‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 367 sur 460 · Lidf.i.i., o. c., p · texte numérisé non relu

Lidf.i.i., o. c., p

taillé en forme île hache. La perforation longitudinale du vaisseau avait plus de 2 centimètres d’étendue

La perforation des artères par les petits projectiles est généralement totale en ce sens que les deux parois opposées du vaisseau sont traversées, quelquefois cependant une seule paroi a été entamée et le projectile on des portions de vêtements poussés devant lui obturent plus ou moins hermétiquement l’orifice fait à la paroi vasculaire. On trouve au Musée de Hunter une aorte dont une seule paroi avait été traversée par une balle qui s’était arrêtée en face de l’ouverture qu’elle avait produite. Plusieurs auteurs ont fourni des exemples analogues. L’ablation du corps étranger ou son dégagement par la suppuration détermine alors la production d’une hémorrhagie immédiate des plus graves. Lidell en rapporte deux observations dues à ses collègues américains Gouley et Peters.

Dans le cas de Gouley, la balle obturait la carotide primitive, au-dessous de : l’omoplato-hyoïdien. Le blessé ayant succombé à des hémorrhagies successives, on trouva à l’autopsie que le bout cardiaque de la carotide primitive était obturé par le projectile. Un anévrysme faux de la dimension et de la forme d'une ; aveline s’était formé au niveau du bout périphérique et c’était par lui que l’hémorrhagie s’était reproduite.

Le cas de Peters est relatif à. une lésion île la vertébrale au point où elle passe à travers l’apophyse transverse de l’atlas. L’hémorrhagie avait été arrêtée par la compression exercée sur la lumière du vaisseau par le projectile

On a même cité des cas dans lesquels le projectile serait tombé dans l’intérieur du vaisseau et aurait joué le rôle d’embole (Moore). Parfois le corps étranger qui obture l’artère perforée ou échancrée n’est pas une balle, mais une simple esquille ou un fragment de vêtement. Lidell en a cité un bel exemple.

Unsoldat américain est blessé par une balle conique qui entrajuste au-dessous des cartilages des fausses côtes droites, traversa le thorax et l’aisselle et ressortit au sommet de l’épaule sans léser l’humérus. On le transporta à l'ambulance en Xdcine syncope. Il était incapable de parler, presque sans pouls et ses extrémités étaient froides. Il avait perdu, disait-on, un seau de sang. L’hémorrhagie se reproduisit le quatrième jour; le blessé perdit alors environ 15 onces de sang (525 grammes). Le cinquième jour, l’hémorrhagie reparut encore; il perdit alors 20 onces de sang (700 grammes). Le sixième jour, malgré l’état de prostration du blessé, on crut devoir lier l’axillaire; on posa une seule ligature, mais le malade ne survécut à l’opération que quelques minutes. Pendant l’opération, on avait retiré plusieurs fragments de vêtement ainsi que deux morceaux contus de l’artère axillaire. Quand on retira le fragment du vêtement, il se produisit une hémorrhagie abondante qui fut arrêtée par la compression de la sous-clavière au moyen d’une clef. A Yautopsie, on constata qu’un large fragment semi-circulaire, comprenant environ la moitié du calibre de l’artère, avait été nettement découpé dans la paroi. L’auteur pense que les fragments du vêtement et les parties attriles du vaisseau extraits pendant l’opération avaient été poussés dans l’artère, et que leur déplacement accidentel ou dû à la suppuration avait été lu cause de l’hémorrhagie secondaire.

Cette hypothèse s’accorde mal avec l’abondance de l'hémorrhagie primitive.

1. Ed. Dki.ormk. Relation de l'explosion du Mont-Valèrien, o. e., p. 253.

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