‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 216 sur 460 · GUERRE DE CRIMÉE · texte numérisé non relu

GUERRE DE CRIMÉE

ehes, et tente un nouvel assaut, mais ses efforts s’épuisent contre la résistance de nos soldats. Les fossés de Malakoff remplis de morts et de blessés, les monceaux, de cadavres qui recouvrent les abords du fort du côté de Sébastopol où les efforts renouvelés do l’assiégé viennent se briser contre la vigueur des nôtres, attestent la fureur de cette épouvantable lutte1. Au même instant d’autres colonnes d’assaut s’élançaient à l’attaque du bastion H central, et déjà elles étaient maîtresses du terrain quand le sol miné sur le- » | quel elles se précipitent fait explosion. Nos soldats, lancés dans l’espace, retombent mêlés aux décombres. Après plusieurs essais infructueux, les troupes se résignent à la retraite sur ce point. Du côté du Petit Redan, elles r j pénétraient jusqu’à la deuxième enceinte, mais arrêtées par des forces con- B sidérables, l’arrivée de réserves imposantes, les feux des forts du Nord et iJa mitraille des bâtiments du port, elles se retirent et, après deux retours offensifs, se maintiennent dans les fossés.

Les Anglais enfin échouaien t également à l’attaque du Grand Redan dans lequel ils s’étaient maintenus pendant une heure contre des forces supérieures. Après la prise de Malakoff qui dominait Sébastopol, les Russes évai cuèrentla ville. Ce succès, qui décidait diusort de la campagne, nous coûtait près de 2 000 tués et 5 000 blessés ; aux Anglais, plus de 2 000 tués et blessés ; aux Russes, près de 13 OOOtués et blessés ; soit en tout plus de 22 000 hommes.

Nos ambulances de Crimée comptaient alors 1-4 447 malades et blessés (8 665 blessés, 3 800 fiévreux, 1 488 scorbutiques, 489 cholériques et quelques typhiques), et dans ce moment critique nos médecins d’ambulance n’étaient que quatre-vingts ; il était impossible de distraire un seul médecin du ■service régimentaire, car ce personnel était déjà insuffisant2 et les évacuations sur Constantinople étaient presque impossibles!

La partie active des opérations était terminée et avec elle s’effaçait le :rôle chirurgical des médecins de l’armée quand les épidémies qui avaient ■signalé le début de cette campagne si meurtrière reparaissent à la fin et ■sévissent avec la même violence. Des responsabilités terribles pèsent sur ceux qui n’ont su ni les prévenir ni les combattre et l’exemple des Anglais qui, à côté de nous, n’avaient pas à déplorer les mêmes désastres ne

I; permet pas d’y échapper.

Après la prise de Sébastopol, les troupes désarment d’abord les batteries H' de siège, établissent ou entretiennent 100 kilomètres de route et pour se pi mettre à l’abri de retours offensifs de l’ennemi, contruisent les lignes de » défense de Kamiesch et s’abritent derrière une ligne de retranchements de | 50 kilomètres. Elles fournissent ensuite chaque jour les grand’gardes aux avant-postes; tenues en haleine par d’incessantes alertes, elles ne trouvent pour abris, aux heures de repos, que des tentes ou de misérables gourbis en torchis, alors que le thermomètre oscille entre 8 et 12 degrés et atteint souvent jusqu’à 22 au-dessous de zéro. Les congélations reparaissent avec une nouvelle fréquence yen décembre 1855, on compte 1 496 congelés qu’on évacue sur Constantinople; le scorbut révèle l’altération profonde de ceux qui avaient résisté jusque-là aux fatigues et aux misères du siège, et accuse | 1 influence pernicieuse d’une nourriture insuffisante et grossière; enfin le

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