The Medical, etc., l’art. II, p
3. Gillette, entre autres, o. c., cite trois cas semblables : un des blessés qui guérit en
Bonneau dit avoir vu sur un artilleur, blessé à la citadelle de Belfort, la peau | de la partie antérieure et interne de la cuisse droite arrachée depuis Vaine jusque prés de l'articulation du genou. Sur lu surface rouge violacée, uniforme, de cette horrible plaie si> détachaient avec une netteté affreuse les branches du crural. Les i douleurs étaient atroces, le blessé succomba1.
h. Ablations totales. — Lorsqu’un gros projectile animé d’une grande i vitesse ou un fragment étendu de gros projectile atteint bien perpendiculairement à sa direction un segment de membre d’un diamètre égal ou peu inférieur au sien, il l’emporte s’il est animé d’une vitesse assez : considérable.
Le moignon de cette amputation traumatique peut présenter deux aspects bien différents.
Tantôt, c’est le cas le plus fréquent, la plaie est très irrégulière, anfractueuse ; sa surface est couverte de lambeaux et d’eschares ; l’os ou les os du membre fracturés inégalement ou au contraire sectionnés nettement ! sans fêlures font une longue saillie au milieu des tendons flottants, et j des muscles rétractés, mâchés, boursouflés; tantôt, et plus exceptionnellement, le membre amputé présente une surface cruentée relativement régulière, et la peau, les muscles et même l’os ou les os du membre sont , nettement coupés à peu près à la môme hauteur. C’est ce que D. Larrey, entre autres, constata sur un officier de cuirassiers blessé pendant la cam- 1 pagne de Pologne (1806), chez lequel le bras avait été emporté au-dessus j du coude par un boulet « comme s’il avait été coupé dans sa totalité par l’instrument tranchant2 ».
Tel était encore le cas du lieutenant d’artillerie Charvet, blessé à Anvers ; par un gros projectile. Le projectile lui avait coupé le bras nettement à la partie moyenne et l’avait projeté à trente pas3.
La même régularité peut s’observer que l’ablation porte sur la continuité ou la contiguïté des membres, mais nous serions tenté d’admettre ; que, môme dans ces cas de section nette, les désordres ne sont pas exclusivement bornés à la section des chairs et qu’ils s’étendent à distance dans j la profondeur du membre.
Dans certains cas, le corps vulnérant ne se borne pas à enlever un membre; il emporte deux segments de membres soit à la même hauteur, soit à des hauteurs différentes. Cette variété de traumatisme ne peut guère s’observer, et on en comprend aisément la raison, que sur les membres i inférieurs. On trouve dans les auteurs des exemples de blessés qui eurent les deux jambes ou les deux cuisses emportées par un gros projectile.
Pour terminer cette étude d’ensemble, nous dirons que les blessures ; par éclats d’obus ont pour caractères d’être plus souvent superficielles ji que profondes, irrégulières, contuses et déchirées, d’être fréquemment : compliquées de phénomènes généraux, de commotion, de stupeur, ’ d’hémorrhagies et de recéler le plus souvent des corps étrangers.
Nous parlerons plus loin du traitement qui est applicable aux plaies
un mois avait la totalité de la masse sacro-lombaire emportée dans l’étendue des deux mains; les autres chez lesquels les os étaient simultanément intéressés succombèrent.