ROTA
Dans le même pays, Fabrice ms Hilden1, célèbre chirurgien de Berne on sacre quelque attention h nos traumatismes et publie quelques observions rares.
V Allemagne ne fournit aucun auteur. Les Impériaux comptent bien e 1535 à 1537 l’illustre Vésale, chirurgien de Charles- Quint et de hilippe 11, lequel l’adressa à Henri II après sa blessure, mais il ne issera dans sa Grande Chirurgie que de simples aperçus sur nos laies.
L 'Espagne donne le jour à Arceus, surnommé le Paré de l’Espagne. Ce îirurgien célèbre ne nous donne aucun écrit spécial. Dans les chapi- ( es consacre aux plaies, il s’élève contre l’abus du tamponnement et es sutures et conseille un topique qu’on emploiera encore de préférence eux siècles plus tard, avec celui d'André de la Croix dont nous avons irlé-’. André Laguna, célèbre médecin, suit dès 1 5 iü les armées espagnoles •. Flandre, mais il ne nous laisse rien sur sa pratique.
V Angleterre compte un auteur auquel on doit plusieurs écrits sur les aies d’armes à feu. C’est Thomas Gale, surnommé le Paré de l’Angleterre, îirurgien de Henri VIII, puis de la reine Élisabeth, Gale avait assisté à usieurs des campagnes auxquelles prit part Paré; Gale et Paré se trouient dans les armées adverses à Montreuil, et en 1557 à Saintlentin.
Après la guerre de 1557, il se retire à Londres où il publie son Traité de Tes d'armes à feu3, et un livre sur les mêmes blessures dans son Manuel
Chirurgie \ Nous ne devons pas oublier que pendant deux ans il ait été attaché comme chirurgien-major au régiment d’Espagne à iris. ^
j. Fabrice de Hilden, De recta curandarum vulnerum ratione libri duo, 1574 in-8
iduit en plusieurs langues.
-2. Arceus, Recopilacao da Cirurgia divididas en cinco tratados , etc. Lisboa,
5. Gale, An excellent (il n’est pas modeste) treatise ofwounds made with guns hot; inwicli onfuted both the grosse error of Jerome of Brunswick, John Vigo, Alphonse Ferri and er». in that the make the wound venenouse with cometh through the common powder L shot ; and also there is set out, a perfect and true method of curing those wounds îdon, 1563, in-8.
i. Certain works in chirurgerie newly, compcled. and published : Liber III of wound s le with y an shot , etc. London, 1563, in-8.
Nous citerons de son livre le curieux passage qu’il consacre à dépeindre l’état déploe < e a chirurgie militaire de cette époque : «Je me rappelle, dit-il, qu’à mon arrivée arm ce près de Montreuil, sous Henry VIII, je trouvai là grand nombre de drôles qui lent impudence de faire les chirurgiens. La plupart étaient des chàtreurs de truies, îtres de chevaux, et plusieurs des chaudronniers de campagne et des savetiers. Cette le secte était connue sous le nom de sangsues des chiens. Avec ces sortes de guéris- ?s, c traitement n était jamais long : deux pansements suffisaient communément; blessés esquivaient le troisième en partant pour l’autre monde. Le duc de Merfolk,
Hat pris le commandement de cette armée, ne tarda pas à être instruit de ce désastre our reconnaître la cause qui rendait mortelle les plaies les plus légères, il appela ques chirurgiens habiles et je fus du nombre. Nous fîmes notre rondo dans le camp ientôt nous rencontrâmes plusieurs de ces bons compagnons, qui usurpaient ainsi le et les gages de chirurgien. Nous leur demandâmes de rechef s’ils étaient chirurgiens épondirent que oui. Nous leur demandâmes de rechef sous quels maîtres ils s'étaient ■ uits ; ces eflrontés a face impudente nous répondirent : l’un sous un tel devin, l’un > un autre qui tous étaient morts. Nous nous informâmes encore avec quelle drogue ils mient; ils nous montrèrent un pot ou une boite qu'ils avaient dans leur boujelte, pleine
d’une vilenie propre à graisser les pieds des chevaux. D’autres, et ceux-ci étaient savetiers ou cordonniers, faisaient avec la poix de cordonnier et de la rouille de vieux chaudrons un onguent qu’ils appelaient merveilleux. Les garnements une fois démasqués, le général les fit livrer à la prévôté pour être pendus, en récompense de leurs dignes services, à moins qu’ils n’avouassent franchement qui ils étaient, quelle était leur profession, ce qu’ils firent à la fin comme on l'a vu ci-dessus ». Dkzeimeris (o. c., article (laie). Eh quoi, fallait-il s’en étonner et se montrer si difficile ; les vrais chirurgiens touchaient la même solde que les tambours et les trompettes, aussi , quand Gale voulut, en un an, recruter 72 chirurgiens anglais de nation, pour le service d’Henri VIII, il ne put les réunir dans toute la ville de Londres. Thomas, o. c.