‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 346 sur 460 · MÉTHODE EXPÉRIMENTALE APPLIQUÉE A L’ÉTUDE DES BLESSURES 4Ü · texte numérisé non relu

MÉTHODE EXPÉRIMENTALE APPLIQUÉE A L’ÉTUDE DES BLESSURES 4Ü

Nous n’avons qu’exceptionnellement produit la même lésion isolément; d’ordinaire nous avons déterminé des séries de dégâts identiques. C’est la voie que nous engageons à suivre. Nous avons tiré dix, vingt, trente coups de feu sur la même portion d’organe ou sur la même région en nous servant d'un projectile animé d’une même vitesse.

Résumons les principaux sujets sur lesquels ont porté plus particulièrement nos recherches :

Pour les parties molles , nous avons soumis à un nouvel examen la question encore controversée des orifices (Ventrée et de sortie et nous avons précisé le facteur à peine entrevu qui en modifiait l’étendue et les caractères.

Nous avons repris l’anatomie pathologique des blessures des vaissseaux e t cette étude nous a inspiré quelques remarques originales.

Nous avons repris la question de la commotion et nous croyons avoir démontré que ses degrés sont en rapport direct avec la somme de vitesse dont les balles sont animées. Cette opinion est contraire à l’assertion delà plupart des auteurs qui n’ont pu, comme nous, procéder à une expérimentation directe.

L’étude des blessures des os, si importante en chirurgie de guerre, en raison de l’extrême fréquence de ces traumatismes, en raison des questions si intéressantes et encore controversées de pratique qu'elle soulève, a fixé notre attention beaucoup plus encore que celle des lésions des parties molles. La détermination des différents types de fractures des diaphyses et des épiphyses a été, de notre part, l’objet de recherches toutes particulières. Des séries de ces fractures produites avec des balles animées de vitesses différentes nous ont montré comment leurs caractères se modifiaient suivant la vitesse des projectiles qui les avaient produites. L’examen des orifices de sortie de balles qui ont traversé les os nous a permis de relever des signes précieux capables de fixer à la fois sur les dispositifs des fractures et sur l’intervention qu’elles réclament. L’aspect des orifices faits par les balles aux vêtements nous a apporté les mêmes éléments d’appréciation. Enfin les déformations spéciales que présentent les balles qui ont frappé les diaphyses ou les épiphyses nous ont permis encore d’ajouter de nouvelles données diagnostiques à ceux déjà connus.

Maints détails relatifs aux blessures des articulations ont été repris; enfin nous avons passé en revue toutes les lésions des organes splanchniques. En somme, il n’est guère de question de chirurgie de guerre empruntant à l’anatomie pathologique ses principaux éléments d’appréciation qui n’ait été l’cbjet, de notre part, de recherches nouvelles ou d’études faites en vue de contrôler ce que les devanciers avaient établi.

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