‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 403 sur 460 · IIunter, Jobert, Blandin, Roux, Stomeyer, etc., etc · texte numérisé non relu

IIunter, Jobert, Blandin, Roux, Stomeyer, etc., etc

DES CORPS ETRANGERS

dans certaines parties, mais ces cas sont rares comparativement aux autres. G’est donc marcher vers l’inconnu que de ne pas les enlever, c’est exposer le blessé à des maladies ou à des infirmités dont la durée, l’intensité, les conséquences peuvent être sérieuses et dont l’appréciation anticipée est impossible.. .Il va, sans contredit, moins d’inconvénients à laisser en place des corps arrondis non déformés, inaltérables, qu’à négliger l’ablation de corps anguleux, tranchants, hérissés de pointes, mais il y en a toujours. D’ailleurs on ne sait jamais à quel corps on a affaire, ni quelle est sa forme avant de l’avoir vu ou touché. Et quand on le voit ou qu’on le touche,

: n'est-il pas plus simple de l’extraire? Ce raisonnement seul devrait suffire pour déterminer le chirurgien à l’exploration des plaies et à l’extraction immédiate des corps étrangers1.

Et les partisans de l’extraction immédiate conseillent de ne s’arrêter qu’après avoir fait des tentatives moralement suffisantes, qu’après s être vu dans la nécessité, pour arriver sur le corps étranger, de tourmenter les parties avec une insistance exagérée, et de produire des lésions additionnelles plus graves que ne pourrait l'être le corps étrangerle plus agressif2; de ne s’abstenir qu’autant que des cavités importantes voisines des grandes .articulations ou de gros vaisseaux peuvent être ouverts par les manœuvres instrumentales ou qu’il est nécessaire de pratiquer des délabrements trop étendus.

Ce n’est que pour l’extraction immédiate, notons-le bien, que l’accord n’est pas fait, car les partisans même de l’extraction reconnaissent que dès qu’on a laissé passer les premiers moments, il est préférable d’attendre, ipour intervenir, l’apparition des accidents suppuratifs que le corps étranger ne provoque que trop souvent.

Si d’un côté les uns nous semblent avoir exagéré l’innocuité du séjour les projectiles logés dans les tissus, les autres nous paraissent aussi avoir exagéré les dangers qui résultent de leur séjour et méconnu les difficultés les tentatives de recherche et d’extraction. Comme l’a dit si sagement ILegouest3, il y a autant d’imprudence à vouloir retirer toujours et à tout prix les corps étrangers qu’à les abandonner de propos délibéré sans tenter rie les extraire. Nous serions, comme cet auteur, aussi éloigné d’une abstention systématique que d’une extraction impôsée dans tous les cas.

Pour préciser ceux dans lesquels l’intervention immédiate est utile, il semble d’abord nécessaire d’établir une distinction entre les plaies par clats d’obus compliquées de la présence du corps vulnérant et les blessures par balles.

Dans le premier cas, presque tous les chirurgiens d’armée sont d’avis l’intervenir, et d’intervenir le plus vite possible.

Les plaies en cul-de-sac qui renferment des éclats d’obus sont en effet ,rès contuses et ont une grande tendance à se compliquer d’accidents suppuratifs, parfois de phlegmons gangreneux dont il n’est pas toujours ’acile d’arrêter la marche rapidement envahissante; or, comme d’un autre 'ôté il est toujours nécessaire d’enlever ces éclats dont le volume et l’irré-

1. Hütin, Sur lu nécessité d'extraire les corps étrangers in Mëm. Acad. Med., 1851, i. 429.

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