‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 19 sur 460 · ü. c., page · texte numérisé non relu

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MARTEL ET DAUGARON.

5° Un sieur de Commelles avait imaginé et les empiriques employaient communément avec succès une décoction dont Joubert apprécie la valeur dans la Censure de deux opinions touchant les écrevisses requises en la recepte delà décoction pour les arquebusades1 . Les écrevisses très recommandées par Paré étaient depuis un temps immémorial utilisées dans le traitement des plaies et la vogue de ce singulier remède, est conservée môme jusqu’au xvnPsiècle.Onleur attribuait des qualitésantivénéneuses et reconstituantes. La décoction de Commelles, à base de vin blanc, en renfermait ainsi que des sucs de plantes astringentes. Les blessés en buvaient le matin et toutes les six heures en lavaient largement leurs plaies. La méthode faisait merveille; les succès étaient indiscutables. Joubert, consulté à leur sujet, se garde de nier l’évidence, mais il reporte presque tout l’honneur de ces heureux résultats à une pratique employée concurremment. Ce qu’il en dit est si judicieux et si contraire aux idées du temps que nous croyons devoir le citer.

«Ces empiriques nourrissent bien et donnent ce breuvage aux blessés transis et affamez. L’abstinence à laquelle on les condamne de leur fièvre, les mine... le membre n’engendre que excrement et ordure à cause de sa faiblesse... dont procèdent nouveaux abcez, lesquels on rapporte à quelque fluxion d'humeurs à raison de laquelle on ordonne encore plus grand diète ou abstinence qu’au paravant et fait-on user au patient toutes viandes sèches pour consumer ces humeurs. Mais, au contraire, de leur intention, tant plus on affame le corps, tant plus se font d’abscez et le malade bien souvent meurt enfin transi et ethic ce qu’on attribue à la cacochymie. C’est donc à faute de nourriture que tout cela advient ainsi que monstre bien le succez de la curation quand les empiriques viennent à les remettre aux bonnes viandes qui humectent substantiellement et au vin qui aide à la digestion , fortifie la chaleur naturelle et refect les esprits 2. »

MARTEL et DAUGARON (1570)

Martel, chirurgien ordinaire de Henri III et plus tard de Henri IV qu’il accompagna dans les guerres du Dauphiné, de Savoie, du Languedoc et de Normandie, et Daugaron, chirurgien ordinaire de Henri III, nous sont connus parleur discussion, qui fit quelque bruit, sur les avantages et les inconvénients de l’emploi de l’eau simple dans le traitement des plaies d’armes à feu3. C’était alors une question palpitante d’intérêt.

Daugaron est le défenseur convaincu des pratiques habituelles, Martel le partisan résolu de l’efficacité de l’eau pure et froide que des empiriques employaient alors communément de préférence aux suppuratifs.

Pour Daugaron, un même topique ne saurait convenir aux exigences du traitement d’une plaie telle qu’on la concevait alors d'après les anciens. Au début, l’eau peut bien empêcher la fluxion des humeurs, et parle fait être utile, mais à la deuxième période, elle prévient la suppuration, ce qui

1. De la Décoction du sieur de Commcllc pour toutes plages et ulcères, nommément des arebusades, 3a édition.

3. S’il est possible de guérir un arc-busa.dc aoecque de l'eau simple et froide in Sentence de ileux belles questions de chirurgie. Traité des arebusades du Laurent JJoubeut,

t. III, 30 pages.

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