‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 230 sur 460 · ENSEIGNEMENTS DE LA GUERRE · texte numérisé non relu

ENSEIGNEMENTS DE LA GUERRE

DE

i d’une installation de baraques. Les deux autres dépôts d’ambulance avaient [ été établis dans des grottes d’embuscade enlevées aux Russes, dans le 1 ravin du Carénage et de Karabelnaïa, à l’abri du tir de plein fouet et non I du tir plongeant. Là se trouvaient un chirurgien principal ou major venant | de l’ambulance du quartier général ou de l’une des divisions du corps de L siège, assisté de plusieurs aides-majors ; ils y passaient vingt-quatre heures.

Ces ambulances de tranchée sur lesquelles tous les blessés étaient J dirigés, soit soutenus par des camarades ou des infirmiers, soit portés sur | des brancards ou sur des cacolets, constituaient des centres d’action chi- I rurgicale très actifs. 11 n’était pas rare, dans les grandes actions de nuit, d’y pratiquer quinze à vingt grandes opérations, à la lumière d’une lampe S éclairant de haut, dans des conditions d’installation toutes primitives qui étaient bien faites pour servir à l’expérience des jeunes chirurgiens. Dès : que les pansements ou les opérations avaient été faites aux ambulances de i tranchée, les blessés étaient placés sur des litières ou des cacolets et dirigés Lui Y ambulance centrale du grand quartier général ou sur les ambulances de ! la division désignée. C’était le commencement des misères.

En Crimée, on ne pouvait pas compter sur les ressources locales, pour < .abriter les blessés de ces ambulances qui, par la force des choses, allaient , constituer de véritables hôpitaux temporaires. Aussi durent-elles être installées de toute pièce. Déjà en Turquie, contrairement à l’avis de nos médecins, on avait persisté, pendant la période d’invasion du choléra, à i utiliser les étroites et insalubres maisons turques au lieu de construire des hôpitaux-baraques, à parois de bois et à toit de toile. En Crimée, on ret tomba dans les mêmes errements, et quand on réclama l’installation i< d'hôpitaux-baraques, on répondit par l'envoi de tentes et de quelques rares i baraques. Pendant le rude hiver de 1854 et pendant une partie de l’hiver Le 1855, par des froids de 24° au-dessous de zéro, ce fut sous des tentes . que la plupart de nos blessés furent hospitalisés ! On les couchait au nombre i’ïe huit à dix, sous chacune d’elles, sur des couvertures pliées en double - ju sur des nattes turques1 et on les recouvrait de couvertures coupées en /•deux, « de sorte qu’ils ne furent jamais ni couverts ni découverts » (Chenu). (Pendant ce temps, Y Officiel trouvait que tout était pour le mieux dans les ! ambulances de Crimée, et il n’était pas seul à être satisfait! Par exception,

! l'ambulance du grand quartier général avait été munie de deux baraques •en bois achetées en novembre, c’est-à-dire plusieurs mois après notre ■ arrivée en Crimée. Quelques jours après, un ouragan terrible auquel rien ne résistait (14 novembre) détruisit ces baraques dont les débris servirent à établir des taupinières semblables aux habitations bulgares et vainques, sortes de fosses longues et étroites surmontées d’un toit solide en planches recouvert de terre; nombre de nos ambulances étaient établies sous ces U taupinières.

En janvier 1855, on fit l’essai de tentes-chauffoirs , tentes ordinaires dont i la base reposait sur un mur de pierre d’un mètre de hauteur dessinant I exactement leur périmètre. Elles étaient munies d’une cheminée à l’une J de leurs ouvertures. Mais ces tentes ne furent mises qu’en très petit nombre à la disposition de nos ambulances, et la taupinière et surtout la tente

i. Scrivk, O. c., I). 339.

LA CHIRURGIE MIL. FRANC

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