‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 264 sur 460 · Le Fort, o. c. p · texte numérisé non relu

Le Fort, o. c. p

Les ambulances dites de la Presse û Paris, émanations de la Société de secours dont elles se séparèrent plus tard, créèrent également des ambulances volontaires volantes, qui, elles aussi, présentaient bien des desiderata1.

Les Comités de province agirent d’ordinaire' de leur propre initiative, sans recourir aux ressources des Comités centraux et l’on peut dire même que l’hospitalisation des blessés des champs de bataille de la province fut le plus souvent l’expression de la générosité de villes ou d’individualités charitables. Les unes et les autres n’avaient pas besoin, pour manifester cette générosité, d’une affiliation qui leur fut plus tard presque imposée.

Si la Société Internationale de Secours aux blessés a rendu des services incontestables en 1870-71, elle est restée partout, comme le dit Le Fort,

inférieure à sa tâche. « Ce n’est pas à elle, dit cet auteur, ni à ses délégués qu’il faut savoir gré des services rendus par ses ambulances. C’est à l’énergie, au talent, au dévouement de scs chirurgiens qu’il faut en rapporter tout le mérite... La Société qui les a abandonnés, qui trop souvent les a gênés dans leur action, n’a rien à réclamer à cet égard, et leurs services eussent été bien autrement considérables si leur zèle et leur dévouement n’avaient été trop souvent paralysés par l’ingérence, dans les affaires purement médicales, de personnes qui semblaient s’être réunies afin de réhabiliter par compromis l’intendance militaire. Elle devait venir en aide aux blessés en soulageant le budget du Ministère de la Guerre, grâce aux souscriptions qui se présentèrent de toute part : or elle s'est fait rembourser par le Ministère le prix réglementaire des journées pour les malades soignés par elle ou en son nom 2. » D’une association organisée qui, volontairement, perd son caractère de bienfaisance spontanée pour rentrer dans les conditions des établissements tenus en régie, on est en droit de réclamer des services en rapport avec ses dépenses. Ceux de la Société de Secours dont nous venons de retracer l’histoire ont coûté treize millions 3 ! Aussi le sentiment exprimé si nettement par Le Fort, fut-il après la guerre adopté par l’opinion publique et il sera partagé par tous ceux qui étudieront de près les enseignements de cette guerre. « La campagne de 1870-71 fut, pour l’institution, un échec dont on ne saurait dissimuler ni la réalité, ni l’importance. Je ne crois pas, dit Le Fort, que les ambulances volontaires, à quelquetitre que ce soit et en quelque lieu que ce puisse être, puissent figurer dans les rangs de l’armée. Leur rôle est terminé. »

Dédaignant de nous arrêter à l’écœurante histoire des ambulances que Le Fort a stigmatisées de fantaisistes , nous avons à rappeler les secours désintéressés que les Luxembourgeois, les Hollandais, les Belges et surtout les Suisses et les Anglais ont apportés à nos blessés. L’assistance anglaise, en particulier, leur vint très utilement en aide, en réparlissant pour sept mil -

1. Dans sou article sur les ambulances pendant le siège de Paris (Gaz. hebd. 1871), Hknocque, parlant de leur fonctionnement, dit qu’elles ont traversé deux phases : «l'une pendant laquelle on n’exécutait pas les règlements, et l'autre pendant laquelle on les éludait ». Étant donné le défectueux recrutement d’une partie du personnel et le défaut plus ou moins complet de surveillance exercé, on peut s’imaginer aisément quels vices de fonctionnement comportait un tel laisser-aller.

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