‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 181 sur 460 · PAILLARD · texte numérisé non relu

PAILLARD

Dupuytren faisait alors rédiger sous ses yeux par ses collaborateur habituels, les Drs Marx et Paillard, ses Leçons de clinique chirurgicale s les blessures de guerre, et fidèle à la méthode suivie en clinique, il chercha à appuyer les préceptes avancés d’observations intéressantes et autant qui possible personnelles.

Les lointains événements de 1814, la Révolution de 1830 lui avaier permis d’étudier les lésions produites par les balles, mais ils ne lui avaierj laissé que peu d’exemples de blessures par gros projectiles. Paillard chefi cha à combler cette lacune. Il se rendit au siège d’Anvers pour y faire inoij son de faits. Il n’y arriva que la veille de la reddition de la place. Mais, grâcj à la bienveillance des chirurgiens militaires français et belges, il put stl journer dans leurs hôpitaux, y voir les blessés, transcrire l'histoire (

1. On trouve daus ce chapitre un cas curieux de guérison d'un blessé qui eut la p< trine traversée par un bisca'ien et un exemple remarquable de plaie de l’œsophage, p. 3J

2. Nous pourrions y relever des erreurs : Dupuytren avance avoir vu beaucoup de bail traverser l’abdomen sans blesser aucun viscère, beaucoup de balles devenir dans la vessp le point de départ de calculs, tout comme il avait vu les cavités thoraciques traversées sa I qu'aucun organe ne fût atteint (p. 380). Ces allégations singulières portant sur des fa I tout exceptionnels ne pouvaient être passées sous silence, p. 483.

3. Relation chirurgicale du siège de la citadelle d’Anvers, par Alexandre Paillai) Paris, 1833.

H. LARREY

ces derniers avec les remarques de nos chirurgiens, et les détails des pra- ! tiques suivies. Nous insisterions davantage sur cette relation, d’ailleurs [ bien présentée, et assez riche de matériaux, s’il n’allait pas de soi de reporter l’honneur des observations et des succès qu’elle rapporte à ceux-là même à qui ils appartenaient de droit et qui les avaient achetés souvent iu prix de réels dangers.

La Relation de Paillard, reproduite en grande partie dans les Leçons cliîiques de Dupuytren, ne ressemble pas à celle de 11. Larrey dont nous .lions parler : c'est moins l'exposé des laits recueillis que des chapitres •courtés de chirurgie de guerre appuyés sur les écrits antérieurs et dans e cours desquels se développent les cas colligés à Anvers. Nous nous conenterons de rappeler ici qu’on y trouve l’exposé de quelques cas intéresants empruntés aux chirurgiens belges dont il n'est point question dans r e travail de H. Larrey.

H. LARREY1

En novembre 1832, un corps français, composé de cinq divisions d’inmterie, de deux divisions de cavalerie, de troupes du génie, d’artillerie, îettail le siège devant Anvers défendu par une garnison nombreuse de solats hollandais. Le corps expéditionnaire était accompagné, outre de ses lédecins de régiment, de huit chirurgiens-majors ayant à leur tête Zinck, dix aides-majors, et de trente-huit sous-aides2.

La tranchée est immédiatement ouverte, sans lutte préliminaire, conciliée sous un feu violent de la place, sans que les assiégeants ne fussent quiétés par de fréquentes sorties. Bientôt la garnison que ne protègent plus les remparts démolis par l’artillerie est obligée de céder la citadelle se rend sans avoir subi d’assaut. En raison de la nature îs opérations militaires, nos pertes et celles des assiégés devaient être u importantes. Nous ne comptions que 700 blessés hospitalisés et 1 0 morts et les Hollandais 330 blessés et 200 tués. Mais cet ensemble de essés présentait des lésions de même ordre, rarement observées en nmpagne avec la même fréquence, c’est-à-dire des blessures par gros ojectiles et leurs éclats. Le petit nombre même de ces blessés3, leur en- ;e rapide dans les établissements sanitaires, le nombre relativement conlérable des chirurgiens appelés à les soigner, la proximité et la bonne stallation des hôpitaux expliquent que cette courte lutte ait pu fournir

H. Larrey les éléments d’une relation instructive, à laquelle la nature

I. Histoire chirurgicale du siégé de la citadelle d'Anvers, par II. Larrey, Paris, 1833, mecueil de Mémoires de médecine militaire, 1833.

- 2. Zinck était un ancien collaborateur de D. Larrey. Son expérience, qui datait de l'exlition d Egypte, s’etait agrandie successivement pendant toutes les grandes batailles de aipire. Zinck fut premier professeur de l’hôpital militaire d’instruction de Strasbourg. 1 Mémoires de médecine militaire, t. IV à XII, renferment de lui un assez grand nomd'observations. Le chirurgien -major Forget, opérateur habile, était, sous la direction Zinck, chargé du service important de l'ambulance principale dite de réserve. H. Larrey it à 1 ambulance de tranchée; Letullc, chirurgien-major, était également à la tète d’une balance de tranchée dans laquelle servait Michel Lévy. Seutin et Gosué recevaient à >pital de Bruxelles nos blessés évacués.

3. Chaque jour en fournissait assez régulièrement une trentaine.

spéciale des blessures observées réservait alors une place à part dans les! écrits de chirurgie de guerre.

L 'Histoire chirurgicale du siège de la citadelle d’Anvers ressemble à lai Relation des événements de 1830 comme esprit, comme méthode et comme forme. Avant tout, H. Larrey a voulu être historien consciencieux, précis, complet. 11 nous donne d’abord un aperçu, utile à consulter, sur l’organisation chirurgicale de l’armée, ses ambulances, les évacuations, les rap-j j ports des chirurgiens français avec les chirurgiens belges (dans les hô- j pitaux desquels le Gouvernement français avait voulu qu’on dirigeât nosj blessés); il résume, sous forme de considérations générales, les remarques! des chirurgiens chefs de service et les siennes propres sur les blessures dut siège, sur les épouvantables mutilations produites par les gros projectiles! ou leurs éclats et sur leurs accidents immédiats et consécutifs; il rappelle}) les pratiques suivies. Après cet exposé général, il fournit une série relati-t vement considérable de lésions de chaque région principale, de la lêtejj; du cou, de la poitrine, de l’abdomen, de la région dorsale, des memr bres, enfin il détaille les opérations importantes, les amputations et les réfi sections pratiquées.

Débridement préventif, extraction primitive des corps étrangers, arrêt des hémorrhagies par la compression ou la ligature, pansements au styrax ■

au cérat ou avec des linges mouillés, immobilisation des fractures par les appareils à fanons et à attelles sans inamovibilité, toutes ces pratique suivies par les chirurgiens d’Anvers ressemblent trop à celles des devan cierspour nous arrêter. Dans les plaies de tête, ils proscrivent à peu prè totalement le trépan, bien qu’ils aient eu souvent à soigner des enfonc ments assez considérables du crâne. Pour les plaies de poitrine, le traitemem antiphlogistique, la réunion des plaies, les pansements rares, le repo parfois la suture; pour les plaies abdominales, des pansements simples. 1 rapprochement des lèvres de la plaie par la suture, les bandettes aggl tinatives ou la position, l’application de cataplasmes laudanisés, les lav ments, l’usage interne de l’opium, telle était la thérapeutique chirurgical adoptée. Elle ne se distinguait, comme l’on voit, de celle des anciens p aucun trait saillant.

Ce n’est point le lieu de passer en revue ici toutes les observations c rieuses et dignes d’être citées que renferme cette Relation; nous ne po vons cependant oublier de signaler un certain nombre des faits tels de nombreux exemples de plaies de tête avec enfoncement par grc projectiles, de lésions de la poitrine, de l’abdomen et de la colonne verte braie, des cas rares de luxations de l’épaule, du genou, de la clavicule pre duites parle choc de boulets, des exemples de fractures transversales ave ou sans fêlures que H. Larrey se contente malheureusement de signaler san y insister, des observations d’ablation des membres avec section des plu grosses artères sans hémorrhagie primitive1, enfin des cas de blessure a gros vaisseaux veineux. Nous ne pouvons résister au désir de rappeler tri] sommairement ici les trois observations suivantes, qui eussent méritée devenir classiques.

Sur un voltigeur atteint à l’aine par un éclat d’obus, l’extraction du project il

\ Dans un cas, les deux fémorales avaient été sectionnées.

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