Stittel, o. c., p
4. The Médical nr.d surgirai history of tlie w.ir of llie Rébellion. Surgicul volume, Pari II, p. 429.
DELORME
mais nous allons étudier un peu plus longuement les ablations partielles ou totales des membres. Ces horribles mutilations sont, comme les contusions étendues et profondes, beaucoup plus fréquemment observées dans la guerre de siège que dans les luttes en rase campagne.
a. Les ablations partielles des parties molles d’un membre représentent habituellement des plaies larges et profondes, inégales, confuses au plushaut degré. La peau aux limites de la perte de substance est irrégulièrement déchirée; elle est ecchymosée sur plusieurs centimètres de longueur au point qu’on a pu croire, à tort, à sa brûlure. Les aponévroses sont déchirées, les muscles arrachés irrégulièrement. Le plus souvent les lésions musculaires ne sont pas bornées à la surface de la plaie et comme dans celles qui sont produites par le mécanisme de l’arrachement on trouve les muscles décollés au loin de leurs gaines aponévrotiques, rompus à différentes hauteurs, sur le segment supérieur et inférieur, parfois séparés à leurs attaches. Ces ruptures s’observent directement à l’autopsie des membres amputés ou désarticulés et se reconnaissent pendant la vie du blessé par des épanchements sanguins en foyers siégeant dans l’épaisseur même des muscles et disséminés sur toute leur étendue. Cette localisation et cette disposition en foyers ne permettent pas de les confondre avec une infiltration sanguine.
Les tendons que le projectile a rencontrés après avoir déchiré les aponévroses ont été en partie séparés de leurs attaches musculaires; les vaisseaux et les nerfs même, outre leur destruction irrégulière au niveau de la plaie, ont subi parfois à distance l’influence du corps vulnérant.
Cette dissémination du traumatisme propagée à distance par toutes les parties rencontrées par le projectile rend compte de la gravité immédiate et consécutive de semblables blessures; elle se fait d’autant mieux sentir que l’agent vulnérant a frappé des tissus plus résistants. Aussi les ablations partielles de la main et du pied entourés de tendons épais et résistants sont-elles, toutes choses égales d’ailleurs, suivies de désordres des masses musculaires de l’avant-bras et de la jambe relativement plus considérables que ceux qu’on observe dans d’autres régions.
Quand l’os est fracturé en même temps que les parties molles sont abrasées, la fracture est tantôt nette, tantôt elle est esquilleuse et les esquilles, plus ou moins longues, ont été les unes emportées, chassées dans les chairs ou sont restées en partie adhérentes aux extrémités fragmentaires par quelques lambeaux de périoste. Les articulations supérieures et inférieures n’ont pas échappé à l’action du corps vulnérant; elles sont entorsées, leurs liens d’union violentés ou rompus, leurs surfaces articulaires contuses et parfois sillonnées de traits fissuriques.
Comme étendue, ces plaies d’ablations partielles des membres présentent des dimensions le plus souvent effrayantes.
On trouve dans les relations des guerres ou dans nos classiques un grand nombre d’exemples de ces ablations étendues portant soit sur les membres inférieurs, soit sur les membres supérieurs. Nous nous contenterons de rappeler les suivants :
Un artilleur blessé à Gravelotte avait eu toutes les parties molles de la farinterne (lu bras droit depuis l’aisselle jusqu’à trois travers de doigt de l’épitrochlée enlevées par un éclat d'obus. L’humérus était dénudé, mais le paquet vasculo-nerveux avait été épargné.