‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 182 sur 460 · II. LARREY · texte numérisé non relu

II. LARREY

i [Ui sans doute bouchait l’orifice du vaisseau, fut suivie d’une hémorrhagie des dus abondantes. Elle était fournie par la veine iliaque externe ou la terminaison 1 le la veine fémorale. La compression ne mit pas à l’abri de récidives hémorrhapques et le blessé succomba rapidement.

Autre fait :

l’n sergent du génie présente un cas remarquable de contusion des vaisseaux émoraux. Elle eut pour résultat immédiat d’amener le refroidissement subit du gros ■prteil. Celui-ci devint instantanément insensible à la pression et présenta une teinte ; vide, bleuâtre. L’autopsie démontra des lésions intéressantes sur lesquelles nous \ ^viendrons plus loin.

La dernière observation est unique :

Une cantinière fut frappée dans le ventre par un coup de feu. Le foie fut tra- ; ersé et la veine cave ouverte au niveau de la douzième vertèbre dorsale. Cette iinme vécut cependant quatorze heures. Elle était enceinte de huit mois. A peine vait-elle rendu le dernier soupir, que le chirurgien-major Letulle fit l’opération ésarienne, mais il ne retira qu’un enfant mort depuis quelque temps.

Fidèles aux doctrines des chirurgiens du premier Empire, ceux qui assissent au siège d’Anvers firent assez large part, nous pourrions dire une trop durge part, à l’amputation *. Ils montrèrent, comme leurs devanciers qui Avaient été aussi leurs maîtres, une préférence très marquée pour l’ampudion primitive. Leurs succès, durant cette courte et, en somme, peu laboeose campagne, semblaient d’ailleurs justifier cette préférence. C’est ainsi ue la réunion par première intention qu'ils recherchaient, suivant les mdances du temps, leur réussissait presque toujours : leurs amputations e cuisse étaient guéries en dix-huit, à vingt-trois jours! Cinquante-sept mputés primitivement ne leur donnèrent que huit morts, et cependant >dns ce nombre figuraient douze amputés de la cuisse, vingt de la jambe, suf du bras, huit de l’épaule 1 2!

Par contre, sur huit amputations consécutives, ils comptaient cinq orts. Si l’on songe qu’ils étaient privés de nos ressources actuelles en latérielde pansement, que, d’un autre côté, l’extrême gravité des traumasmes pour lesquels ils amputaient aurait pu suffire souvent à compromettre le succès de leurs interventions, on ne saurait trop faire ressortir que leur pratique avait d’heureux. Nous ne devons pas, quant à nous, perdre de vue; elle viendrait, au besoin, à l’appui de l’opinion bonne à tenir lorsque la nécessité nous impose ses lois, que les antiseptiques 11e >ntpas indispensables pour assurer la réunion immédiate des amputations.

Après une hémostase complète, aussi bien artérielle que veineuse, suimt en cela les préceptes de D. Larrey, les chirurgiens fixaient le plus mirent leurs lambeaux par quelques points de suture, d’autres les rapproîaicnt dans l’intervalle par des bandelettes agglulinatives 3, les compri-

1. C'est ainsi qu’on eut recours à ce mode d’intervention dans presque toutes les fracres du fémur, dans le plus grand nombre de celles du bras, de la jambe et dans •esque toutes les fractures articulaires. L’amputation fut de règle aussi dans les ablations ■a membres par gros projectdes.

2. Toutes ces opérations comportaient : 12 amputations primitives de la cuisse, morts : 2 ; de la jambe, morts : 4 ; 5 de l’avant-bras, morts : 0; 9 du bras, morts : 1 ; 3 de l’épaule,

orts : 0, etc.

3. Le chirurgien-major Forget avait imaginé un moyen ingénieux de donner de l’ex-

niaient mollement dans toute leur étendue pour assurer une coaptation exacte, et, eu terminant, recouvraient le moignon d’un pansement simple mais bien contentif. Les lils à ligature faisaient l’office de drains1.

Zinck et Forget ont fait subir au manuel de certaines amputations quelques modifications que nous ne pouvons passer sous silence. Forget a pratiqué plusieurs fois, par la méthode circulaire, l’amputation de l’avantbras, tout près du coude, en laissant l’olécrâne qu’il sciait à la base, et en enlevant la petite tète du radius 2, renouvelant ainsi au membre supérieur ce que Larrey avait fait au membre inférieur. Une autre fois, Zinck, au dire de Paillard, fit la section de l’humérus dans les condyles, en conservant l’olécrâne. Son blessé guérit3.

Forget, sur un blessé chez lequel un éclat de bombe avait fracturé l’humérus très comminutivement, en enlevant en même temps toutes les parties molles qui recouvrent l’articulation scapulo-humérale, et aux dépens desquelles on taille les lambeaux dans les procédés classiques de désarticulation, emprunta aux faces interne et postérieure du bras, les seules intactes, les parties molles nécessaires pour recouvrir la cavité glénoïde. Il donna à ce procédé de nécessité, bon à retenir, le nom ù'omoplcistie. Les lambeaux purent être réunis par la suture entrecoupée et le blessé guérit très rapidement.

Quelques résections importantes furent faites également au siège d’Anvers. Le chirurgien-major Forget fit le premier, à notre connaissance, et de parti pris, des résections de côtes pour des traumatismes. Des deux blessés qu’il opéra et qui avaient été frappés par des éclats d’obus, le premier présentait, à la paroi thoracique, une plaie contuse et déchirée de la largeur de la moitié de la main, avec fracture esquilleuse des cinquième, sixième et septième côtes. Le poumon, lésé, sortait et rentrait alternativement par la brèche faite à la paroi. Forget enleva les esquilles, réséqua les fragments angulaires des côtes dans une certaine étendue, rapprocha les bords de la plaie qu’il rafraîchit, et les réunit même par quelques points de suture. Il n’y eut point d’hémorrhagie par les artères intercostales4, ce qui semble indiquer qu’il eut soin de dénuder très soigneusement les côtes, comme nous le faisons actuellement dans nos opérations d’Estlander. Ce blessé succomba, mais un autre, sur lequel il répéta la même opération, guérit. Les faits de Forget méritaient d’être rappelés.

Le même chirurgien Forget, après une amputation de Chopart, réséqua une partie du calcanéum.

tensibilité aux bandelettes agglutinatives. Ce moyen consistait à interposer et à fixer aux deux bouts de chaque bandelette de petites lanières en gomme élastique au nombre de trois, quatre ou cinq et séparés les unes des autres de manière à laissera jour la plaie avec laquelle on les avait mises en contact. O. c., p. 373.

1. Moins par principe que dans le but de faire une comparaison entre les réunions primitives et secondaires, ils laissèrent parfois leurs plaies d’amputations ouvertes pour les réunir ultérieurement après bourgeonnement; mais l'expérience leur démontra assez vite l’avantage des réunions primitives (lesquelles n’exposaient le blessé ni aux douleurs, ni aux inflammations suppuratives et à leurs accidents) pour qu’ils n’aient pas cru devoir continuer à persister dans la première voie suivie.

2. Paillard attribue à Zinck ce procédé; H. Larrey, à Forget.

3. Cette façon d’opérer, disait-il, lui donnait un moignon plus petit et une cicatrisation beaucoup plus prompte. (Paillard, o. c., p. 100.)

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