‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 21 sur 460 · DUC II E S X Ë · texte numérisé non relu

DUC II E S X Ë

« Il est des gens, répond-il à Dionise, qui ont la cervelle lemcte en écarlate, et qui, une fois qu’ils ont chaussé une opinion, ne veulent plus la quitter. Us mettent toujours en avant la coustume, et moi je croy que c’est une espèce de tyrannie d’alléguer seulement la coustume, si elle n'est pas appuyée de quelques raisons. Je dis donc, encore une fois, que j’ai traicté plusieurs playes avec l’eau seule, et estant aux armées, dépourvu de tout autre remède, et en ay veu des succès très heureux. D’en dire la raison, je n’en suis pas tenu. Mais je pense qu’un des principaux moyens pour haster la guérison des playes, est de les tenir bien nettes; or est-il que l’eau les netoye et déterge bien fort. L’eau, par sa froideur, empesclie l'inflammation, tempère l’ardeur des humeurs, etc. 1 »

Le nom de Martel reste donc, avec celui de Joubert 2, attaché à l’emploi de l’eau en chirurgie d’armée, topique qui va rester désormais dans notre pratique, qui jouira parfois d’une grande vogue et dont la défense constituera pour les réputations de Lombard, de Percyet de Baudens de réels litres.

DUCHESNE ou QUERCET ANUS (1576)

Duchesne était à la fois poète, seigneur, conseiller et médecin du roi Henri IV. On le connaît plus sous son nom latin de Quercetanus que sous son nom français de Duchesne. 11 se faisait appeler encore seigneur de la Violette, baron de Morencé et de Lyserable. Il était d’Armagnac-en-Gascogne.

Gui Patin en parle dans ses lettres (lettre XXXI) en termes peu édifiants. « Il mourut cette année, dit-il, un méchant pendard et charlatan qui en a bien tué pendant sa vie et après sa mort parles malheureux écrits qu’il nous a laissés sous son nom et qu’il a fait faire par d’autres médecins chimistes de çà et de là.» Duchesne était en France le principal apôtre de la doctrine de Paracelse, c’était un partisan de l’antimoine. Il n’en fallait pas tant pour que Gui Patin exerçât sa verve à ses dépens.

Il a beaucoup écrit et ses œuvres ont été traduites pour la plupart à l’étranger. Nous n’avons à juger ici que son Traité des plaies d’armes à feu 3.

C’est le livre d’un bon auteur, d’un homme d’expérience qui a pratiqué aux armées.

Duchesne, comme la plupart des écrivains d’alors, s’étend complaisamment sur le sujet si controversé, partant, si palpitant d’intérêt, de la nature envenimée ou non des plaies d’armes à feu. S’il reprend à Paré, à Botal, à Joubert leurs arguments pour réfuter l’opinion de Vigo et de Ferri sur la vénosité communiquée par la poudre, il n’en admet pas moins cette vénosité; mais, pour lui, c’est la balle qui communique à la plaie ces qualités nocives. Il croit que les métaux, « au moyen de trempes diverses, s’abreuvent de qualités contraires à la leur, qu’on peut incorporer à la substance de la balle des eaux mercurielles, des jus d’herbes vénéneuses »

1. Apologie pour les chirurgiens contre ceux qui publient qu’ils ne doivent se mêler de remettre les os rompus et démis... et paradoxe sur la pratique de la chirurgie. Paris, in-12, avec la Chirurgie rationnelle de Piiimppe F les s elle.

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