‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 415 sur 460 · Mattiiew, o. c., p · texte numérisé non relu

Mattiiew, o. c., p

2. Dans la statistique de I'iiipaud, presque tous les cas de guérison sont dus à l’amputation hâtive du bras à son tiers supérieur.

et d’autres encore, nous considérons l'amputation comme seule capable de donner au blessé une chance de survie, à condition que, comme l’a dit Maisonneuve, la décision chirurgicale soit plus rapide que la gangrène ’.

11 n’y a pas une minute à perdre dès que l’opération est résolue et l'on doit toujours avoir présent à l’esprit le cas, cité par ce dernier chirurgien, d’un blessé chez lequel la gangrène remonta du milieu de la jambe jusqu’au milieu de la cuisse pendant les huit à dix minutes employées à l’anesthésie et h la préparation des instruments. Tdst-ce à dire qu’il faille toujours amputer? Aujourd’hui on ne compte plus de partisan déclaré de l’intervention radicale dans tous les cas. Nous pensons avec Chauvel1 2 qu’en règle générale l’amputation doit être pratiquée aussitôt qu apparaissent Us premiers signes de la gangrène gazeuse et que cette opération peut même être faite dans les tissus malades quand la gangrène ne s’accompagne pas de phénomènes généraux tellement graves qu’ils interdisent tout espoir de guérison. Un collapsus profond, un abaissement ou une élévation considérables de la température contre-indiquent en eflet l’amputation (Ollikr, Billrotii, etc.). On peut en dire autant de l’apparition de plaques gangreneuses ou d'infiltrations gazeuses dans diverses régions du corps éloignées du point primitif d’inoculation. Dans ce cas, l’infection générale est certaine et la manifestation locale contre laquelle l’opération est dirigée perd toute importance. La propagation de l’œdème et de l’emphysème à la racine du membre est encore considérée par certains chirurgiens comme une contre-indication. S’il s’agissaitdu membreinférieur, nousconseillerionsl’abstention, la désarticulation de la hanche étant si meurtrière alors même qu’elle est pratiquée dans les meilleures conditions. Par contre, si l’œdème avait envahi l’extrémité du membre supérieur, nous appuyant sur le succès de Maisonneuve, nous tenterions l’opération.

Autant que possible il faut amputer dans les tissus qui ne sont atteints ni par l’œdème ni par l’emphysème, mais les infiltrations gazeuses et emphysémateuses cheminent dans les interstices musculaires et les gaines vasculaires avec une rapidité que ne révèlent pas toujours les apparences extérieures. En pareil cas, quand après la section des tissus, on s’aperçoit que le couteau a porté sur du tissu cellulaire jaune, sur des muscles livides ou imprégnés de sérosité colorée, il faut, autant que possible, reporter l’instrument plus haut, aussi haut même qu’on le peut.

Quant au procédé opératoire à utiliser, il est parfois commandé par les circonstances, mais quel que soitle mode qu’on utilise, il faut s attacher à obtenir une plaie très nette, sans la moindre anfractuosité. A l’Hôtel-Dieu de Lyon où la gangrène gazeuse foudroyante est endémique, D. Mollière ampute en suivant la méthode de Gelse, c’est-à-dire en coupant au même point la peau, les muscles et les os.

Aucune tentative de réunion des parties ne doit être faite. C’était déjà la pratique de Larrey. Il faut laisser la plaie largement béante; agir autrement serait l’exposer à une nouvelle infection.

Des précautions antiseptiques minutieuses ont été prises pendant la

1. Trifaud, sur 162 cas, a relevé 1 3 succès : la proportion des succès, d’après cet auteur, a même augmenté dans ces derniers temps, ce qui tient à ce qu’on a mieux saisi les indications de fopération.

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