‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 241 sur 460 · pansements · texte numérisé non relu

pansements

299 900 pansements.

A la fin d’avril et au commencement de mai, on avait expédié une réserve de linge préparé du poids de 40 000 kilogrammes représentant 2 808 000 de pansements.

A la date du 3 mai commença et suivit, sans interruption, l'envoi d’un approvisionnement composé de tous les médicaments nécessaires pour 13 000 malades pendant trois mois.

Enfin cette organisation fut complétée par l’envoi de douze matériels d’hôpitaux temporaires de 300 malades; de douze pharmacies approvisionnées pour trois mois et de 600 lits en fer.

savent rien. Les malades sont mal couchés, mal nourris, mal soignés. Comme chose provisoire, on peut s’en contenter ; comme installation définitive, c’est pitoyable. » Chenu, o. c., t. II, p. 41.

« Après Montebello, le baron Larrey, médecin en chef de l’armée, écrivait à l’intendant général (22 mai) : Le 'personnel des officiers de santé de l’armée deviendra bientôt insuffisant pour tous les besoins du service, surtout par la nécessité de pourvoir à l’organisation des grands hôpitaux de Gênes, d’Alexandrie et de Turin. Il serait d’ailleurs impossible de disposer du personnel médical des régiments en vue des éventualités de la guerre. » Chenu, o. c., t. Il, p. 42.

« Chami’OUILLon écrit après le combat de Villata, à la date du 23 mai, au médecin en chef de l'armée : Le 1er corps ne possède pas un seul infirmier militaire. L’ambulance du quartier général du l‘'r corps est dépourvue de caissons ; le seul qu’elle possédait lui a été enlevé pour le donner à la division Canrobert. » Chenu, o. c., p. 45.

« Nous n'avons pour infirmiers-majors que de simples soldats, infirmiers sans autorité et la plupart sans inielligencc ; pour infirmiers, des Italiens sans zèle, sans énergie et sans probité. Les officiers d’administration sont en nombre insuffisant et trop jeunes pour connaître le service et le faire faire aux autres. Quant aux médecins requis, je vous en ai

D’où vient qu’avec de pareilles dispositions, le service, dans certains corps et dans les ambulances, ait à tel point souffert? Nous manquons de base d’appréciation exacte; ce qu’il y a de certain, c’est qu’à la fin des hostilités, le 22 juillet, on signalait, comme excédant les besoins et encombrant. les magasins de Gênes : 19 000 kilogrammes de linge à pansement, 3 000 fournitures complètes d’hôpitaux, 2 000 châlits en fer, 2 caissons d’ambulance, 2 sections d’ambulances d’Afrique, 25 cantines de bataillon, etc., le tout représentant 1 800 colis qui sont rentrés en France sans même avoir été déballés.

A la date du 14 août, on renvoyait également en France, sans qu'ils eussent été déballés, 600 colis de médicaments et 7 approvisionnements de pharmacie.

Enfin, le 6 septembre, on recevait l’avis du retour de Milan sur Marseille de 2 696 colis pourvus encore des plombs des magasins de France et contenant : 150 000 kilogrammes de linge à pansements; 50 cantines d’ambulance de bataillon ; 20 caissons complets d’ambulances ; 2 sections d’ambulances légères d’Afrique 4.

Ainsi, alors que tous les besoins de nos services sanitaires en matériel avaient été sagement prévus par le Ministère de la guerre, au milieu de l’abondance même, nos chirurgiens avaient, par le fait d’une gestion vicieuse, supporté des privations à peu près égales à celles qu’ils avaient eues à subir pendant la guerre de Grimée.

Ce n’était rien encore. L’œuvre de l’ambulance n’est qu’une œuvre d’un moment, de secours passagers et rapides comme la lutte à laquelle elle répond, mais derrière elle commencent les soins moins hâtifs, le traitement régulier, prolongé et complet, dans les hôpitaux temporaires. Or, là encore, nous avons à signaler d’aussi vicieux dispositifs, d’aussi regrettables oublis. Mais avant d’y insister, parlons des conditions dans lesquelles s’est effectué le transport sur ces hôpitaux de seconde et de troisième ligne qui ont rapidement reçu le trop-plein des hôpitaux de première ligne ou des ambulances.

H. Larrey, pour prévenir les terribles effets de l’encombrement, rappelant les traditions de son illustre père, avait proposé d’user largement des évacuations. Les voies ferrées de la Lombardie, du Piémont et les moyens de transport que les habitants nous prêtaient si généreusement, en favorisaient l’application. Dirigé par des hommes incapables d’en bien peser les avantages et les inconvénients, ce système ne donna malheureusement que trop souvent de déplorables résultats.

Une évacuation de blessés comporte deux indications fondamentales :

déjà parlé et je ne veux plus vous en rien dire, pour ne pas assombrir le tableau... » Lettre de Salleron, médecin en chef des hôpitaux de Turin à M. le médecin en chef de l’armée, 29 juin. Chenu, o. c., t. I, p. 320.

« Au lieu d agir, on a mis trop de lenteur, on a perdu du temps à discuter l’organisation des ambulances, la composition du personnel, les désignations ; aussi la campagne était-elle commencée que le personnel était encore à se constituer, à cause des changements de destination, des mutations, des hésitations et de l’absence d’unité dans la direction. Personne n’eut le temps de se familiariser avec ses supérieurs ou avec ses subordonnés avant le commencement des hostilités ; de là le peu d’utilité des individus au milieu du mouvement considérable de blessés et de malades. » Lettre de Bina, médecin divisionnaire de l’armée sarde au médecin chef de l’armée, 25 juin 1859. Chenu, t. I, p. 278.

1. Happort officiel (lui ItCpôt de la Guerre, in Chenu, o. c., t. I, p. 629.

ENSEIGNEMENTS DE LA CAMPAGNE D’ITALIE

leur dissémination dans des installations plus confortables que celles qu’ils pourraient trouver sur place, et un système de secours intelligemment l assuré dans les lieux d'hospitalisation choisis. Les évacuations en Italie ne remplirent guère ces conditions. Elles ne furent, qu’on nous passe l’expresi sion, que le recul à longue distance de l' encombrement des premières lignes. On évacue de Magenta sur Milan, mais c’est pour entasser les blessés à Milan; on évacue ceux de Solférino sur Brescia, sur Crénrtmc, sur Montechiaro,

H de toutes ces villes sur Alexandrie, Turin, Gènes, mais c’est pour encombrer tous les hôpitaux de ces villes.

Quand on lit superficiellement les documents fournis sur l’histoire médico-chirurgicale de cette campagne, on est frappé de l'entente du médecin en chef de l’armée et de l’administration à propos du service des évacuations largement pratiquées. L’accord n’est pourtant qu’apparent;

;a but poursuivi est seul commun, mais les dissemblances des mobiles qui ;es poussent l’un et l’autre à se servir de ces évacuations sont si considérables qu’elles ne pouvaient manquer d’apporter des différences non moins grandes dans la manière d’en comprendre l’application et dans les résultats qu’on pouvait en attendre. Larrey veut qu’on évacue pour disséminer , administration pour hospitaliser. L’encombrement est l’écueil que le iremier cherche, avant tout, à prévenir; il importe peu à la seconde, xnirvu que les malades et les blessés soient mis en contact avec les méde- :ins et les chirurgiens des grandes villes sardes qui remplacent un personnel français insuffisant. En Crimée, l’administration avait évacué les ilessés sur Constantinople pour les réunir dans les grands hôpitaux de •ette ville, au lieu de transporter les modes d’hospitalisation vers les blessés et de leur éviter, comme l’avait demandé Michel Lévy, les dangers l une longue et pénible traversée. C’est le même principe qui la guide en talie. Si elle avait pu disposer, durant cette dernière campagne, d’un plus pand nombre de médecins militaires, elle eût entassé les blessés dans es établissements sanitaires de première ligne, au lieu d’en encombrer •eux de seconde et de troisième. Ce n’est pas là de J’évacuation telle que icuvent la comprendre les médecins. Dans ces conditions, elle ne conribue pas à la guérison des blessés, elle ne sert qu’à aggraver leurs souf rances et les dangers de leurs traumatismes.

Dès le début des hostilités, Larrey parle de transporter en France les dessés peu gravement atteints, et quand les hôpitaux des grandes villes némontaises s’encombrent, il renouvelle ses conseils d’une façon plus tressante. On s’entête à ne pas suivre ses judicieuses prescriptions, et ce ie sera qu’à la fin de la campagne, alors qu’on ne pouvait plus faire autrenent, qu’on aura recours aux transports sur Toulon et sur Marseille, villes ichesen établissements hospitaliers et en personnel médical. On préférera liriger d’abord les blessés sur Livourne et d’autres villes de Toscane, à la recherche d’hôpitaux italiens dont l’administration prendra ces blessés au abais,eten quête des secours des médecins italiens de l’Université de Dise !

11 est un principe que le bon sens seul et qu’une charité élémentaire ndiquent, principe qui consiste à éviter à un blessé trop gravement atteint es fatigues d’une évacuation. Nul médecin agissant de son plein gré n’eût été lSi$ez barbare pour le transgresser. Le médecin on chef de l’armée reçoit, •près Voghera, l’ordre d’évacuer les blessés, quelle (pie soit leur situa-

DKI.OR.ME.

tion’.Ces évacuations se font avec nne toile précipitation et si pou d’entente | qu’un de nos chirurgiens, à Magenta, après lo pansement de quelques blessés qui l’ont distrait de ses opérations, ne retrouve môme plus ceux ! qu’il allait opérer 2. Quand la pourriture d’hôpital se montre dans ces hôpitaux encombrés, on n’en continue pas moins d’évacuer les blessés [ contaminés. La transmission de cette complication contagieuse était trop étrangère aux connaissances de ceux qui dirigeaient ces services pour qu’elle ait pu entrer dans leurs préoccupations.

Revenons aux hôpitaux de l’arrière.

Trois grands centres hospitaliers avaient été choisis successivement dès|[ le début de la campagne : Gênes , Turin , Alexandrie.

Gènes , par sa position sur la Méditerranée, par son voisinage de Toulon et de Marseille, par le chemin de fer qui y aboutissait et dont les rameaux s’étendaient sur le Piémont et la Lombardie, se présentait comme un excellent hôpital de base. Cette situation ne pouvait manquer d’en faire M l’hôpital d’évacuation le plus important. Turin, en raison des difficultés et < des dangers des transports sur la route du mont Cenis, ne pouvait lui dis- -J puter la première place.

A Gênes, on établit rapidement cinq hôpitaux exclusivement français, j dont les plus importants étaient San Benigno, le Séminaire et Saint-Sylvestre. Deux autres établissements, parmi lesquels l'hôpital militaire, nous avaient ouvert quelques salles. Le médecin principal Boudin avait la haute direction de ces hôpitaux et le médecin principal Maupin supportait tout, ji le poids des services chirurgicaux de San Benigno lequel hospitalisa 6 046 blessés. Les hôpitaux de Gênes furent les premiers ouverts et les derniers fermés.

Turin , où le médecin principal Salleron était chef du service de santé, Alexandrie , où Gazalas prit la direction des services, hospitalisèrent uiu

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