‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 22 sur 460 · Joubert, Traite des eaux, -1 570, in · texte numérisé non relu

Joubert, Traite des eaux, -1 570, in

3. Traicté de la Cure générale et particulière des arebusades avec l’antidotairc spargirique pour préparer et composer les médicaments, par Joseph Duchesne. (En latin, Lyon, 1576, in-8o, 280 pages. Traduit en français, 1576 et 1600.)

au moment de la fonte. La chose n’est pas habituelle, dit-il, mais elle peut se présenter et dans ce « siècle pervers » ce sont sur tout les halles destinées aux princes qui subissent ce genre de contamination. Et pour répondre à l’argument déjà adressé à Vigo, à savoir que la chaleur développée par la poudre peut détruire l’effet des substances vénéneuses surajoutées à la balle, il emprunte à Paré et à Joubert eux-mêmes cette donnée que la chaleur développée par la poudre n’est pas suffisante pour élever notablement la température de la balle.

Quant à la brûlure, si elle ne lui paraît pas pouvoir être admise pour le tir éloigné, elle lui semble indiscutable pour le tir de près. « J’estime, dit-il, et M. Joubert me confessera pour le coup de pistolet tiré de si près ce qui est maintanant tout ordinaire , que les accoustremens en sont bruslés entièrement, et ce, par le seul moyen de la poudre enfammée, laquelle on void sortir hors du calibre de la dite pistole. »

L’aspect des plaies, leur teinte blafarde, l’absence d’hémorrhagie, sont pour lui, comme pour les médecins italiens ses contemporains, l’indicé de leur empoisonnement. La coloration violette, irisée de la belle, la fumée noire obscure qui se dégage du plomb quand on le fait fondre, lui fournissent encore des arguments en faveur de cette vénosité.

Partisan de l’empoisonnement des plaies, comme il l’était, il ne pouvait rejeter complètement l’emploi de l’huile bouillante, mais il faut le reconnaître, il s’en montre peu enthousiaste et leur préfère des moyens plus doux pour ses premiers pansements, la térébenthine, le basilicum,le beurre d’arsénic, etc. Les scarifications, les ventouses, appliquées sur la plaie, les emplâtres attractifs, les potions cordiales, les épithèmes sur le cœur, tous ces moyens vantés parles anciens pour attirer le venin ou en combattre les effets, sont utilisés par lui. Les topiques qu’il emploie pour les pansements ultérieurs appartiennent à la pharmacopée de l’époque que nous connaissons déjà. Duchesne, qui avait écrit un Traité de pharmacie, se serait bien gardé d’ailleurs de ne pas suivrela tradition.il est cependant accessible au progrès, car il recommande l’eau pure dont l’usage était, comme nous l’avons vu également, tombé aux mains des empiriques.

Après une longue discussion sur la nature des plaies d’armes à feu, il s’occupe: 1° de leur cure générale, 2° de Y opération manuelle. La première, naturellement, prend beaucoup plus de place que la seconde, car Ducbesne est avant tout médecin et les questions d’art chirurgical le préoccupent moins que les questions d’hygiène et de médecine. A propos du régime de vivre, il renouvelle les préceptes de Joubert. Il veut que ce régime se rapproche autant que possible de celui de l’état de santé, il diminue les aliments verslafin de la cure, met son blessé à la diète quand il a de la fièvre, emploie largement la saignée et les purgatifs. Citons cette remarque d’hygiène : « qu’il ne faut pas laisser les blessés sur les lieux où l’armée a séjourné longtemps. »

Nous ne nous arrêterons pas à son traitement des hémorrhagies, il est banal; ses préceptes pour l’extraction des corps étrangers sont renouvelés de Paré. Comme lui, il ne veut pas qu’on s’opiniâtre trop à les rechercher. On trouve dans ce chapitre cette singulière recette pour attirer les balles profondes : l’application « d’une langue de renard arrachée à temps opportun ».

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