‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 233 sur 460 · Quesnoy, Notice sur l’armée d’Orient, o. e., p · texte numérisé non relu

Quesnoy, Notice sur l’armée d’Orient, o. e., p

CAMPAGNES DE KABYLIE

30îi

bose est impossible, ce serait l’oubli de nos principes d’hygiène hospitaère les plus élémentaires.

11 nous reste, pour terminer ce qui a trait aux documents fournis par ; guerre de Crimée, à signaler ceux qu’ont laissés les chirurgiens anglais, < rdes et russes. L' Angleterre 1 a résumé l’histoire médico-chirurgicale de tte campagne dans un volumineux travail semblable aux statistiques de îenu, mais qui, établi plutôt d’après les remarques des chirurgiens que après des documents purement statistiques, présente un très grand térêt. Mattuew fut chargé de la réduction de la partie chirurgicale.

Les Xotes de Macleod 2 constituent encore une excellente contribution à chirurgie de guerre. Ce travail est riche d’observations personnelles, îfin Gutiirie3, un des derniers survivants des luttes du premier Empire, a • outé à ses Commentaires, livre à bon droit classique en Angleterre, le réltat de son expérience de la guerre de Crimée.

Ce ne fut qu’assez tardivement que Pirogoff4, dans un traité également classique, a résumé ses remarques et ses observations sur la guerre de imée et que Hubbenet3 a rappelé l’organisation et les actes du service de nté russe pendant la même campagne.

Le manque de médecins et de chirurgiens dans l’armée russe détermina .gouvernement de ce pays à faire appel à des médecins des divers États l’Allemagne et même d’Amérique. Sur les 35 chirurgiens que l’Alle- .•igne envoya, 10 succombèrent. D’après la Gazette médicale russe , 382 mékeins russes seraient morts à la peine pendant le siège de Sébastopol, i ute de mieux, les feldschers rendirent de grands services. On leur confiait ^qu'aux ligatures après les amputations. Les blessés et les malades a dent évacués sur Sympheropol au nombre de 500 par jour, parfois de b >00, sur de lourds wagons à quatre roues non suspendus. Quand la route Sympheropol fut coupée, les évacuations devinrent impossibles, et \ mortalité des blessés et des malades réunis dans la place fut épou- Mtable.

CAMPAGNES DE KABYLIE (1854, 1855, 1 856, 1857

BERTHERAND*

Profitant du départ d’une grande partie des troupes algériennes pour "siège de Sébastopol, les Kabyles, encore insoumis, menacent chaque r de plus en plus la sécurité du territoire conquis (1854). Le maréchal ndon, gouverneur do l’Algérie, réunit bientôt deux divisions, pénètre dans

. Medical and surgical history of tlie british army during the war against Iiussia in year 1854-1836. London, 1858, 2 vol. in-fol.

î. G. Macleod, Soles oit the swrgcry of the war in the Crimea. London, 1858.

Guthfub, Comment 'aries on lhe Surgery of the war, etc. 6° édition. 1855.

• Piroooff, Grundzüge der allgemeinen kriegschirurgie. Leipzig, 1861.

’• Hubbbnbt, Die sanilütsverhiiltnissc der russischen verwundelen wührend des nfeldzuges. Stuttgard, 1871.

I . Campagnes de Kabylie. Histoire médico-chirurgicale des expéditions de 1854, 1856, I 7, par le Dr A. Bertjïbrand, médecin principal de lr° classe, directeur de l’École dé

DELORME

cette région montagneuse alors absolument inconnue, dépourvue de routes réputée inaccessible, habitée par un ennemi très belliqueux et bien décidé à profiter de tous les avantages que la nature lui offrait pour la défense de son sol. En 35 jours, nos troupes livrent 8 combats et occupent le haut Srbciou. Les tribus demandent grâce. L’expédition de 1851 est terminée.

L’expérience si chèrement acquise pendant la première campagne de Constantine, les immenses dangers d’une retraite qui pouvait compromettre notre sécurité en Afrique poussèrent le maréchal Randon à consa- I crer tous ses soins à organiser de la façon la plus solide la colonne expéditionnaire. Le service de santé, à l’égal des autres, fut l’objet de toute sa sollicitude : les ressources en personnel et en matériel furent préparées i à l’avance, les moyens de transport réunis en nombre suffisant, les évacua- t tions prévues, les hôpitaux de Tizi-Ouzou et de Dellys bien aménagés j pour recevoir les blessés évacués de la colonne. Ces dispositifs si favorables; autorisaient déjà nos chirurgiens à espérer de réels succès de leur intervention; d’autres conditions contribuèrent encore à les leur faire obtenir, j Sur leur conseil, les opérations militaires ne furent pas commencées pen dant la période fébrigène ; les troupes qui allaient prendre part à l’expé dition étaient bien acclimatées, habituées à supporter les fatigues inséparables de la vie des camps et leur moral était excellent.

A. Bertherand, médecin principal de lrc classe, chef de l’hôpital du Dey, professeur de clinique chirurgicale et directeur de l’École d’Alger prit la direction du service de santé du corps expéditionnaire. Ses con naissances antérieures, son habileté chirurgicale, le nombreux personne dont il pouvait disposer, le petit nombre de blessés fournis par des com-f bats espacés, l’évacuation ultérieure de la plupart de ces blessés sur l’hôpital du Dey, lui permirent de nous laisser des observations relativemen nombreuses et complètes et de relater des cas qui font honneur à l’activité de nos chirurgiens et à la sienne propre. Les derniers devoirs que h personnel de l’ambulance avait à rendre aux morts l'amenèrent de plus) consigner quelques remarques sur la nature des blessures rapidemen mortelles. La relation de Bertherand est une des meilleures de celles qu nous ont jusqu’ici laissées nos chirurgiens militaires. Cet auteur a su, ave beaucoup d’intelligence et de sage mesure, y unir les descriptions de opérations militaires à la narration des difficultés de fonctionnement d nos services et à l’exposé des cas chirurgicaux intéressants1.

médecine d’Alger, professeur de clinique chirurgicale, membre correspondant de l’Aca démie de médecine, de la Société de chirurgie et de nombreuses sociétés savantes. Pari: 1861, in-8, 331 pages.

1. Bertherand est un des chirurgiens militaires français qui ont le plus écrit. Noi nous contenterons de signaler les travaux suivants :

1° Des pansements des plaies sous le rapport de leur fréquence et de leur rareté. M< moire couronné par le Ministre de la guerre en 1849. Paris, 1851, in-8, 54 pp.

2° Des plaies d’armes à feu de. l’orbite. Paris, 1851, in-8.

30 Campagne d’Italie de 1830, lettres médico-chirurgicales écrites du quartier généri de l’armée, 1860, in-8, 200 pp.

4» Observations recueillies à la clinique chirurgicale de l’hôpital militaire d'instructif de Lille. Recueil de mémoires de médecine , de chirurgie et de pharmacie militaires , lr0 séri t. XLV, p. 255 à 279. - |

5° De la suture dans le traitement des plaies du cou. Même Recueil, lrc série, t. LJ

pp. 232 à 245.

6° Coup de feu de l’orbite , portion de la balle demeurée enclavée dans l'ethmoïde , co

CAMPAGNES DE KABYLIE

Les blessures différaient notablement, en Kabylie, de celles qu’à la ème époque et sur un autre théâtre, la plupart des chirurgiens militaires ançais observaient. Elles étaient produites par de petits projectiles >nds, du poids de 15 grammes, animés en général d’une faible vitesse que le moindre obstacle arrêtait souvent dans les tissus. Un bourrelet illant correspondant à leur équateur et les divisant en deux collets hémihériques, en rendait l’extraction difficile. Ces blessures différaient sount même de celles qu’on avait jusque-là constatées en Afrique et ces fférences s’expliquaient par la position qu’occupait l’ennemi retranché r le sommet de hautes montagnes dont il fallait s’emparer de vive force.

( is en enfilade, nos hommes présentaient des sétons très étendus; qucl- .es-uns étaient parallèles à l’axe du corps. Enfin la courte distance à juelle s’exécutait le tir des Kabyles qui souvent attendaient résolument 1rs adversaires jusqu’à bout portant e^ dirigeaient leur tir contre les vités, expliquait la proportion des morts relativement plus élevée que ns les autres combats en -rase campagne. Sur le relevé d’un de ces mbats, à côté de 280 blessures, figuraient 53 morts immédiates.

Les meilleures traditions de la chirurgie du premier Empire guident la utique des chirurgiens qui prennent part à cette campagne. Ils savent lendant tenir grand compte de la différence des conditions de lutte et n inspirer pour faire subir à leur intervention des modifications imporites. C’est ainsi qu’ils sont bien plus conservateurs que leurs devants, qu’ils recourent plus volontiers aux résections, qu’ils débrident ins les plaies, etc. L'influence si puissante et si légitime de Baudens tait pas, il faut le reconnaître, étrangère à ces transformations.

L’eau fraîche comme du temps de Lombard et de Percy est reprise îr les pansements de toutes les plaies, et sert presque exclusivement is les ambulances.

En Kabylie, comme en Crimée, le chloroforme fait son apparition dans ambulances. IL n’est pas d’opération grave ou seulement douloureuse ne soit pratiquée après anesthésie du blessé. iLes difficultés du transport avec des cacolets et des litières imparfaites •entàles perfectionner, et leur insuffisance engage à recourir au système Tiitif de transport à dos d’âne, communément employé par les Arabes. L’expérience de cette courte campagne à la suite de laquelle Berthed fut chargé de signaler les desiderata qu’il avait pu constater dans nos rovisionnements, l’engagea à réclamer de l’autorité militaire, pour les ipagnes ultérieures, des sacs de toile vides, de grandes et de petites ensions. Ce matériel léger et peu encombrant, rempli de paille, de , de feuilles sèches, devait servir à préparer partout des paillasses et oreillers. Il insista également sur l’utilité de placer, dans les cantines inimstration, des conserves de viande et des potages concentrés à igo des blessés et des malades.

"ations générales sur 1rs blessures de l’œil cl les projectiles engagés dans les cavités •onnantes. Même Recueil, 2e série, t. VII, pp. 317 à 325.

’ Gazette médicale de l'Algérie (1856-1886), fondée par le Dr A. Bertukrand. isons en passant que Bertherand a le premier décrit une variété exceptionnelle de ion du pied, la Luxation simultanée des trois cunéiformes sur le scaphoïde. Mémoires édecine, de chirurgie et de pharmacie militaires, t. XV, p. 331.

Page 1