Journal général, de Médecine, t. XXXV, p
rait en cll'et n’avoir pas eu d’argent sur lui au moment de l’accident, n’avoir pas même de poche, ce que Hennen constata par lui-même. Longmore a figuré ces corps étrangers b
Parfois enfin les corps étrangers sont constitués par des fragments esquilleux provenant du squelette de blessés voisins.
Nous avons parlé déjà du fait remarquable signalé par notre collègue, le médecin-major Poignon, de l’extraction d’une longue esquille extraite de la fesse d’un blessé, et provenant du fémur d’un blessé voisin.
Caunac parle d’un cas dans lequel on eut à extraire un fragment de tibia provenant également d’un blessé voisin.
Longmore rapporte, d’après Porter, qu’un officier anglais, blessé en Crimée, présentait une longue plaie déchirée de la face antérieure de la cuisse qu’on croyait faite par un écouvillon. Au bout de quelques jours, on ouvrit un abcès à la partie postérieure de la cuisse et il en sortit une longue esquille provenant d’un blessé voisin 1 2.
Le même auteur signale d’autres faits non moins curieux. Il parle d’un fragment de la mâchoire supérieure d’un artilleur détaché par une balle et projeté contre la mâchoire d’un de ses camarades de batterie; de deux dents d’un blessé logées dans l’œil de son voisin; d’une portion du crâne d’un soldat projetée entre les paupières d’un autre soldat.
Hennen raconte qu’après une amputation du bras pratiquée chez un officier pour une gangrène du membre consécutive à un coup de feu, on trouva l’olécrâne et une portion du corps du cubitus d’un autre blessé en face de l’épaule 3.
De V utilité de la recherche et de l'extraction immédiate des corps étrangers qui compliquent les plaies d’armes à feu. — Tandis que l’immense majorité des chirurgiens militaires préconise la recherche et l’extraction immédiate des corps étrangers, d’autres non moins autorisés les rejettent. La tendance actuelle est à l’abstention.
Pour ceux qui condamnent la pratique de l’ablation immédiate4, il n'y a qu’un faible intérêt à extraire les projectiles logés dans la profondeur des tissus. Souvent ceux-ci restent inertes, ou bien ils se présentent pour ainsi dire d’eux-mêmes après un temps plus ou moins long et sont retirés avec facilité. Par contre, les tentatives faites pour extraire les balles ou les autres corps étrangers occasionnent inutilement, disent-ils, des douleurs et provoquent parfois des accidents dangereux.
Pour les partisans de l'extraction immédiate, au contraire, les corps étrangers déterminent toujours des accidents immédiats ou secondaires, des douleurs, des inflammations phlegmoneuses plus ou moins graves, des suppurations prolongées, des alternatives d'occlusion de la plaie et de rupture de la cicatrice. Sans doute, avancent-ils, l’élimination se fera presque toujours parce que les tissus ne supportent pas sans contrainte et sans lutte la présence de corps venus du dehors, mais c’est précisément à cause de cette nécessité d’expulsion, des accidents dont elle est précédée, accompagnée ou suivie, de la 1 enteur qu’elle met à s’accomplir, qu'il faut avoir recours, de bonne heure, à l’extraction pour prévenir des désordres assurés. Les corps étrangers séjournent parfois sans inconvénients notables