CONTUSIONS, ÉROSIONS, SILLONS
i portée, les dispositions du terrain favorables aux. ricochets, peuvent de beaucoup en augmenter le nombre.
Il serait impossible de dire avec quelque précision dans quelle propor- , tion on les observe. Le médecin principal Rossignol, après Magenta, en vit j deux ou trois sur tioo blessés '.
La contusion des tissus déterminée par les balles peut présenter tous les degrés, porter de préférence sur la peau ou sur les parties sousi jacentes.
La contusion de la peau se révèle tantôt par une rougeur, une teinte ecchymotique limitées, accompagnées ou non de soulèvement, de destruction de l’épiderme; tantôt par une décoloration très circonscrite bientôt remplacée par une eschare arrondie, sèche, du diamètre du projectile et à bords nets. Cette eschare se détache lentement en totalité, et laisse,
; après sa chute, une plaie ayant peu de tendance à se cicatriser qui fournit une cicatrice déprimée.
Les degrés légers de la contusion de la peau produite par les balles s’observent surtout dans les points où celle-ci recouvre des parties molles. En pareil cas, ce sont les tissus sous-jacents, le tissu cellulaire ou les muscles qui subissent les effets du choc du 'projectile. Quand au contraire la peau frappée est soutenue par des os comme au crâne, à la partie antérieure de la jambe, sur le sternum, elle est le plus souvent escharitiée 1 2.
Érosions. — Quand une balle animée d’une faible vitesse atteint une large surface plane sous une incidence légèrement oblique ou que, douée d’une force d’impulsion bien plus grande, elle la frappe très obliquement, elle produit des érosions plus ou moins étendues.
Dénudée, la peau se dessèche, se recouvre d’une pellicule d’un noir brunâtre qui bientôt se détache sans laisser trace de cicatrice.
Sillons. — Que la peau soit intéressée dans toute son épaisseur au lieu de l’être simplement à sa surface, l’érosion est remplacée par un sillon. Comme les érosions, cette variété de lésion, qu’on observe d’ailleurs assez rarement est déterminée par des balles frappant obliquement la peau. C’est surtout sur les régions planes un peu étendues, comme le dos, la paroi abdominale qu’on le constate. Les bords du sillon sont d’autant plus écartés que la peau est plus mobile et plus rétractile ; tantôt ils ont été assez régulièrement entamés; d’autres fois ils sont irréguliers, déchirés, ecchymosés, noircis. Le fond est constitué le plus souvent par le tissu cellulaire, parfois par des masses musculaires et, dans certaines régions (sternale, jambière), par les os. Ces plaies saignent peu, mais elles sont accompagnées de douleurs assez vives. Elles sont lentes à guérir et laissent des cicatrices très apparentes.