DUC II K S X E OU QUEUCKTANUS
Il est convaincu que l’air est contraire aux plaies, aussi veut-il qu’aussitôt que possible on les soustraie il son contact.
Dans son chapitre des cures particulières des arebusades , selon la diversité des parties offensées et des accidents ou symptômes qui surviennent, nous avons à relever des opinions très catégoriques, très formelles sur l’abus des amputations dans les cas de fractures des os des membres par coup de feu. 11 réduit les indications de l’opération à une seule : le sphacèle du membre, faisant ainsi revivre les préceptes hippocratiques pour la pratique de la chirurgie d’armée et dépassant dans la voie de la conservation ses plus chauds partisans du xvmc siècle et nos contemporains. C’est son chapitre le plus intéressant.
Frappé durant les campagnes auxquelles il assista, des résultats fournis par la conservation de membres atteints de fractures très comminutives avec dilacération des parties molles, entre autres du cas « d’un gentilhomme qui avait eu l’avant-bras brisé jusqu’au coude et qui guérit, malgré les chirurgiens qui voulaient l’amputer», il avance que :
« Nature estant aidée comme il faut fait de merveilleux effets et trompe le plus souvent le jugement des plus doctes ; aussi doit-on tenter (la curation) avec tous bons remèdes plustùt que désespérant dieelle, coupper du tout le dit membre, chose déplorable, mesme dés le commencement, et la partie n'estant encore mortifiée...
J’eseri ceci, ajoute-t-il, pour donner courage aux jeunes chirurgiens de tenter par tous moyens secourables et souverains remèdes, de préserver quelque partie qui sera ainsi fort otfensée, plustôt que d’essayer dès le commencement la cure par le retranchement d’icelle; laquelle, à mon aduis, ne se doit faire qu’après une certitude de la mortification présente, et ce encore, avec une deue prédiction et protestation. »
Et si on avance que le blessé a plus de force au début, il répond, non sans justesse, qu’on préjuge d’une nécessité que les heureux processus naturels rendent le plus souvent inutile.
Ses préceptes pour le traitement des fractures ne présentent rien de particulier à signaler. 11 s’étend peu sur ce point d'ailleurs et se montre là plutôt médecin théoricien que chirurgien. Il recommande les attelles ou gouttières, « lames de plomb, de cuir bouilly », et rejette les appareils ordinaires employés pour les fractures sans plaies.
Dans son étude des complications des plaies d’armes à feu : douleur, lièvre, convulsions, paralysies, syncope, gangrène, nous ne signalerons que ce procédé singulier d’amputation employé dans les cas de gangrène par un certain nombre de chirurgiens d’alors, « ce qu’aucuns exécutent (l'amputation) sans faire aucune douleur avec un filet d’alun de plume imbu d’huile de mercure sublimé que les autres nomment eau infernale l'y laissant par l’espace de une ou de deux heures1 ».
Son livre se termine par l’énumération des médicaments que le chirurgien d’armée doit emporter avec lui ou savoir préparer : les onguents suppuratifs, détersifs, etc., les onguents pour attirer le venin, combattre les effets des brûlures, les potions vulnéraires usitées en France et en Allemagne (décoction de véronique, cyclamen, d’écrevisses macérées dans du vin blanc, etc.), lesquelles potions devaient varier avec chaque région atteinte. Signalons en passant le grand usage qu’à son dire, les Allemands
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faisaient alors d’une pierre du Rhin appelée Beinbruch pour la préparation de ces eaux vulnéraires.
NICOLAS POCET (1378)'
11 était dans les mœurs scientifiques du. temps, lorsqu’un maître était attaqué pour ses opinions ou ses doctrines, qu’un de ses anciens élèves lequel parfois occupait une assez haute situation, prit sa défense. Il est regrettable que cette solidarité très louable en soi, ait depuis si longtemps disparu. Joubert, pris à parti par Du Chesne que les doctrines de son ancien maître n’avait pas éclairé et qui admettait que les balles pouvaient être envenimées par un long séjour dans des solutions chimiques toxiques ou des infusions de plantes vénéneuses, trouve en Poget un défenseur ardent et convaincu. Poget reproduit les arguments de Du Chesne, puis ceux de Paré et de Joubert, et démontre sans réplique « que si, de prime face, les premiers ont grande apparence, à la touche ils sont trouvés de bas or. »
DALESCIIAMPS (1572) -, I.-M. (compagnon barbier)1 2 3 4 5 6, DE L/V CORDE (1574) FILIOLI (1578) G, COMPARAT (de Carcassonne) (1585) G.
Nous avons vu déjà avec quelle vigueur Le Pauiaiier de Caen avait combattu les idées de Paré sur nos blessures. Son exemple devait bientôt être
1. Apologie de N. Poget, maître en chirurgie de l’Université de Montpellier, chirurgien ordinaire du Rog de Navarre, contre Joseph du Chesne, baron de Morencé et de Lysérable, pour très révérend M. Laurent Joubert, touchant le problème s’il est possible d’envenimer les balles d’arcbouse et que le venin en soit porté dans le corps, 1578, 20 pages, in 3e édition du Traité des arcbusades de L. Joubert. Percy, qui n'a pas consulté cet écrit, donne au nom de Poget une vicieuse orthographe. Il l’appelle Pauget et date son opuscule de 1590.
2. Daleschamps. T. II de sa Chirurgie française. Paris, 1610, in-4°.
3. Discours des harquehousades en forme d'épitre pour répondre à certaines apologies publiées par Ambroise Paré, Lyon, 1572, in 4°, par I.-M., compagnon barbier anonyme sous lequel se cache probablement Daleschamps. Vaidy (article Plaie du Dictionnaire des sciences médicales en 60 volumes), Percy et LAURENT(mème article] ont pris Compagnon pour un auteur de chirurgie de guerre. Cette monstrueuse erreur nous a fait faire de longues et bien inutiles recherches.
4. Nous n’avons pu trouver l'ouvrage de Delà Corde, et c’est sur la foi de Percy (Bibliographie de son Manuel du Chirurgien d'armée et article Plaie cité) que nous l'avons rapproché de Daleschamps. Les bibliographes médicaux et Vaidy (o. c.,) ne citent même pas cet auteur.
5. Le Traité des plages d’ arque busades , etc., de Fillioli (Raymond), d’autres disent Filiol, Paris, 1578, in-8°, est signalé aux indications bibliographiques de Y Histoire de l'anatomie et de la chirurgie de Portal, par Vaidy (Bibliog. de l’article Plaie cité), et par Percy (Bibl. du Manuel cité). Nous n’avons pu le trouver ni à la Bibliothèque de la Faculté ni à la Bibliothèque nationale, et c’est encore d’après les affirmations peut-être inexactes de Percy que nous lui avons attribué une place à côté de Daleschamps. Malgaigne, à qui Percy avait déjà, pour son Histoire de Paré, fait faire d’infructueuses recherches, en fournissant des indications bibliographiques inexactes, lui reprochait vertement de ne pas toujours consulter’ scs sources d’information. Il avait raison. Nous venons déjà de citer de ses erreurs, nous avons à en signaler d'autres, mais nous nous contenterons de rappeler ici qu’il accuse, dans son article Plaie , Riolan d’être un des adversaires de Paré ; c était au contraire un de ses admirateurs, car dans une apologie de. 1577, il fait un éloge pompeux de Paré et oppose ses succès à ceux des médecins de Paris.
6. Nous n’avons pu lire l'ouvrage de Comparât de Carcassonne et c'est encore sur la foi des autres que nous lui assignons cette place.