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Chenu, Guerre d’Italie, t. I, p

2. Le Tome Ilf, Chirurgical de la guerre d'Amérique, fournit un bel exemple de ces mortifications circonscrites de la peau au niveau de ce dernier os : Un blessé est frappé par une balle sur le sternum au niveau de la 3e côte. On constata une bosse sanguine de l’étendue environ d’une balle Minié. La peau qui la recouvrait se mortifia, laissant la côte

à nu.

Le médecin inspecteur Hutin (Relation de l’expédition de Constantine , o. c.) a offert lui-méme un bel exemple de ces contusions de la peau par petits projectiles.

Plaies en cul-de-sac. — Les plaies en cul-de-sac sont, avec les plaies perforantes dont nous allons parler, celles qu’on rencontre le plus souvent. On les observe cependant moins fréquemment que les dernières.

Produites ordinairement par des balles animées d’une vitesse relativement faible, leur proportion varie avec les conditions de la lutte et l’armement des combattants. C’est ainsi que dans les combats à courte distance, elles n’ont été qu’exceptionnellement observées. Les relations chirurgicales des guerres civiles de 1830, de 1848, de 1871 nous en fournissent la preuve. Quand on les constate dans ces conditions, c’est que le plus souvent la vitesse de la balle a été ralentie par le choc d’un obstacle extérieur ou d’une portion du squelette.

Pendant la guerre d’Italie, on les voyait très communément sur nos blessés, tandis que les Autrichiens frappés par des balles animées d une plus grande vitesse en présentaient beaucoup moins. Pendant la guerre de 1870-71, elles étaient bien plus souvent observées sur nos blessés atteints par la balle Dreyse que sur les Allemands frappés par un projectile animé d’une vitesse plus considérable L

Les plaies en cul-de-sac recèlent d’ordinaire le projectile qui les à produites. Parfois, cependant, le trajet parcouru est si court que la balle a pu ressortir d’elle-même par le fait de la position déclive de la blessure, d un mouvement du blessé ou par la traction des portions de vêtements dont elle s’était coiffée.

Contrairement à l'opinion de certains auteurs qui admettent que 1 ouverture des plaies en cul-de-sac est plus grande que l'orifice d’entrée des plaies en séton et que le fond du cul-de-sac occupé par le projectile est d un diamètre un peu plus étendu que le reste du trajet cutané et musculaire parcouru par le projectile, nous admettons, en nous basant sur nos recherches expérimentales, que les caractères de l’orifice d’entrée et de tout le trajet ne diffèrent pas de ceux des plaies en séton.

Ce trajet peut être très superficiel, n’intéresser que la peau et une faible épaisseur des parties molles sous-jacentes; c’est dans ces cas que le projectile peut ressortir de lui-même ou être retiré avec les vêtements. D’autres fois il est profond et l’extrémité terminale du cul-de-sac se rapproche plus ou moins des téguments de la partie opposée du membre.

Des sétons. — Quand la balle traverse une région de part en part, elle fait séton. Gomme nous l’avons dit déjà, le séton est la lésion la plus fréquente de toutes celles que produisent les petits projectiles.

Il est le plus souvent déterminé par des balles frappant les tissus normalement ou presque normalement à leur surface.

Nous devons étudier avec quelques détails les orifices et le trajet des sétons.

Caractères des orifices d'entrée et de sortie des sétons cutanés cl musculaires produits par les balles.

1° Aspect. Quand la balle frappe en plein les tissus et qu’elle est animée d’une vitesse moyenne, I’orifice d’entrée est régulier , arrondi , béant.

1. Si nous voulions remonter bien plus haut, nous rappellerions que du temps de Louis XIV, au dire de Planis-Campi, les plaies en cul-de-sac étaient très fréquentes.

ORIFICES DK S SÉTONS.

Dans ces conditions d'incidence et de vitesse, le projectile a taillé, comme à l’emporte-pièce, la presque totalité de la portion de peau que son extrémité antérieure a rencontrée.

Quand la balle a frappé plus ou moins obliquement, toujours avec la

Fig. 37.

ASPECT ET DIMENSIONS RESPECTIVES DES ORIFICES D’ENTRÉE ET DE SORTIE DES SÉTONS CUTANÉO -MUSCULAIRE S PRODUITS P \R LES BALLES.

1. Orifice d'entrée d'une balle du fusil modèle 1879, animée de la vitesse qu'elle possède il la distance de 1 100 mètres.

1 Orifice de sortie de la même balle.

2. Orifice d'entrée d’une balle animée de la vitesse qu’elle possède à la distance de 900 mètres.

2' Orifice de sortie de la même balle.

3. ’ Orifice d’entrée d’une balle animée de la vitesse qu’elle possède à 400 mètres.

3 Orifice de sortie de la même balle.

4. Orifice d’entrée d’une balle animée de la vitesse qu’elle possède à 300 mètres, f Orifice de sortie de la même balle.

■>. Coupe transversale d’unefballe du fusil modèle 1879.

On remarquera que les dimensions diamétrales des orifices d’entrée et de sortie augmentent proportionnellement avec les vitesses des balles.

même vitesse, l’orifice d’entrée, au lieu de présenter une forme irrégulièrement ronde, est elliptique. On sait que l’intersection d’un plan par un cylindre dontTaxe est incliné sur ce plan est une ellipse. Parfois, il affecte la forme semi-lunaire; mais qu’on vienne à déplacer légèrement la peau, il reprend la forme circulaire ou elliptique.

Quand le projectile est animé d’une vitesse plus faible, l’orifice d’entrée perd parfois de sa régularité et de sa béance. L’orifice est alors très étroit 1 , et parfois, comme nous l’avons observé, il est bordé de petits lambeaux à la manière des orifices de sorLie (voy. fig. 37). La peau en pareil cas se déprime, se distend avant de se laisser perforer, puis, une fois que le projoclile l’a traversée, elle revient sur elle-même.

11 est à peine besoin de dire que quand la peau recouvre un plan résistant, un os, par exemple, qui ne lui permet pas de se laisser déprimer, le projectile animé de ce faible degré de vitesse, se contente de la contusionner ou la perfore nettement en laissant un orifice béant.

La régularité et la béance sont de bons caractères des orifices d’entrée, mais ils sont subordonnés à l’incidence et surtout à la vitesse du projectile qu’ils peuvent servir jusqu’à un certain point à déterminer (voy. fig. 37). /Il

A l’inverse de l’orifice d’entrée, celui de sortir est habituellement irré! gulier et peu béant; c’est que la peau n’a été le plus souvent traversée pa * la balle qu’après avoir été surdistendue et qu’elle a éclaté plutôt qu’elle n’a été perforée.

Cet orifice est ordinairement obturé plus ou moins complètement par de petits lambeaux triangulaires à base adhérente, à bords accolés, simulant une étoile quand ils sont au nombre de quatre ou de cinq, ou bien un T ou une L, lorsqu’on n’en trouve que deux ou qu’un seul (voy. fig. 37).

Exceptionnellement l’orifice de sortie est linéaire ou à deux lambeaux réunis à la façon de deux volets.

Il n’est pas rare cependant de voir des orifices de sortie presque aussi réguliers et béants que les orifices d’entrée. La théorie indique et l’expérimentation nous a démontré que la balle qui les avait produits était animée alors d’une grande vitesse et qu’elle perforait la peau, à sa sortie, comme à l’emporte-pièce. Cette disposition n’est peut-être pas si exceptionnelle qu’on le pense.

Les bords de l’orifice d’entrée sont contus. L’épiderme est détruit, autour du trou d’entrée, parfois il est soulevé par du sang, et quand la partie frappée est découverte, il est noirci par les crasses dont la balle se charge pendant son trajet dans l’âme du fusil. Les bords de l’orifice'de sortie ne présentent pas ces traces de contusion.

Ce n’est pas tout. La circonférence de la plaie d’entrée est taillée en biseau aux dépens de sa face externe. Il n’en est pas de même à l’orifice de sortie. Enfin les bords de la première sont déprimés , dirigés en dedans , tandis que ceux de l’orifice de sortie sont plus ou moins saillants , dirigés en dehors. Mais, ainsi que l’a fait remarquer Huguier, ce dernier caractère disparaît rapidement. D’abord, l’élasticité de la peau ne tarde pas à ramener les lèvres de la plaie de sortie au niveau du plan des parties voisines, puis, quand l’inflammation réparatrice survient, les deux plaies ■ deviennent plus ou moins saillantes et leurs bords se renversent en dehors.

Telles sont les formes les plus habituelles des orifices d’entrée et de sortie des sétons des parties molles. A l’encontre de la plupart des auteurs, !

1. La forme conique de la balle concourt avec la faible vitesse dont elle peut-être animée à produire ce résultat; avec les balles sphériques, l’orifice, tout en étant plus étroit, était cependant plus étendu qu'avec les balles cylindro-coniques.

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