‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 412 sur 460 · Mémoires et Campagnes, t. III, p · texte numérisé non relu

Mémoires et Campagnes, t. III, p

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assez souvent suivies de gangrène. La gangrène consécutive aux lésions des grosses veines ne s’observe, par contre, que très exceptionnellement, en raison de la richesse des voies anastomotiques qui le plus souvent suppléent le gros vaisseau blessé. Cependant, on a plusieurs fois vu survenir la gangrène après des blessures de la veine fémorale au pli de l’aine.

On a avancé que la gangrène était moins rarement observée à la suite des blessures des artères par coups de feu qu’après les blessures par armes piquantes ou tranchantes. Le fait est exact. Les plaies des grosses artères par armes piquantes donnent le plus souvent lieu à des anévrismes et les plaies par armes tranchantes à des hémorragies immédiates rapidement mortelles, tandis que les plaies contuses des artères et surtout les contusions artérielles qui n’ont pas la gravité immédiate des plaies par armes blanches et qui sont suivies de l’oblitération rapide du vaisseau lésé présentent les conditions les plus favorables pour le développement de cette complication.

Il faudrait se garder de comparer, au point de vue de la fréquence de la gangrène, les oblitérations des artères par les ligatures et les oblitérations accidentelles consécutives aux plaies. Si la gangrène n’est pas relativement fréquente à la suite des ligatures des gros troncs artériels, il faut en rechercher la raison dans ce fait qu’elles sont le plus souvent pratiquées par des anévrismes, c’est-à-dire sur des membres dont la circulation collatérale supplémentaire est depuis longtemps développée.

Les blessures des diverses parties d’une même artère ne sont pas également graves au point de vue du développement de la gangrène. Les rapports de la plaie avec les troncs collatéraux qui ramènent le sang dans le segment inférieur du membre jouent ici un rôle important. C’est ainsi, pour ne prendre que ces exemples, que la lésion de la fémorale au niveau de l’origine de la fémorale profonde et celle de la poplitée dans le creux du jarret où cette artère fournit toutes ses collatérales importantes est plus souvent suivie du sphacèle du membre que les blessures de la partie moyenne de la fémorale. L’attrition concomitante plus ou moins étendue des tissus, l’infiltration sanguine, qui s’opposent au rétablissement de la circulation collatérale, favorisent le développement des gangrènes traumatiques par lésions vasculaires.

La gangrène traumatique qui suit les blessures des gros vaisseaux prend généralement la forme humide, elle se déclare quelques heures après l’accident, débute à l’extrémité terminale du membre et présente des tendances envahissantes très marquées. Aux phénomènes locaux s’ajoutent des phénomènes généraux graves.

Lorsque le cours du sang est interrompu dans l’artère ou dans la veine principale d’un membre, il convient de chercher d’abord à rétablir la circulation par la position, la chaleur (sachets de sable chaud, cruchons <l’eau chaude, briques chaudes placées sur les côtés du membre, enveloppement ouaté). Quand, malgré ces précautions, la gangrène survient, il faut intervenir vite, pratiquer l’amputation du membre et, quand on a le choix du lieu de l’amputation, porter le couteau au niveau de la lésion artérielle.

GAN GRÈNES TRAUMATIQUES.

Gangrène gazeuse foudroyante1. — Rarement observée dans les conditions ordinaires de la pratique, épidémique cependant encore dans quelques-uns des hôpitaux de nos grandes villes2, la gangrène gazeuse foudroyante a fait, jusqu'aux dernières guerres, d'assez nombreuses victimes dans les ambulances et les hôpitaux encombrés.

Elle fixa l’attention de Larrey pendant les guerres de l’Empire, mais l’illustre chirurgien ne la distingua pas assez des autres variétés de gangrène. Maisonneuve et Guassaignac furent les premiers à la décrire, mais c’est à îSalleron que revient l’honneur d’avoir rempli son cadre clinique d’une façon magistrale. Ceux qui. depuis Salleron, ont écrit sur ce sujet n’ont guère •jouté qu au chapitre pathogénie qu’il ne pouvait alors complètement éclaircirSalleron avait observé épidémiquemcnt la gangrène gazeuse sur les blessés de Grimée, dans les hôpitaux encombrés de Constantinople pendant que dans l’armée anglaise et dans l’armée russe, le Dr Lyons et Pirogoff estaient frappés de la fréquence et des caractères de cette affection jugée alors insolite. Depuis la campagne de Crimée, on la trouve signalée dans outes nos relations de campagne. En Italie, Aspol et Gaujot la regardent somme plus fréquente dans les ambulances que la gangrène traumatique simple *. Pendant la première partie de la guerre de 1870-71, elle est rarement signalée, si ce n'est dans quelques places fortes, mais il n’en fut plus le même pendant la Commune, au dire de Reeb5. Maurice Perrin6, Chau- ;el7, Fréry8 Xadaud9, Gillette, Terrillon10. D. Molière dit l’avoir renconrée alors dans nos ambulances à l’état épidémique, aussi fréquente et aussi errible qu’à l’Hôtel-Dieu de Lyon. Dans les guerres plus récentes, on l’a ■ignalée, par contre, plus rarement.

Les chiffres que nous ont laissés Salleron et Fréry peuvent seuls nous ournir quelque donnée exacte sur sa fréquence relative. Salleron l’observa tans les hôpitaux de Constantinople 65 fois sur 639 blessés opérés (1 sur 0 environ). Au siège de Belfort, Fréry vit 28 blessés sur 518, atteints de ette redoutable complication (1 sur 18 environ). Quatre fois seulement lie frappa des amputés.

Elle n atteint pas seulement les amputés11 mais comme l’a fait remarquer aileron, dans les conditions favorables à son développement, elle atteint

!• Synonymie . emphyseme gangréneux (Ch.vssaignac), pneumohémie putride (Maisonr suve) , emphysème du moignon (Salleron), œdème aigu purulent (Pirogoff) infection i dride aiguë (Maurice Perrin), septicémie gangreneuse aiguë (Morand), gangrène foudroyante traumatique (Juihn), septicémie aiguë à forme gangreneuse (Terrillon) g an art

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