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vre leurs travaux d’approches. Quant aux Russes, décimés par le choléra j et le typhus, épuisés parles privations et les mômes fatigues, ils accusaient ! une mortalité plus épouvantable encore. Le retour du printemps améliora j
peine, de part et d’autre, l’état physique des troupes.
Pendant ce temps, l’armée d’observation dégageait à Inkermann les An- I glais aux prises avec des forces considérables et sans cesse renouvelées. [ Le nom significatif d 'abattoir, donné à une faible étendue du champ de Si bataille, désigna longtemps dans la bouche de nos soldats, cette tuerie , où les Russes laissèrent 5 000 morts, plus de 9 000 blessés et qui coûta aux troupes alliées plus de 5 000 blessés et tués. Le môme jour, sur d’autres L points, les assiégés étaient encore repoussés et poursuivis jusque près des | murs de Sébastopol. Pendant la période comprise entre l’investissement et , la prise de la place, la même armée d’observation prend part à des luttes 1 très meurtrières parmi lesquelles il faut citer : le combat d Eupatoria, la j sortie du 22 mars, la prise du mamelon Vert etdes ouvrages blancs (6 juin 1855u| qui, en quelques heures, fournissent aux ambulances 4 363 blessés près- j que tous frappés à bout portant, l’attaque infructueuse de Malabo ff et des ;| Redans (18 juin), qui nous donne encore plus de 4 000 blessés et 4 979 aux I Russes, la bataille de la Tchernaïa ou de Traktir , dernier effort des Russes o en dehors de leurs murs, où nous perdons 1200 hommes et où nous re-d cueillons 1 700 blessés russes.
En juillet 1854, les travailleurs du corps de siège, qui n’avaient guère; j commencé leurs parallèles qu’à 700 ou à 800 mètres, n’étaient déjà plus sé-f| parés de la place que de 80 à 100 mètres. Le feu incessant des canons de lad ville et des forts, les fréquentes sorties de l’assiégé qui pénétrait à tout jj instantdansles tranchées, causaientdansnos rangs des pertes sensibles. Sous jj la vive impulsion du maréchal Pélissier, les travaux sont poussés avec la j dernière énergie. Le 3 septembre, la tranchée est à 25 ou 30 mètres de Ma-ji lakoff, à 40 mètres du Petit Redan, à 50 mètres du bastion du Mat, à 70 mè-fj très du bastion central. Les Anglais sont à 200 mètres du Grand Redan. Lei.'j feu, presque à bout portant, est écrasant. Chaque jour nous coûte 150 bles-G sés ou tués et les Russes, obligés d’entretenir dans leurs ouvrages des forcesi;j suffisantes pour résister à un assaut, éprouvent par nos feux convergents i des pertes qu’on évalue à 2 000 hommes en vingt-quatre heures1. Quelques! jj jours plus tard, l’armée reçoit l’ordre de se préparer à l’assaut.
Cet ordre, qui représente pour le soldat la fin de ses misères, est accueilli!'! avec transport. L’assaut du Grand Redan est réservé aux Anglais; à nos™ troupes incombe la lourde tâche d’enlever de vive force Malakoff, au centrejj le Petit Redan et le bastion central à droite.
A midi, la lrc division sous les ordres du général de Mac-Mahon franchit]! avec un entraînement irrésistible, sous une pluie de mitraille et de balleslanj; céesàbout portant, les quelques mètres qui la séparent de la brèche; elle! pénètre dans Malakoff et la mêlée à un moment donné est si compacte qun l’emploi du fusil est impossible. Crosses de fusils, pioches, piquets de gaj; bion, éclats de projectiles, pierres, tout ce qui se trouve sous la main, devient arme offensive et défensive1 : l’ennemi est refoulé après d'incroyables I efforts; bientôt il revient avec trois colonnes profondes de troupes fraîjl