‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 347 sur 460 · PLAIES DES PARTIES MOLLES PAR LES GROS PROJECTILES ET LEURS ÉCLATS · texte numérisé non relu

PLAIES DES PARTIES MOLLES PAR LES GROS PROJECTILES ET LEURS ÉCLATS

Les plaies produites par les gros projectiles ou leurs éclats varient de forme, d’étendue, de profondeur et de gravité suivant les dimensions, la force d’impulsion, la direction de ces projectiles. Malgré ces différences, il est cependant possible de les ranger dans un certain nombre de groupes que nous allons étudier.

Comme nous l’avons déjà fait remarquer, la plupart des plaies causées par les gros projectiles et observées sur les champs de bataille, sont produites par les éclats des obus ou la mitraille qu’ils renferment. Nous avons donc beaucoup plus à insister sur les lésions faites par les éclats de projectiles creux que sur celles que produisent ces mêmes projectiles lorsqu’ils frappent le corps par toute leur masse, ou sur celles que déterminent les boulets, lesquels ne sont plus employés que dans la guerre de siège.

Il serait sans importance d’indiquer la fréquence relative des plaies produites par les gros projectiles ou leurs éclats, d’autant que celle-ci varie non seulement avec la nature des luttes, mais avec les différentes phases d’une même bataille. Tout ce que nous pouvons dire, c’est que, depuis 1870-71, l’artillerie a réalisé des progrès considérables dans la portée et la justesse de ses canons, dans l’efficacité meurtrière de ses projectiles, et qu’il n’est pas téméraire d’affirmer que la proportion des hommes qu’elle mettra hors de combat dans les guerres à venir sera plus grande qu’autrcfois.

Plaies par éclats d’orus. — Les plaies des éclats d’obus sont produites par le mécanisme de la contusion, de la déchirure et de l’arrachement. Tandis que les contusions résultent du choc de fragments frappant les parties par leur surface convexe, les plaies sont le plus souvent déterminées par les bords ou les angles irréguliers de ces mêmes fragments. En général, celles-ci sont plutôt superficielles que profondes, ce qui tient à la direction oblique du corps vulnérant, à son impulsion généralement

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