‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 335 sur 460 · O. c., pp. 33 et · texte numérisé non relu

O. c., pp. 33 et

des blessures simples des parties molles.

En somme, si les calculs invoqués par les partisans de l’ustion des tissus sont d’une rigueur indiscutable, ils ne peuvent en aucune façon s’appliquer aux traumatismes produits par les petits projectiles. L’expérience démontre qu’on ne peut môme pas les appliquer aux cas d’arrôts brusques des balles par des corps inorganiques dont la résistance est bien autrement grande que celle que présentent les os. C’est que pour que le phénomène se produise comme le voudrait la théorie, il faudrait que le corps frappé fût absolument inébranlable, que le projectile ne possédât aucune élasticité et qu’il ne pût subir de déformation. Or, si ces conditions ne se retrouvent môme pas quand une halle frappe une enclume pesante et impénétrable, peut-on s’attendre à les rencontrer quand elle atteint un os mobile, élastique, qu’elle trayerse ou qu’elle brise? La force vive développée dans le choc est employée non à élever la température de la balle, mais presque uniquement à produire les dégâts de la fracture, c’est-à-dire un effet mécanique. La faible élévation de température que le projectile peut gagner à son choc contre les os, sert exclusivement à favoriser, dans une mesure variable et toujours faible, sa déformation et son morcellement, s’il est composé de plomb mou.

Page 1