Kochbr, Ueber Schuswundcn, Leipzig
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DELORME
la pression hydraulique a été trop exagérée aux dépens d’autres modes d’action. Certaines expériences dans lesquelles, sur des tissus inorganiques ou organiques absolument secs, on constate des dégâts semblables à ceux qu’on obtient sur des tissus mous, tendraient à le prouver. Nous nous bornerons â citer les suivantes que nous empruntons au mémoire si substantiel de Melsens.
Si l’on tire dans d’épaisses lames de plomb des balles animées d’une grande vitesse, on obtient de larges ouvertures comme dans les tissus mous. Les dimensions de ces ouvertures sont proportionelles aux vitesses des balles. Il se produit des bavures des deux côtés des lames et ces bavures sont perpendiculaires au trajet au niveau de l’orifice d’entrée et parallèles au niveau de l’orifice de sortie comme celles qu’on observe quand on tire une balle dans un vase métallique rempli de liquide.
L’expérience suivante est plus démonstrative encore :
Si l’on dirige contre un livre épais et bien appuyé, des balles animées de grandes vitesses (300 à 400 mètres), on produit dans le papier de larges excavations coniques remplies de détritus de papier, broyés, pulvérisés. Lahauteuret la base du cône augmentent avec la vitesse. En dehors du cône le papier est tassé et souvent dans des points assez éloignés, il présente des déchirures, des éclatements. 1
Ainsi, dans cette dernière expérience, sur un tissu absolument sec, on trouve à courte distance, remarquablement réunis, tous les désordres que produisent les balles animées de grande vitesse lorsqu’elles atteignent des tissus mous (broiement de la masse frappée, tassements, éclatements à distance); et l’étendue de ces dégâts se rapproche de celle qu’on constate quand la pression hydraulique peut être invoquée.
Il nous semble qu’on est en droit de tirer de toutes ces expériences la conclusion que si dans l’explication des dégâts produits à courte distance il faut tenir grand compte de la théorie hydraulique, c’est aller trop loin que de l’invoquer seule, comme Kocher et beaucoup d’autres le font aujourd’hui. La force vive de la balle n’a pas besoin, pour produire de si épouvantables dégâts à 'courte distance, de demander exclusivement à la pression hydraulique qu’elle met en jeu, d’agir pour elle. Eh admettant une opinion contraire, on fait trop bon marché, entre autres, des effets que peut produire la projection des parcelles résistantes des tissus détachées et les expériences faites sur les corps inorganiques démontrent toute l’étendue des désordres qu’elles peuvent produire.