‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 27 sur 460 · K S AÏE LELIÈVRE · texte numérisé non relu

K S AÏE LELIÈVRE

d’un seul topique, il ne critique pas trop vivement le fond même de la doctrine, c’était là l’essentiel. Il reproche entre autres choses à Guilhemet de croire encore à la brûlure de nos plaies et lui oppose un argument de Veyras lequel avance que la balle ne peut être très chaude puisque la poudre en s’enflammant ne peut pas toujours brûler tous ses grains. Il s’étonne de ne pas voir ce dernier régler le régime de vivre et de l’entendre dire que la nature sait bien choisir ce qu’il lui faut. U11 médecin qui s’était donné dans ses écrits et qui se donnait dans la pratique tant de mal pour le régler, ne pouvait laisser passer sans la critiquer une telle idée aujourd’hui si naturelle.

Veyras avait soutenu que la contusion de nos blessures était produite par l’air ou le vent poussé par la balle. En cela il n’avait fait qu’émettre une idée défendue autrefois par Joubert. Ce dernier lui répond que cette contusion est le résultat de l’action directe du corps vulnérant.

RÉPLICQUE A LA RÉPONSE DE M. MAISTRE JACQUES TAIRAS PAR MAISTRE TANNEQUIN GUILHEMET1 2.

Dix ans plus tard, en 1590, Guilhemet revint sur les mêmes sujets de discussion, mais c’est en vain qu’on chercherait dans sa Réplicque des arguments nouveaux ouïe fruit de l’expérience acquise « sur un nombre infini de blessés dans le voyage en Poitou et en Guyenne » où notre auteur disait avoir assisté à « divers sièges, rencontres, deffaictes et escarmouches». Guillhemet se contente d’y reproduire les opinions déjà émises en les mêlant à des considérations empruntées aux théories de Paracelse. Nous n’avons dans cet opuscule, où le chirurgien se montre encore de beaucoup inférieur au médecin, rien à signaler d’intéressant sur la pratique de la chirurgie militaire du temps.

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