Mac pin in Chenu, Guerre d'Italie, t. II, p
Uuti.n attribuait les qualités tout particulièrement irritantes des corps étrangers vestimentaires h l’action sur les tissus des mille pointes irrégulières dont leur surface est hérissée. Cette explication pourrait tout au plus être acceptée pour les tissus de laine; mais pour les autres, l'explication de cette intolérance est encore à trouver. Dans certains cas, on pourrait la rattacher l’cmmagasinement des liquides purulents qui les imbibent et s’y altèrent. Peut-être pourrait-on également expliquer de la même façon le défaut de tolérance de corps poreux comme le bois.
Le volume des corps étrangers a également une grande influence sur la façon dont ils sont supportés. En général, les corps qui peuvent rester impunément dans les tissus sont de petit volume. Il n’est pas sans exemple cependant que des projectiles même très volumineux aient pu longtemps séjourner dans les chairs sans provoquer d’accidents graves. Nous en rappellerons quelques cas à propos des blessures des régions.
Après la nature et le volume du corps vulnérant, la condition qui contribue le plus à faire supporter les corps étrangers, c’est la régularité de leur surface. Les corps anguleux, à arêtes vives comme les éclats d’obus ou les fragments de boîte à mitraille, sont bien moins tolérés qu’une balle à surface unie et régulière, et celle-ci est elle-même bien mieux supportée qu’une balle déformée, aplatie, fragmentée.
La position des corps vulnérants a également une grande importance au point de vue des accidents qu’ils peuvent déterminer. C’est un fait bien connu que la pression exercée sur un nerf par un corps étranger éveille des troubles instantanés, des douleurs plus ou moins vives et qu’elle peut à une époque peu éloignée du traumatisme déterminer le tétanos; que la compression exercée sur un vaisseau peut amener son ulcération, etc. Le corps étranger siège-t-il dans une région animée de mouvements peu étendus, il est facilement supporté. Répond-il, au contraire, à une région pourvue de masses musculaires sans cesse en mouvement, ou bien il détermine le plus souvent des accidents inflammatoires aigus, ou il chemine dans les tissus en vertu d’un processus ulcératif. Des blessés qui portaient des corps étrangers bien tolérés pendant leur séjour au lit ont vu des accidents survenir dès qu’ils ont imprimé des mouvements un peu étendus à la partie atteinte. L’exemple suivant, cité par Loxgmore, est, à ce point de vue, intéressant :
11 s’agissait d’an officier frappé à Yittoria, en 1813, par une balle qui s’était logée profondément dans les muscles spinaux. Ce blessé conservait encore sa balle cinquante-six ans après l’accident. Depuis 1813, il avait vu à treize reprises différentes se former dans la région dorsale des abcès qui, chaque fois, reconnaissaient pour cause un exercice anormal. En 1869, à la suite d’exercices prolongés à cheval, il eut un nouvel abcès, mais cette fois le corps étranger se rapprocha de la peau et fut enlevé.
Disons enfin pour terminer que les régions qui renferment des corps étrangers tolérés constituent des points de moindre résistance et que les moindres chocs qui, portés sur d’autres régions, n’eussent déterminé aucun accident, provoquent le plus souvent, lorsqu’ils les atteignent, des complications plus ou moins graves.
Un blessé observé par D. LÀkrey portail depuis trente-six ans dans l’articulation
DES CORPS ETRANGERS
le l’épaule une balle bien tolérée. A la suite d’une chute dans laquelle l’épaule itteinte porta sur le sol, il se développa une arthrite purulente. La désarticulation fut résolue et à l’examen du membre, on trouve la balle logée dans une cavité .reusée aux dépens de la tète humérale. Malgré le long séjour du projectile, il n’y ivait pas trace d’ostéite et il n’était pas douteux que sans cette chute, le blessé eût )u conserver son membre blessé pendant toute sa vie.
Les projectiles supportés par les tissus s’enkystent le plus souvent. ) 'autres fois, après être restés plus ou moins longtemps dans une région, ils cheminent sous l'inlluence de la pesanteur et des mouvements des nuscles et apparaissent dans des points très éloignés. On en a vu descendre ainsi de la partie supérieure du bras, de la cuisse ou de la jambe usqu’à l’extrémité inférieure du membre.
En ouvrant un abcès à la partie inférieure de la cuisse à un homme qui avait eçu quelques années auparavant un coup de feu au niveau du grand trochanter, Ubnaud retira une balle et plusieurs morceaux du grand trochanter1.
Quand le projectile est enkysté, la paroi du kyste est directement appli- [uée sur sa surface. Dans quelques cas, sous l’influence de chocs ou de impies pressions, la paroi interne séreuse ou muqueuse du kyste s’enlamme et secrète un liquide séreux ou séro-purulent en quantité suffiante pour distendre la poche. Une secousse directe imprimée au kyste est ommuniquée alors à la balle devenue libre, et son déplacement est aisénent perçu par la main appliquée sur les parties.
Poncet (de Cluny) a observé, à Strasbourg, un exemple de cette modiication du kyste.
IL y a quelques anhées, nous avons pu en voir un autre cas dans le service } u professeur Verneuil. Un homme, blessé en 1870 par une balle prussienne, ortait à la face postérieure de la cuisse, vers sa partie moyenne, une tumeur de i grosseur du poing et toute superficielle. Une brusque secousse imprimée à la oche, un mouvement communiqué au membre soulevait la balle, dont la chute [ tait perçue par la main. Une incision pratiquée sur la tumeur en fît sortir le con- | onu séreux et la balle.
Diagnostic. Exploration digitale et instrumentale, débridement exploiteur. — Quand une plaie par arme à feu ne présente qu’une seule ouverure, on a tout lieu de croire qu’elle recèle le corps vulnérant.
On a avancé qu’une balle pouvait pendant la marche, ou par le fait Mes mouvements communiqués au blessé pendant son transport, sortir Ü’elle-mômc d’une plaie à une seule ouverture. Hormis le cas où la balle L’aurait fait que pénétrer le membre presque à la fin de sa course et ne ’y serait engagée que très superficiellement, la chose semble impossible, [ ar l’orifice d’entrée d’une balle a presque toujours des dimensions diamétrales plus petites que celles du projectile, et, d’un autre côté, l’ouverure linéaire que ce dernier a faite à l’aponévrose d’enveloppe, s’oppose I ncore à son issue.
11 est moins exceptionnel qu’une balle ait été retirée d’une plaie en cule-sac avec les vêtements qu'elle avait entraînés avec elle dans la profon- I eur des parties.