Plaies >lu thorax , p
LA CHIRURGIE MILITAIRE FRANÇAISE AU XVIe SIÈCLE.
expresse, afin de faire paroilre leurs besongnes bien grandes envers les blessez et les assistants, sondent leurs playes jusqu’au fond, et puis font leur raport, et récite qu elle pénètre aux creux de neuf, dix, onze pouces, comme s’ils avoient chargé une tutaille et baril... puis font une longue tente de mesure, et l’enferrent à tonte force dans ladite playe, disant qu’il faut qu’elle ratainde le fond ou autrement ce ne teroit rien, pour ce qu’il s’engendroit une apostume... tels maistres sondeurs, bien souvent donnent aux pauvres blessez plus de peine ou moleste que n’a faict le coup; dauantage par leurs tentes empeschent et ostent à nature l’occasion et moyen de se racommoder et réunir en ces lésions1.»
Des injections thoraciques fréquemment répétées et abondantes, plus tard l’excision des côtes cariées complètent son traitement.
Nous ne dirons rien de son chapitre du traitement des blessures du ventre. Il est inspiré par la lecture des anciens.
Nous passerons également sur l’armentarium du chirurgien d’armée : c’est celui de Gui de Chauliac et de Paré. Quelques instruments sécants, bistouris, scarificateurs, des tire-balles, des ciseaux, des canules trouées de Paré en font les frais. De son précis de botanique chirurgicale nous avons assez parlé. Quant à son Traité de la peste, ce serait sortir de notre sujet que de l’analyser. Nous nous contenterons de le signaler, avec ceux de quelques autres chirurgiens de l’époque, de Paré, de Godin, de Joubert, etc., à l’attention des auteurs d’épidémiologie des armées'2.