O. c., pp. 59 et
Rappelant des expériences entreprises à Metz en 1836, par Didion, Piobert et Morin, sur la résistance qu’opposent les corps liquides ou solides à la pénétration des projectiles, le général Morin mit en doute la portée de la deuxième expérience de Melsens. Pour lui, un projectile, ainsi qu’il croyait en avoir obtenu la démonstration, ne peut, en pénétrant dans l’eau, chasser devant lui de notables quantités d’air. C’est par sa force vive, par le choc ou le mouvement qu’il imprime aux corps qu'il frappe, que ce projectile agit, et ce mode d’action rend bien compte de tous les effets produits1.
Melsens répondit à la première affirmation du général Morin, la seule qu’il pût combattre, en rappelant les détails même des expériences de ce dernier et il n’eut pas de peine à démontrer que les expériences présentées comme contradictoires étaient au contraire favorables à sa théorie.
Plus récemment, le colonel Henrard2 3 a combattu la théorie de Melsens.
1° Pour le colonel Henrard, quand un obus pénètre dans de l’argile, matière dont la consistance est celle des tissus animaux, il ne creuse qu’un canal ayant ses propres dimensions diamétrales. L’air qui devrait le précéder n’a pas produit ces trajets agrandis que détermine la balle et que Melsens attribue à l’action du projectile-air.
2° Le même observateur tire une balle peinte en bleu sur une plaque qui vient d’être peinte en rouge. Le tir est effectué à courte distance avec une charge de poudre de 3 grammes. La balle s’aplatit contre le but. Recueillie immédiatement après le clioc, on la trouve légèrement teinte en rouge à son point d’impact central, c’est-à-dire à l’endroit même où, d’après Melsens, on devrait trouver une cupule creusée par la résistance du projectile-air.