les plaies de poitrine. Nous ne nous y arrêterons que pour signaler sa pratique qui consistait à laisser la poitrine ouverte. Il avançait pour la justifier que la blessure donnait issue aux liquides épanchés et favorisait l’expulsion naturelle des corps étrangers, en particulier de l’escarre qui tapisse le canal de la plaie pulmonaire. Se basant} sans doute sur la pratique de Gérard, il recommande d’abord d’aller} à la recherche des corps étrangers intra-pulmonaires, conduite hardie, qu’à son sens le danger de leur séjour autorise, mais bientôt il revient) sur son précepte et lui enlève toute portée1.
La lecture du chapitre qu’il consacre aux plaies du cœur mérite d’êtrq recommandée; on y trouve, entre autres, des observations curieuses c*B personnelles.
Son étude des plaies de l’abdomen, qui ne renferme rien à signaler2 3 est suivie de celle des plaies des organes génitaux. Ses remarques les plu-G intéressantes sur les résultats consécutifs de ces dernières blessures avaient été déjà faites par Jobert. L’incision du sphincter anal qu’il recomt mande dans les plaies du rectum n’était pas plus originale.