MÉTHODE EXPÉRIMENTALE APPLIQUÉE A L’ÉTUDE DES BLESSURES
de la bouche du fusil, on mesura le temps t nécessaire à la balle pour parcourir
25 mètres à partir de la bouche; par suite, le quotient -— représenta la vitesse
à mi-distance du bout du canon à la plaque, c’est-à-dire à 12m,50.
On a ainsi tiré 20 coups avec chacune des charges de 5 grammes, 4 grammes, 3 grammes, 2 grammes, 1 gramme et l’on a obtenu respectivement pour vitesses restantes moyennes : 426m,50, 367 mètres, 302 mètres, 227 mètres, 150 mètres.
En prenant la môme échelle des vitesses que celle qui avait déjà servi pour la charge normale, et en établissant perpendiculairement une échelle des charges correspondantes, on a pu construire cinq points de la courbe des vitesses à 12m,50 correspondant aux cinq charges ci-dessus; puis en joignant ces cinq points par une ligne continue, on a obtenu la courbe (B) des vitesses à 12m,50 de la balle réglementaire lancée par le fusil modèle 1874 avec des charges variant de 1 gramme à o grammes.
Grâce au diagramme ainsi constitué par 3 échelles et 2 courbes, on peut, par exemple, résoudre d’une façon très simple la question suivante :
Avec quelle charge de poudre faut-il tirer la balle réglementaire dans le fusil modèle 1874 pour obtenir à 12m,30 le même effet que celui qui serait produit, à la guerre, sur le même sujet, à la distance de 450 mètres?
Sur la courbe des vitesses restantes, le point correspondant à la distance de 430 mètres étant A, on voit qu’à cette distance la vitesse restante de la balle serait, en guerre, de 250 mètres. Si nous menons l’horizontale du point A jusqu’à sa rencontre avec l’autre courbe, en B, et si nous traçons la verticale de ce dernier point jusqu’à l’échelle des charges, nous voyons que, pour obtenir cette vitesse de 250 mètres, à lu distance cle I2m,50, il faut tirer la balle réglementaire avec une charge de 2sr- 30.
On verrait de même que, pour étudier les effets d’un tir de guerre aux distances de 700 mètres, 1 200 mètres, 1 800 mètres, il faut tirer, à 12m,30, avec des charges égales respectivement à lsr- 77, l»r- 28, 1 gramme.
Bien que la portée de la balle du fusil Gras dépasse 1 800 mètres et que dans certaines circonstances de guerre on puisse dépasser ces portées maxima, M. le capitaine Jaricot s’est arrêté dans ce tableau à cette limite de I 800 mètres, mais nous avons tiré un certain nombre déballés chassées par 0gr,7o de poudre qui avaient une portée approximative de 2 000 mètres.
Ces données acquises sur les différentes charges de poudre nécessaires pour produire les effets observés dans des tirs de guerre exécutés aux diverses distances, il restait à déterminer le mode de chargement de ces cartouches. 11 n’est peut-être pas inutile d’indiquer ici les quelques tâtonnements auxquels il a donné lieu. On remplit tout d'abord l’espace compris entre la balle et la poudre dans ces cartouches à charges réduites, avec des bourres ordinaires, puis avec du coton, procédé moins coûteux, enfin avec du papier. Mais des expériences répétées ayant démontré qu’on pouvait, sans inconvénient, laisser cet espace libre et que, d’un autre côte, les résultats obtenus avec ces nouvelles cartouches étaient de tous points semblables à ceux que donnaient les anciennes, on s’arrêta à ce dernier mode de fabrication. L’air emprisonné dans la chambre à poudre facilite même la combustion de cette poudre.
Bien que pendant le tir de la plupart des cartouches à charges réduites, l’expérimentateur n’éprouve pas de recul nuisible à la précision du tir, il est bon que le tireur soit assis et que son arme repose sur un appui. C’est le procédé que nous avons utilisé et qui permet le mieux de viser le but avec précision. En l’utilisant, on économise nombre de sujets et de pro-
Echelle des p.oids des charges
l9r 39.r r 3fr
TABLEAU PERMETTANT D'OBTENIR A LA DISTANCE DE 1^“,50 LES EFFETS OUE PRODUIT LA BALLE DES FUSILS MODÈLES 1871 ET 1879 A TOUTES DISTANCES.
[Procédé du capitaine Jaricot.)
F io. 43.