‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 247 sur 460 · SIÈCE ET BOMBARDEMENT DE STRASBOURG · texte numérisé non relu

SIÈCE ET BOMBARDEMENT DE STRASBOURG

Entouré dès nos premières défaites en Alsace, Strasbourg soutint, avant s de se rendre, 30 jours de tranchée ouverte et U jours de bombardement. “2 il pièces ennemies lancèrent d’une façon continue sur la ville et ses remparts : 19372:2 projectiles. Au dire deBLUM1, les pertes de la population Il civile auraient été de : 281 tués ou morts des suites de leurs blessures et de 900 blessés; celles de l’armée, d’après Poncet, ont été de 715 morts. Le > nombre des blessés aurait atteint le chiffre approximatif de 700.

Le personnel dirigeant et enseignant de l’Ecole du service de santé i| militaire, resté dans la place, assisté d’un certain nombre d’élèves du serij vice de santé, assura les soins des blessés militaires. Poncet, Tacuaro et Beaunis, sous les ordres du médecin en chef Reeb, furent chargés des services de blessés les plus importants de l'hôpital militaire, tandis que les professeurs Rigault, Hergott, Michel, Gross, puis E. Boeckel, revenu à Strasbourg, assistèrent les nombreux blessés civils installés dans les principaux monuments publics et dans l'hôpital civil. Ce dernier abrita 383 blessés.

Aucun des événements de cette triste guerre n’a donné lieu autant d’écrits que le siège et le bombardement de Strasbourg. Presque tous ceux qui ont soigné des blessés, nous ont fait part des résultats de l’expérience acquise. On en trouverait peut-être la raison dans la stabilité des chirurgiens et des blessés, dans l’habileté hautement reconnue des premiers, dans les habitudes de renseignement et surtout dans l’intérêt que le personnel enseignant civil et militaire de cette Faculté apportait à la pathologie de l'armée.

Parmi les travaux auxquels le siège de Strasbourg a donné lieu, plusieurs comme ceux de IIeeb et de Poncet sont de premier ordre, et tous

[peuvent être lus avec grand prolit. Ils portent sur une espèce particulière de blessures observées là avec une grande fréquence, sur les lésions produites par les éclats de gros projectiles.

Poncet 2. — L’analyse complète du mémoire que Poncet a publié dans le Montpellier médical et que Chenu a repris, mémoire dans lequel l’auteur passe en revue les diverses variétés de blessures produites par éclats d'obus, nous entraînerait à des redites. Aussi nous nous contenterons de signaler, dans ce travail, l’étude des conditions qui ont compromis les succès de l’intervention chirurgicale, conditions qui sont rangées dans divers cadres ou périodes : période salubre, période de septicémie, période de délire,

1. Blum, Bulletin statistique du bombardement de Strasbourg iu Gazette medicale de [j Strasbourg, 1871-72.

2. Poncet, Contribution à la Relation médicale de la guerre de 1870-71. Hôpital militaire 'le Strasbourg. Service de la lre division des blessés pendant le siège. Montpellier medical ,

i ». XXVII, p. 536, et t. XX VIII, pp. 23, 11!), 218.

période de gangrène, enfin nous nous bornerons à attirer l’attention sur les j remarques de l’auteur à propos de la stupeur, des hémorrhagies et sur sa description frappante du délire nerveux que nous transcrirons plus ; loin. Parmi les nombreuses observations de blessures de toutes les régions ! que Poncct rapporte, nous citerons des exemples de fracture du larynx, do plaies multiples, de blessures de gros vaisseaux, de ligature de l’iliaque externe, de résections, etc.

Reeb1. — lie travail de Reeb que nous a transmis Chenu, a les caractères de celui de Poucet. Ils portent tous deux sur les mômes sujets, reproduisent les mômes remarques, présentent souvent des descriptions presque identiques, comme celle du délire nerveux. La chose n’a rien qui étonne, quand on songe que les deux observateurs étaient dans le môme hôpital, soignaient des blessés de même catégorie, soumis aux mômes conditions physiques, morales et hygiéniques et que Reeb, en tant que médecin en chef, devait de plus réunir les faits les plus remarquables observés dans tous les services de l’hôpital qu’il dirigeait. Parmi les nombreux exemples de blessures de toutes les régions que Reeb a rapportés, nous nous contenterons de signaler ici un fait bien rare et qui mériterait de devenir classique, celui d’une luxation du sacrum en avant produite par le choc d’un canon. Les mémoires de Poncet, de Reeb avec celui de Sédillot occupent plus de la moitié des pages que Chenu, dans sa statistique, a consacrées aux documents scientifiques fournis par les ambulances et les hôpitaux pendant la guerre de 1870-71.

Tachard2. — Nous n’avons à relever dans le court mémoire de Tachard que quelques rares aperçus sur les complications des blessures de guerre, sur les amputations, leurs procédés opératoires, et la préférence à accorder aux désarticulations sur les opérations faites dans la continuité.

Beaunis 3 4. Le récit que Beaunis a consacré au siège de Strasbourg est purement épisodique.

Gross \ Le professeur agrégé Gross, attaché au service de l'hôpital civil, nous a laissé de bonnes pages sur les lésions qu’il a eu à y traiter. Son cadre qui est celui adopté par les collègues dont nous venons de rappeler les travaux est rempli d’observations intéressantes. Il s’arrête aux accidents de nos traumatismes de guerre, au traitement qu’il leur a opposé, et aux conditions hygiéniques ou morales qui les ont influencés. Il décrit, d’une façon frappante, la panique qui s’empara des blessés de sa salle lors de l’incendie, par les obus, d’un bâtiment contigu. Ce tableau fait le pendant de celui que Poncet et Reeb nous ont laissé sur le délire nerveux qui saisit les blessés de l’hôpital militaire, lorsque les bâtiments de l’arsenal prirent feu.

Sur des blessés alités dans des salles donnant sur le rempart et dont les fenêtres étaient traversées continuellement par les obus et les balles, sur

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