‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 373 sur 460 · Figures tirées du Manuel du Brancardier cité · texte numérisé non relu

Figures tirées du Manuel du Brancardier cité

LESIONS DES ARTERES.

mûmes de façon à présenter une certaine résistance et un faible volume, un corps dur et mousse, un caillou, un morceau de bois, une pièce de monnaie enveloppée de linge, maintenus sur le trajet de l’artère à quelque distance au-dessus de la blessure et serrés par quelques tours de bande, un mouchoir, une cravate, une courroie, peuvent suffire pour arrêter le sang dans une artère divisée. (Voyez fig. 63.)

Cravate de May or. — Un moyen mécanique de compression indirecte des plus simples et des plus expéditifs est la cravate de Mayor. Au milieu de la cravate du blessé ou d’un mouchoir, on fait un ou deux nœuds bien serrés, on applique ces nœuds comme une pelote sur le trajet de l’artère; on fait avec la cravate le tour du L membre blessé et, si c’est possible, on ramène sur le nœud ses deux extrémités. Nous faisons beaucoup de cas de la cravate de Mayor parce qu’une pièce d’habillement que l’homme porte toujours sur lui sert à la constituer et qu’elle représente un moyen très efficace de compression, surtout quand on rend le nœud plus résistant encore par l’adjonction d’un caillou. Mais pour faire placer une cravate de Mayor, il faut deux hommes, à moins que le blessé ne puisse lui-même, ce qui est rare, exercer une compression digitale sur l’artère pendant qu’on défait sa cravate et qu’on fait le nœud, tandis

qu’un seul homme pourrait exercer cette compression, chercher sur le blessé un compresseur à pelote et l’appliquer. Ces détails n’ont rien de puéril. La fréquence et la gravité des hémorrhagies forcent le chirurgien militaire à se préoccuper constamment des moindres difficultés qu’on éprouve sur le champ de bataille à les arrêter.

Esmarch a proposé d’utiliser les liens élastiques (tube ou bande de caoutchouc), pour assurer l’hémostase temporaire. Les figures 66 et 67 représentent des modèles de fixation des tubes compresseurs plus simples que celui qu’avait primitivement proposé Esmarch. Les figures 68 et 69 montrent leur mode d’application. Esmarch a encore conseillé de recourir, en cas de nécessité, à la bretelle du soldat. Le professeur de Kiel avait même présenté au Congrès de Londres de 1881 une bretelle spéciale dont la partie principale devait remplacer la bande de caoutchouc et la partie accessoire qui s’attache au bouton servait de compresseur. Notre collègue Senîjt' a repris récemment la même idée et il a proposé de munir chaque soldat d’une bretelle spéciale en fort tissu de coton, non élastique, mais très extensible,qui,grâceàune modification légère, peut servir de bande hémostatique, non seulement pour l’arrêt provisoire des hémorrhagies sur le champ de bataille, mais pour assurer l’hémostase pendant les opérations.

1. Senut. D'un nouveau modèle de bretelles de pantalon du soldat comme appareil hémostatique et comme lien contentif' des fractures. ( Bretelle hémostatique) . Archives de médecine militaire , 1885, t. VI, p. 388.

Cravate de Mayor appliquée sur le trajet de la f aciale.

Cravate de Mayor appliquée sur le trajet de la temporale.

500 COMPLIC. IMMÉDIATES DES PLAIES DES P ARTIjES MOLLES.

On a reproche aux compresseurs mécaniques que nous venons de passer en revue de ne pas borner leur action au point directement comprimé, de l’ctcndre à toute la circonférence du membre et d’en provoquer l’engorgement par l’obstacle apporté à la circulation veineuse, de produire des douleurs vives, de favoriser l’hémorrhagie lorsqu’une veine importante est atteinte en même temps que l’artère. La compression directe dans la plaie qu’on associe à la compression indirecte lorsque l’hémorrhagie persiste, ou bien encore l’élévation du membre pendant quelques instants (lorsque le projectile n’a intéressé que les parties molles), préviennent le dernier

Fig. 67.

Fig. 68.

Fig. 69.

Fig. 66. Anneau ouvert en laiton pour fixer les extrémités du tube constricteur de caoutchouc. — Fig. 67. Anneau de l’appareil de Foulis pour arrêter les extrémités du tube de caoutchouc. — Fig. 68 et 69. Application sur la fémorale et l’axillaire d’un tube compresseur à anneau de laiton.

accident; l’engorgement ne peut être que temporaire comme l'emploi du moyen; la douleur n’est rien en comparaison de la gravité de l’hémorrhagie. On ne doit pas trop s’arrêter à ces critiques qu’on renouvelle sans cesse. Il faut sur le champ de bataille des appareils simples et en grand nombre pour arrêter les hémorrhagies. Ces modèles de compresseurs remplissent le but. On évite, d’ailleurs, le plus grave de leurs inconvénients lorsqu’on se pénètre de ce principe que les blessés qui ont subi des hémorrhagies graves arrêtées par les compresseurs mécaniques, doivent, en première ligne, attirer l’attention du chirurgien d'ambulance.

Compresseur à. baguettes de Wôlc/cers. — Il se compose lorsqu’on veut comprimer l’artère du bras, de deux baguettes de bois, lisses, arrondies de la grosseur du pouce et de deux travers de main de long. Ces deux morceaux de bois sont d’abord reliés à l’une de leurs extrémités par un bout de

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