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•riO LA CHIRURGIE MILITAIRE EN EUROPE AU XVI» SIÈCLE.
comme ceux de Ferri et de Maggi, est écrit en latin très pur et très élégant.
A ses moments, Rota quitte même la prose pour le vers qui lui sert à décrire entre autres, les effets physiques de la bombe d’une façon fort remarquable. Mais le fond ne vaut pas toujours la forme et, en somme, on a peu d’idées personnelles à puiser dans le livre de Ilota.
Après avoir exposé avec clarté et très longuement toutes les opinions favorables ou défavorables à la théorie de la brûlure et de la vénosité de nos plaies, il finit par conclure qu’elles sont confuses, dilacérées, brûlées : et envenimées comme de Yigo et Ferri. Gomme eux, il est partisan du fer rouge : Us ils expeditissimum est auxilimn . » Après avoir brûlé la plaie, il en incise circulairement le pourtour pour favoriser la réunion, puis il fait des 1 débridements préventifs. Ses topiques sont anodins (huile rosat, etc.).
Il se préoccupe beaucoup de fixer le régime de vivre, l’emploi de la saignée et des purgatifs, et il discute longuement, comme les médecins ses contemporains, pour savoir s’il faut, pour prévenir l’inflammation de la plaie, couper la veine du côté de la blessure ou du côté opposé.
11 admet des fractures transversales, longitudinales, obliques, esquilleuses. Mais il ne fait que copier Hippocrate et Ferri et sa description n’est pas basée sur l’observation. En veut-on une preuve : les fractures longitudinales se reconnaissent, pour lui, par les douleurs (communes à toute fracture) et par le jugement!
Nous ne dirons rien de ses chapitres sur les complications de nos plaies, les blessures des vaisseaux, des nerfs, les accidents inflammatoires du début, les accidents ultérieurs et nous passerons sur sa description des ; plaies produites par les flèches et sur son chapitre des blessures des cavités dont il diagnostique les lésions d’après les signes hippocratiques. Nous ne retiendrons que ses exemples de plaies de contour de l’abdomen. Il cite entre autres l’observation d’un homme chez lequel une balle pénétra au niveau du pubis, ressortit près de la colonne vertébrale et qui guérit sans \ accident.
En somme, le livre de Rota est celui d’un écrivain judicieux et savant, mais non d’un praticien éclairé et chercheur. Quoi qu’il en soit, il doit occuper une place fort honorable parmi ceux de l’époque en général et de ses compatriotes en particulier.
Trop voisine de l’Italie pour ne pas en subir l’heureuse influence, la Suisse nous donne un auteur recommandable : c’est. Wurtz, professeur à cette Université de Bâle, qui alors constituait un véritable centre scientifique.
Dans son Traité intitulé Practica der Wundarzne]/ 1 , il consacre un livre aux plaies. Ses doctrines se rapprochent de celles de Paré et de Maggi. Il combat l’abus des tentes, du tamponnement, restreint l'usage des sutures, tout en se montrant partisan de la réunion. Détail curieux : il décrit les fissures, les fractures longitudinales des os si longtemps méconnues. Nous venons de voir déjà qu’il avait été précédé dans cette voie par les maîtres italiens. Nous ferons remarquer, en outre, que sa description est si peu pratique qu’on peut douter qu’il en ait réellement observé.
L Würtz, Pratica der Wundarzne y. Bâle, 1570, in-8". Ce traité eut 10 éditions tant en Suisse qu'à l'étranger. SauvinTa publié en français en 1072, iu-12.