VALETTE
•lus brillantes que solides, il n’est que deux catégories d’hommes sur lesquels aime s’arrêter, les remueurs d’idées, et les novateurs. Valette appar- , int à la catégorie de ces derniers. Ses études anatomiques et opératoires ni ont permis d’attacher son nom à un procédé aujourd’hui classique de jgature de l’occipitale à son origine et il a eu le mérite de voir très clair ; t très juste dans une étude alors ù peine ébauchée, celle de l’ostéomyélite es amputés et de ses rapports avec l’infection purulente.
La campagne de Crimée lui a fourni matière ù. plusieurs travaux insérés ;ans le Recueil de mémoires de médecine, de chirurgie et de pharmacie militires dont nous ne dirons ici que quelques mots, nous promettant d’y 'venir plus tard1 * * * * * *.
Dans son premier mémoire, s’appuyant sur son expérience personnelle, il étudie la question dos amputations immédiates, du débridemenl réventif, celle des réfrigérants, des émissions sanguines, de l’extraction ■es esquilles.
Pour l’amputation, il demande qu’on préfère dans les cas douteux ntervention primitive à l’intervention retardée. Il ne fait d’exception que >ur les amputations de la moitié supérieure de la cuisse. Il rejette d’une •.çon absolue le débridement préventif, alors même que le projectile a aaversé des régions bridées par de fortes aponévroses. Il avait reçu de •imée 18 cas de coups de feu de la main, 21 cas de coups de feu de uvant-bras, 32 de la cuisse, 27 de la jambe, 11 du pied; dans toutes ces essures, la balle avait percé l’aponévrose d’enveloppe; dans aucune • elles, les médecins de Crimée, soit faute de temps, soit par système, •.avaient pratiqué de débridement préventif, et sur ces 109 blessés, i*. seul avait succombé. Les autres avaient guéri très rapidement sans ; aucun accident sérieux ait forcé le chirurgien à recourir à des débridecents secondaires. Ces faits démonstratifs l’amènent à confirmer la valeur ■s opinions soutenues par plusieurs chirurgiens, lors de la discussion ..idémique de 1848, et à avancer que V étranglement est assez rare après les usures par armes à feu pour que le débridement préventif soit, inutile.
Il repousse également l’emploi des réfrigérants qu’il accuse d’entretenir ;ns les salles une humidité nuisible et dont il montre l’inutilité par les :cès qu’il a obtenus des pansements simples. Ceux-ci lui avaient donné ') guérisons sur 280 blessés.
Les évacuations sanguines, dont certains faisaient encore abus, lui mblent inutiles et nuisibles. Ses idées sur l’extraction des esquilles des corps étrangers ne différaient pas de celles qu’on admettait alors : nmunément.
i. Th. Valette. Documents pour servir à la solution de plusieurs questions relatives
' traitement des plaies par projectiles de guerre, recueillies dans son service sur les
i3®8 * * * * d Alma et d'Inkermann, in Recueil de mémoires de médecine , de chirurgie et de
rmacie militaires, 2e série, t. XV, p. 204.
Mémoire sur V ostéomyélite des amputés, 2° série, t. XVI, p. 230.
-Mémoire sur la congélation des pieds et des mains, 2° série, t. XIX, p. 213.
^Mémoire sur la possibilité de lier l'artère occipitale, à son origine, même recueil.
1 T16’ P' dans ce mémoire, après avoir donné son procédé de recher-
e ce vaisseau, engage les chirurgiens, grâce à la facilité avec laquelle il leur permet
couvrir la carotide externe, a recourir à la ligature de ce dernier vaisseau et de ses
itérâtes rapprochées, dans des cas de blessures du cou, dans lesquels ou croyait
jir s adresser avant lui, à la ligature de la carotide primitive.
Son mémoire sur Y ostéomyélite des amputés, depuis longtemps classique reste encore un des meilleurs qui ait été écrit sur cette question connue ‘ seulement alors par le travail de.Reynaud.
Th. Valette étudie sur de nombreux blessés des batailles de l’Alma et j d’Inkermann les formes aiguë et chronique, les phénomènes généraux, locaux, l’anatomie pathologique, l’étiologie, la nature, la prophylaxie et • le traitement de cette redoutable complication et les décrit avec une S netteté, une précision, une exactitude telles qu’il n’y a rien à retrancher ou à ajouter à sa description. Il fut un des premiers à préconiser les , désarticulations comme traitement préventif et curatif. Il n’admettait d’exception que pour le fémur et le péroné.
Enfin, dans son mémoire sur les congélations, il expose les observations > qu’il a recueillies dans les hôpitaux de Constantinople, sur les congelés» évacués de Crimée pendant les hivers de 1854-1855 et 1855-1856. Il tient grand compte des causes générales qui en ont favorisé le développement; il en décrit bien les degrés, les complications et termine par desu considérations qui ont pour but de préciser les cas dans lesquels il faut! amputer et ceux dans lesquels il faut s’abstenir de l'opération radicale.
En somme, Th. Valette a approfondi un assez grand nombre de ques- * tions importantes de chirurgie d’armée et, à ce titre, il mérite d’être cité i parmi nos bons auteurs.
Après cette analyse des travaux fournis par nos chirurgiens sur la guerre de Crimée, nous avons à examiner les conséquences pratiques qu’ils tirèrent de l’expérience de cette campagne. Nous commencerons par indiquer les résultats de l’observation ou de l’intervention chirurgicales et nous termi-
nerons par l’examen des moyens de secours utilisés pour les blessés et par l’étude rapide des modes d’hospitalisation employés suivant les circonstances variées de la guerre et les ressources du pays.